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August Dillmann

Orientaliste allemand, August Dillmann est le fondateur des études éthiopiennes modernes.

En bref

Orientaliste allemand, August Dillmann est le fondateur des études éthiopiennes modernes. Il a publié la première édition critique du Livre d’Hénoch en guèze (1851), fondée sur plusieurs manuscrits, puis une traduction allemande commentée (1853). Sa grammaire (1857) et son dictionnaire du guèze (1865) restent des outils de base. Tout traducteur d’Hénoch depuis le guèze travaille dans le sillage de Dillmann.

Provenance et confession

Christian Friedrich August Dillmann naît le 25 avril 1823 à Illingen, dans le royaume de Wurtemberg, fils d’un maître d’école. Le milieu est modeste, luthérien et de langue allemande. Il étudie la théologie à Tübingen, où il devient l’élève et l’ami de l’orientaliste Heinrich Ewald ; il suit aussi les cours de Ferdinand Christian Baur sans adhérer à son école critique radicale. Il exerce brièvement comme pasteur à Sersheim, près de son village natal, puis quitte le ministère pour se consacrer à l’étude des langues orientales. Il reste luthérien toute sa vie, sans conversion ni rupture, et fait carrière dans les universités d’État (Tübingen, Kiel, Giessen, Berlin). Appartenances documentées : les académies des sciences de Prusse et de Göttingen, institutions savantes publiques. Aucune loge ni cercle n’est rapporté.

Vie

  • Né en 1823 à Illingen (Wurtemberg), fils d’instituteur. Études de théologie à Tübingen, où il est l’élève de l’orientaliste Heinrich Ewald.
  • Bref ministère pastoral, puis séjours à Paris, Londres et Oxford (1846-1848) pour étudier et cataloguer les manuscrits éthiopiens (catalogues du British Museum et de la Bodleian).
  • Professeur à Tübingen, Kiel (1854), Giessen (1864) et Berlin (1869), où il enseigne l’Ancien Testament.
  • Membre de l’Académie des sciences de Prusse. Meurt à Berlin en 1894.

Influence sur la Bible et la doctrine

Hénoch (faits).

  • Liber Henoch aethiopice, Leipzig, 1851 : texte guèze établi à partir de cinq manuscrits (selon les notices), ce qui améliore beaucoup le texte de Richard Laurence, fondé sur un seul.
  • Das Buch Henoch übersetzt und erklärt, Leipzig, 1853 : traduction allemande avec commentaire. Dillmann y propose une division du livre et une datation des parties qui structurent encore la recherche (Livre des Veilleurs, Paraboles, Livre astronomique, Songes, Épître).

La Bible éthiopienne (faits). Dillmann édite l’Octateuchus Aethiopicus (1853-1855), puis d’autres livres de l’Ancien Testament éthiopien et des apocryphes (Jubilés en guèze, 1859 ; Ascension d’Isaïe, 1877). Il fait connaître la richesse du canon éthiopien, plus large que le canon protestant ou catholique (voir Bible éthiopienne (guèze)).

Les outils (faits). Grammatik der äthiopischen Sprache (1857 ; 2e éd. par Carl Bezold, 1899) ; Lexicon linguae aethiopicae (1865) ; Chrestomathia aethiopica (1866).

Sur l’Ancien Testament (faits et interprétation). Dans ses commentaires sur la Genèse, l’Exode et le Lévitique, Isaïe et Job, Dillmann adopte une forme de la critique documentaire (sources du Pentateuque), en désaccord sur la chronologie avec Wellhausen. Les tenants de l’attribution mosaïque du Pentateuque contestent cette approche ; ses défenseurs y voient une analyse littéraire légitime. Cette position d’exégète n’affecte pas ses éditions de textes.

Postérité (faits). Pour Hénoch, Dillmann est le point fixe : texte guèze établi, vocabulaire défini, et une lecture qui prend le livre au sérieux comme témoin ancien. Les lexiques qu’utilisent encore les traducteurs viennent de lui.

Financement et réseaux

  • Documenté : universitaire d’État ; voyages de catalogage dans les bibliothèques de Paris, Londres et Oxford.
  • Allégué : rien de notable.
  • Non démontré : aucun commanditaire particulier.

Signaux d’alerte

Aucun signal documenté. Universitaire d’État, sans commanditaire connu, il fonde ses éditions sur des manuscrits catalogués par lui-même et publie ses choix. Rien ne justifie une enquête plus poussée.

Pourquoi cette note

★★★★☆ : apport solide et durable pour la transmission d’Hénoch et de la Bible éthiopienne ; ses éditions, sa grammaire et son dictionnaire servent encore, et sa méthode (plusieurs manuscrits, choix exposés) est transparente. Pas 5 : ses éditions, pionnières, ont été dépassées sur certains points par la découverte de manuscrits plus nombreux et plus anciens. Sa position sur la composition du Pentateuque est une opinion d’exégète, décrite plus haut, qui n’entre pas dans la note.

Voir aussi

Sources

  • August Dillmann, Liber Henoch aethiopice, Leipzig, 1851.
  • August Dillmann, Das Buch Henoch übersetzt und erklärt, Leipzig, 1853.
  • August Dillmann, Lexicon linguae aethiopicae, Leipzig, 1865.
  • George W. E. Nickelsburg, 1 Enoch 1, Hermeneia, 2001 (histoire de la recherche).
  • Allgemeine Deutsche Biographie, art. « Dillmann, August ».
  • Wikipédia (anglais), « August Dillmann » (naissance, père maître d’école, Ewald et Baur, ministère à Sersheim).