Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.
En bref
Pasteur presbytérien de Saint-Louis, Brookes est le premier grand relais américain des idées de John Nelson Darby. Président des Conférences prophétiques de Niagara, rédacteur du mensuel The Truth, il a fait du dispensationalisme une doctrine respectable dans les Églises établies. Il a formé Cyrus Ingerson Scofield.
Provenance et confession
Brookes naît en 1830 à Pulaski (Tennessee), fils d’un pasteur presbytérien mort quand l’enfant était très jeune ; il grandit dans la gêne et enseigne tôt pour payer ses études. Anglophone du Sud, presbytérien de naissance, il étudie à l’université de Miami (Oxford, Ohio) puis passe une année au séminaire de Princeton, foyer de la théologie réformée conservatrice. Il est ordonné pasteur presbytérien (vers 1854, à Dayton ; date à vérifier) et reste presbytérien toute sa vie, même après avoir adopté le prémillénarisme des Frères de Plymouth au contact de Darby. Ses appartenances connues sont ecclésiastiques et publiques : le presbytère de Saint-Louis et le comité des Conférences prophétiques de Niagara. Aucune appartenance à une loge n’est documentée.
Vie
Faits documentés. Né à Pulaski (Tennessee) le 27 février 1830, fils d’un pasteur presbytérien mort jeune, il étudie à l’université de Miami (Ohio) et au séminaire de Princeton. Pasteur à Dayton (Ohio), puis à Saint-Louis dès 1858 (Second Presbyterian, puis Walnut Street, devenue Washington and Compton Avenue Presbyterian), il y reste jusqu’à sa mort, le 18 avril 1897. Pendant la guerre de Sécession, il refuse de mêler la chaire à la politique. Darby séjourne plusieurs fois à Saint-Louis dans les années 1860-1870 et rencontre Brookes ; celui-ci adopte l’essentiel de son système sans quitter l’Église presbytérienne (le détail de leurs rencontres est à vérifier ; Carl E. Sanders, 2001, conteste l’ampleur de cette influence de Darby).
Influence sur la Bible et la doctrine
- Maranatha, or the Lord Cometh (1870) : exposé populaire du retour imminent du Christ, plusieurs fois réédité.
- The Truth, or Testimony for Christ (1875-1897) : son mensuel diffuse le dispensationalisme, l’enlèvement avant la tribulation et la défense de l’inerrance contre la critique allemande.
- Niagara. Président des conférences bibliques de Niagara (vers 1878 à sa mort), il rédige ou inspire le « credo de Niagara » de 1878, en quatorze articles, dont le dernier affirme le retour prémillénaire du Christ. Ces conférences forment la première génération de dirigeants dispensationalistes américains (A. J. Gordon, A. T. Pierson, W. J. Erdman, Arno C. Gaebelein).
- Scofield. Il prend sous sa direction le Scofield récemment converti (vers 1879-1880) et lui enseigne la méthode de lecture qui deviendra la Scofield Reference Bible.
Interprétation. Brookes a donné au système de Darby une respectabilité presbytérienne et populaire : sans lui, il serait peut-être resté une particularité des Frères de Plymouth. Il a aussi sincèrement défendu l’autorité de l’Écriture contre le libéralisme, ce qui explique que beaucoup de conservateurs aient reçu en même temps son eschatologie.
Financement et réseaux
- Documenté : son ministère reposait sur sa paroisse de Saint-Louis et sur les souscripteurs de The Truth ; les conférences de Niagara étaient financées par les participants et des donateurs évangéliques.
- Allégué : aucune allégation sérieuse connue.
- Non démontré : aucun lien avec des banquiers ou fondations n’est établi.
Signaux d’alerte
Aucun signal documenté. Formé, ordonné, pasteur de la même ville pendant près de quarante ans, financé par sa paroisse et ses abonnés, Brookes a publié ses idées sous son nom. Rien de suspect ; le seul point à suivre est son rôle de mentor auprès de Scofield, dont le passé pose des questions que Brookes connaissait peut-être (à vérifier dans Canfield).
Pourquoi cette note
Critères neutres. Texte : il n’a ni traduit ni modifié le texte, et a défendu son inspiration contre la critique libérale. Honnêteté et indépendance : aucune affaire, financement par sa paroisse et ses lecteurs. Transparence : ses livres et sa revue présentent le dispensationalisme comme une lecture argumentée. Réserve : il a parrainé et formé Scofield, dont les notes mêlent ensuite interprétation et texte. Le dispensationalisme lui-même n’entre pas dans la note. 3/5.
Voir aussi
- John Nelson Darby · Cyrus Ingerson Scofield · Dwight L. Moody · Arno C. Gaebelein
- Conférences prophétiques de Niagara · Dispensationalisme · Enlèvement prétribulationnel · Les Frères de Plymouth
Sources
- David R. Williams, James H. Brookes: A Memoir, 1897.
- Carl E. Sanders II, The Premillennial Faith of James Brookes: Reexamining the Roots of American Dispensationalism, Lanham (Maryland), University Press of America, 2001.
- Ernest R. Sandeen, The Roots of Fundamentalism, 1970.
- Joseph M. Canfield, The Incredible Scofield and His Book, 1988.