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Conférences prophétiques de Niagara

La « Conférence biblique de Niagara » (Niagara Bible Conference, d'abord Believers' Meeting for Bible Study) est une rencontre d'été annuelle de pasteurs et de laïcs évangéliques, presbytériens et baptistes surtout, tenue de 1875 à 1900.

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

La « Conférence biblique de Niagara » (Niagara Bible Conference, d’abord Believers’ Meeting for Bible Study) est une rencontre d’été annuelle de pasteurs et de laïcs évangéliques, presbytériens et baptistes surtout, tenue de 1875 à 1900. Elle a eu lieu à Niagara-on-the-Lake (Ontario, Canada) de 1883 à 1897, d’où son nom. Elle est le berceau institutionnel du prémillénarisme futuriste en Amérique et l’un des points de départ du fondamentalisme. Il ne faut pas la confondre avec les grandes Conférences prophétiques internationales (New York 1878, Chicago 1886, etc.), issues du même milieu.

Histoire

  • Origines (1875) : réunions d’étude biblique héritières des Believers’ Meetings de James Inglis à New York (vers 1868-1872), reprises après sa mort par un groupe mené par James H. Brookes, pasteur presbytérien de Saint-Louis, qui la préside jusqu’à sa mort (1897). Les premières sessions (1875-1882) se tiennent en divers lieux, dont Swampscott, Massachusetts (liste exacte à vérifier).
  • Le credo de 1878 : la conférence adopte un credo en quatorze articles, rédigé par Brookes. Les treize premiers articles sont des affirmations évangéliques classiques (inspiration verbale, Trinité, chute, expiation) ; le quatorzième affirme le retour prémillénaire du Christ. Ce texte sert plus tard de modèle aux déclarations fondamentalistes.
  • Niagara-on-the-Lake (1883-1897) : la rencontre trouve un lieu fixe à l’hôtel Queen’s Royal, au bord du lac Ontario.
  • Participants : Cyrus Ingerson Scofield (disciple de Brookes), William Eugene Blackstone, Adoniram Judson Gordon, William J. Erdman, Robert Cameron, Nathaniel West, Arthur T. Pierson, Arno C. Gaebelein, Hudson Taylor (à titre missionnaire). Dwight L. Moody n’en est pas un organisateur, mais tient de son côté les conférences de Northfield (à partir de 1880), du même esprit.
  • La rupture (années 1890) : un débat éclate sur le moment de l’enlèvement. Robert Cameron, Nathaniel West, W. J. Erdman et d’autres abandonnent l’Enlèvement prétribulationnel (au profit d’un enlèvement après la tribulation), tandis que Gaebelein, Scofield et la tendance dispensationaliste stricte le défendent. Après la mort de Brookes (1897), la conférence décline et s’arrête en 1900.
  • Héritage : les tenants de l’enlèvement avant la tribulation fondent les conférences de Sea Cliff (Long Island, 1901), où Scofield trouve les soutiens de sa Bible annotée, puis la Scofield Reference Bible (1909) fixe leur lecture.

Influence sur la Bible et la doctrine

Documenté : Niagara a transformé un ensemble de lectures (Darby, les Frères, le millénarisme anglais) en un réseau américain organisé, avec ses revues (The Truth, de Brookes), ses conférenciers, ses écoles bibliques. Le réseau a formé Scofield et nourri le Dispensationalisme, le fondamentalisme et plus tard le Dallas Theological Seminary.

Interprétation : les historiens (Sandeen, Marsden) voient dans ce réseau l’un des principaux canaux par lesquels le Futurisme prémillénariste est devenu dominant dans l’évangélisme nord-américain. Ses partisans y voient un retour à l’attente prémillénaire des premiers siècles ; ses critiques, l’implantation d’un système récent. Ces débats sont traités dans les fiches doctrinales.

Financement et réseaux

  • Documenté : rencontres financées par les participants et par des laïcs aisés du réseau ; pas de grand mécène identifié pour Niagara lui-même.
  • Allégué : rien de spécifique.
  • Non démontré : un financement extérieur particulier.
  • Réseau aval : Sea Cliff (John T. Pirie, Alwyn Ball Jr.), Moody Bible Institute, les frères Stewart (voir Financements - documenté et allégué).

Pourquoi cette note

Critères neutres (voir Méthode et barème, « Neutralité ») : transparence : credo public et signé (1878), désaccords débattus ouvertement, au point qu’une partie des participants a abandonné l’enlèvement avant la tribulation par l’étude du texte. Indépendance : rencontres payées par les participants, sans mécène identifié. Fidélité de ce qu’ils ont publié : Niagara n’a publié ni traduction ni édition du texte ; ce critère ne peut guère être jugé, et l’on manque de sources sur ses comptes. Rien de négatif n’est documenté, mais le dossier est mince : 3/5, note d’attente. Changement : la note de départ (2/5) reposait sur le jugement porté sur le dispensationalisme ; ce critère n’est plus retenu.

Voir aussi

Sources

  • Ernest R. Sandeen, The Roots of Fundamentalism, 1970, chap. 6.
  • Timothy P. Weber, Living in the Shadow of the Second Coming, 1979.
  • George M. Marsden, Fundamentalism and American Culture, 1980.
  • Larry Dean Pettegrew, « The Historical and Theological Contributions of the Niagara Bible Conference to American Fundamentalism », thèse de doctorat (Th.D.), Dallas Theological Seminary, 1976 ; extraits publiés dans Central Bible Quarterly 20, 1977 ; voir aussi « The Rapture Debate at the Niagara Bible Conference », Bibliotheca Sacra 157, 2000.
  • Credo de Niagara (1878), texte publié par James H. Brookes dans The Truth (à consulter).