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Statenvertaling

La Statenvertaling (« traduction des États »), ou Statenbijbel, est la Bible officielle de l'Église réformée néerlandaise.

Fiche de recherche, sources indiquées. Évaluation proposée, pas encore confirmée. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

La Statenvertaling (« traduction des États »), ou Statenbijbel, est la Bible officielle de l’Église réformée néerlandaise. Décidée par le synode de Dordrecht (1618-1619) et commandée et payée par les États généraux des Provinces-Unies, elle parut en 1637. Elle a fixé la langue néerlandaise écrite et reste lue aujourd’hui dans les Églises réformées conservatrices des Pays-Bas, de Belgique et d’Afrique du Sud.

Histoire

Documenté :

  • Les Pays-Bas protestants lisaient des Bibles traduites de Luther ou d’autres langues. Le synode de Dordrecht, en novembre 1618, décide une nouvelle traduction directement des langues originales, et nomme des traducteurs et des réviseurs de chaque province.
  • Financement : les États généraux commandent officiellement la traduction en 1626 et la paient (salaires des traducteurs, travail à Leyde) ; l’ouvrage leur est dédié et ils accordent en 1637 le privilège d’impression. C’est un financement public documenté par les résolutions des États généraux.
  • Traducteurs de l’AT : Johannes Bogerman (président du synode), Willem Baudartius, Gerson Bucerus. Pour le NT : Jacobus Rolandus (mort en 1632), Antonius Walaeus, Festus Hommius. Les réviseurs venaient des diverses provinces (la liste complète et les remplacements sont à vérifier).
  • Travail à Leyde de 1626 à 1635 ; première impression en 1637 à Leyde, par Paulus Aertsz van Ravesteyn, pour la veuve et les héritiers de Hillebrant Jacobsz van Wouw, détenteurs du privilège (à vérifier). Le premier exemplaire est remis aux États généraux en septembre 1637.

Texte source et méthode

Traduction formelle, très proche de l’hébreu et du grec (Textus Receptus). Les mots ajoutés pour le sens sont entre crochets ou en caractères différents. Elle suit souvent l’ordre des mots de l’original.

Passages témoins

PassageTraitement
Mt 24:34« Dit geslacht zal geenszins voorbijgaan » : geslacht signifie à la fois « génération » et « race, lignée », comme l’allemand Geschlecht et le grec genea ; rendu littéral ; la kanttekening dit : « Namelijk des Joodse volks, of deze eeuw » (« à savoir, du peuple juif, ou de ce siècle »)
Ap 1:1« die haast geschieden moeten » (« qui doivent arriver bientôt »)
1 Jn 5:7-8présente
Mc 16:9-20présente
1 Tm 3:16« God is geopenbaard in het vlees » (« Dieu »)
Ap 22:19« boek des levens » (« livre de vie »)
Ac 8:37présent

Notes, livres et doctrine

Les kanttekeningen (notes marginales), très nombreuses, sont rédigées par les traducteurs : elles expliquent le texte et défendent la doctrine réformée de Dordrecht (prédestination). Elles furent traduites en anglais par Theodore Haak (The Dutch Annotations upon the whole Bible, 1657).

Les apocryphes sont imprimés à la fin, après le NT, précédés d’un avertissement les déclarant non inspirés et ne pouvant servir à établir la doctrine.

Ce qu’on lui reproche

  • Une Bible du parti vainqueur de Dordrecht (remontrants, c’est-à-dire arminiens) : le synode qui l’a décidée avait exclu et condamné les remontrants, et les kanttekeningen défendent la prédestination. Pourquoi : le synode voulait une Bible commune à toute l’Église réformée ; ses instructions demandaient des notes brèves sur le sens, mais les traducteurs étaient tous contre-remontrants. Les luthériens néerlandais gardèrent leur propre Bible, et les catholiques la leur (Moerentorf).
  • Une Bible d’État : commandée et payée par les États généraux, elle reçut un privilège qui en fit un monopole lucratif pour l’imprimeur. Le reproche vient d’historiens qui y voient un instrument de l’unité religieuse de la République. Réponse : le financement public garantissait un travail collégial long et contrôlé.
  • « HEERE » au lieu du nom divin : pour le tétragramme, les traducteurs écrivent HEERE (« Seigneur ») en capitales, et non Jehova. Ce reproche est surtout fait par ceux qui tiennent à la transcription du nom propre (aucun auteur précis retrouvé). Ce que disent les traducteurs : la kanttekening de Gn 2:4 explique le nom JEHOVAH (« celui qui est par lui-même ») et avertit le lecteur, une fois pour toutes, que partout où il lit HEERE en capitales, l’hébreu porte JEHOVAH ou JAH. Le choix est donc signalé au lecteur ; les raisons de ne pas transcrire le nom ne sont pas données dans cette note.
  • Une langue devenue difficile : syntaxe calquée sur l’hébreu, vocabulaire du XVIIe siècle. Suite : des révisions ont été faites (1888, puis la Herziene Statenvertaling de 2010) ; les milieux réformés conservateurs (Gereformeerde Bijbelstichting) lisent encore le texte non révisé et reprochent aux révisions de s’éloigner du texte de 1637.

Versets ajoutés ou retirés

Pourquoi cette note

Interprétation : traduction très fidèle et littérale, faite sur les originaux par une équipe savante, avec un contrôle collégial rigoureux. Réserves : commande d’État et d’Église, notes marginales qui présentent la doctrine de Dordrecht comme le sens du texte (critère de transparence, appliqué de la même façon qu’à la Bible de Genève anglaise ou à la Bible de Douai-Reims), restées toutefois distinctes du texte. Note 4.

Voir aussi

Bible de Luther · King James 1611 · Bible de Diodati · Giovanni Diodati · Textus Receptus · Texte massorétique · Bible de Genève anglaise

Sources

  • C. C. de Bruin, De Statenbijbel en zijn voorgangers, Sijthoff, Leyde, 1937 ; éd. revue par F. G. M. Broeyer, 1993.
  • Acta du synode national de Dordrecht, 1618-1619 (sessions sur la traduction de la Bible).
  • Theodore Haak (trad.), The Dutch Annotations upon the whole Bible, Londres, 1657.
  • Instructions du synode de Dordrecht aux traducteurs (sessions 6-7, novembre 1618), dans les Acta.
  • Herziene Statenvertaling, Stichting HSV, 2010 (préface sur les principes de révision).
  • Texte et kanttekeningen : statenvertaling.net (Gn 2:4, Mt 24:34, Ap 1:1).