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Giovanni Diodati

Fils de réfugiés protestants de Lucques installés à Genève, Diodati a traduit toute la Bible en italien à partir de l'hébreu et du grec (1607, révisée en 1641).

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

Fils de réfugiés protestants de Lucques installés à Genève, Diodati a traduit toute la Bible en italien à partir de l’hébreu et du grec (1607, révisée en 1641). La Bible de Diodati est restée pendant trois siècles la Bible des protestants italiens, y compris des Vaudois du Piémont. Il a aussi publié une Bible française annotée (1644) et représenté Genève au synode de Dordrecht.

Provenance et confession

Giovanni Diodati naît à Genève le 3 juin 1576, dans une famille de marchands de Lucques, en Toscane, passée à la Réforme et exilée pour cette raison ; son père, Carlo, s’est établi à Genève et y a été reçu bourgeois. Il grandit entre l’italien de sa famille et le français de Genève, et apprend le latin, le grec et l’hébreu à l’Académie, auprès de Théodore de Bèze et d’Isaac Casaubon. Il est nommé professeur d’hébreu à 21 ans, puis pasteur (1608) et professeur de théologie. Réformé de naissance, il ne change pas de confession. Aucune appartenance à une société ou un cercle n’est documentée ; ses liens avec Paolo Sarpi et les milieux vénitiens hostiles au pape sont des relations de correspondance et de projet.

Vie

  • Né le 3 juin 1576 à Genève, dans une famille de marchands de Lucques exilée pour la foi réformée.
  • Élève de Théodore de Bèze et d’Isaac Casaubon. Docteur et professeur d’hébreu à l’Académie de Genève à 21 ans (1597), sur la recommandation de Bèze.
  • Pasteur (1608), professeur de théologie (1609) après Bèze.
  • Voyage à Venise (1605 et 1608) dans l’espoir, avec Paolo Sarpi, d’y faire progresser la Réforme pendant le conflit de Venise avec Paul V ; sans succès.
  • Délégué de Genève au synode de Dordrecht (1618-1619), qui condamne l’arminianisme et dont il partage les conclusions.
  • Correspondant de Hugo Grotius, de l’archevêque Ussher, ami de Milton (qui fréquenta la famille, son ami Charles Diodati étant le neveu de Giovanni). Il meurt à Genève le 3 octobre 1649.

Influence sur la Bible et la doctrine

Faits documentés.

  • 1607 : La Bibbia. Cioè, i libri del Vecchio e del Nuovo Testamento, Genève, traduite des originaux, sans nom d’imprimeur sur certains exemplaires ; l’imprimeur est Jean de Tournes (« Giovanni Tornesio » sur d’autres exemplaires, catalogue de la Folger Library).
  • 1641 : deuxième édition révisée (Genève, Pierre Chouet), avec des notes plus abondantes et une traduction des Psaumes en vers.
  • Il traduit aussi les apocryphes, placés à part.
  • 1644 : La Sainte Bible interprétée par Jean Diodati, en français, avec ses annotations ; ces notes, traduites en anglais (Pious Annotations, 1643-1648), ont circulé en Angleterre.
  • Le Nouveau Testament suit le texte grec de Bèze et d’Estienne (Textus Receptus) ; la Comma Johanneum y figure.
  • Les Sociétés bibliques ont diffusé la Diodati (révisée) aux XIXe et XXe siècles ; une Nouvelle Diodati (1991) existe.

Interprétation. Diodati est un traducteur savant et fidèle, dont la langue italienne, élégante et toscane, a été admirée. Ses notes sont doctrinales, dans la ligne de Dordrecht : c’est un défaut au regard du barème (notes qui guident l’interprétation), mais elles restent sobres en matière prophétique (eschatologie à vérifier dans ses notes sur Mt 24 et l’Apocalypse).

Financement et réseaux

  • Documenté : aucune source connue sur le financement précis de l’édition de 1607 ; Diodati était professeur salarié de l’Académie de Genève et issu d’une famille marchande aisée.
  • Allégué : on dit souvent qu’il imprima la Bible à ses frais ; à vérifier.
  • Non démontré : aucun financement princier ou bancaire.

Signaux d’alerte

Aucun signal documenté. Sa mission à Venise (1605-1608) a une dimension politique, liée au conflit de la République avec Paul V, mais elle visait la diffusion de la Réforme et a échoué ; le synode de Dordrecht, convoqué par les États généraux, l’a eu pour délégué de Genève, non pour agent. Rien de suspect.

Pourquoi cette note

Quatre étoiles : traduction des originaux, soignée et durable, pour un peuple privé de Bible par l’Inquisition. Réserves : des notes qui orientent la lecture selon une confession (celle de Dordrecht), et un rôle dans un synode qui a fait destituer des pasteurs.

Voir aussi

Sources

  • Eugène de Budé, Vie de Jean Diodati, théologien genevois, Lausanne, 1869.
  • Emanuele Fiume (dir.), Giovanni Diodati traduttore della Bibbia, Turin, Claudiana, 2009 (référence non retrouvée, à vérifier).