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Kenneth Hagin

Kenneth E. Hagin (1917-2003), prédicateur texan des Assemblées de Dieu devenu enseignant itinérant, fonde en 1974 le Rhema Bible Training Center (aujourd'hui à Broken Arrow, Oklahoma) et devient le « père » reconnu du mouvement Parole de foi.

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

Kenneth E. Hagin (1917-2003), prédicateur texan des Assemblées de Dieu devenu enseignant itinérant, fonde en 1974 le Rhema Bible Training Center (aujourd’hui à Broken Arrow, Oklahoma) et devient le « père » reconnu du mouvement Parole de foi. Des chercheurs ont montré que des passages entiers de ses livres reproduisent ceux d’E. W. Kenyon sans le citer. À la fin de sa vie, il critique lui-même les excès financiers du mouvement (The Midas Touch).

Provenance et confession

Né le 20 août 1917 à McKinney (Texas), de parents modestes (Jess Hagin et Lillie Viola Drake Hagin), Hagin raconte être né prématuré, avec une malformation cardiaque, et avoir été élevé surtout par sa mère et ses grands-parents (récit autobiographique, à vérifier). De langue anglaise, il se convertit en avril 1933. Il raconte avoir été relevé de son lit de mort le 8 août 1934 en saisissant Marc 11:23-24 (I Believe in Visions, 1972). Il prêche d’abord comme pasteur d’une petite Église baptiste à Roland (Texas), puis devient ministre des Assemblées de Dieu en 1937 et dirige cinq Églises au Texas (Tom Bean, Farmersville, Talco, Greggton, Van). Il n’a pas de formation théologique formelle connue. Aucune appartenance à une loge ou à un cercle n’est documentée.

Vie

Marié en 1938 à Oretha Rooker (deux enfants, dont Kenneth Hagin Jr., qui lui succède), Hagin quitte le pastorat en 1949 pour un ministère itinérant ; il est proche du réveil de guérison de l’après-guerre (Voice of Healing, avec Oral Roberts, Gordon Lindsay, T. L. Osborn). Il fonde le Kenneth E. Hagin Evangelistic Association (Garland, Texas, 1963), installé à Tulsa en 1966, puis le Rhema Bible Training Center (1974), qui forme des dizaines de milliers de pasteurs et ouvre des écoles à l’étranger. Il publie un très grand nombre de brochures et anime le Campmeeting annuel de Rhema. Il meurt le 19 septembre 2003 à Tulsa.

Influence sur la Bible et la doctrine

Les faits.

  • Enseignements : la foi comme force mise en mouvement par la parole prononcée (« confession positive ») ; la guérison et la prospérité incluses dans la rédemption ; l’autorité du croyant ; la mort spirituelle de Jésus. Voir Parole de foi et Théologie de la prospérité.
  • Il présente une partie de ces enseignements comme reçus par révélation et visions (I Believe in Visions).
  • Il recommandait l’Amplified Bible ; il n’a ni traduit ni annoté de Bible.
  • The Midas Touch (2000 ; 1999 selon certaines notices) critique les formules de don, l’usage de la foi pour s’enrichir et certains excès du mouvement, tout en maintenant que Dieu veut bénir matériellement.

L’accusation de plagiat. Au début des années 1980, deux étudiants de l’Oral Roberts University, D. R. McConnell (mémoire de maîtrise, 1982) et Dale H. Simmons, relèvent dans les livres de Hagin des passages identiques à ceux de Kenyon (et, dans une moindre mesure, de John A. MacMillan et de Finis Jennings Dake). McConnell publie des tableaux comparatifs dans A Different Gospel (1988). Le sociologue Milmon F. Harrison (Righteous Riches, Oxford University Press, 2005) situe Hagin dans la lignée directe de Kenyon (ce qu’il dit exactement des reprises textuelles est à vérifier) ; le mémoire d’Alastair G. Butterworth (North-West University, Afrique du Sud, 2012) conclut que Hagin et Copeland ont repris presque mot pour mot l’usage que Kenyon faisait de la Bible. Des titres de Kenyon souvent cités : What Happened from the Cross to the Throne, Identification, The Two Kinds of Faith.

Ses réponses. Selon ses défenseurs, Hagin a reconnu avoir lu et apprécié Kenyon (source primaire à vérifier) et a dit que ses enseignements venaient de l’Écriture et de l’Esprit ; ses défenseurs attribuent les reprises à une mémoire imprégnée de lectures. Un témoignage attribué à la famille Kenyon, affirmant que Hagin n’a pas plagié, circule sur des sites favorables (lien kenyons.org cité par la notice Wikipédia ; non consulté : contenu et date à vérifier). Les éditions récentes de Rhema mentionnent-elles Kenyon : à vérifier.

Interprétation. Le fait documenté est la reprise textuelle ; le jugement sur l’intention (emprunt inconscient ou appropriation) reste discuté. Elle pèse d’autant plus que Hagin présentait une partie de son enseignement comme reçu par révélation directe.

Financement et réseaux

  • Documenté : ministère financé par les dons, les livres, les frais de scolarité de Rhema et les Campmeetings ; réseau d’anciens élèves (Rhema Ministerial Association International).
  • Allégué : aucune allégation de financement extérieur connue.
  • Non démontré : rien n’indique un financement caché.

Signaux d’alerte

  • 1. Passé caché ou mensonger (documenté, au sens d’une origine d’enseignement présentée de façon inexacte) : des passages entiers repris de Kenyon sans le nommer, alors qu’une partie de l’enseignement est présentée comme reçue par révélation. Documenté par les tableaux comparatifs de McConnell (1988) ; Butterworth (2012) va dans le même sens ; l’intention reste discutée.

Le signal 4 a été examiné : ses thèses nouvelles sont exposées dans des livres de doctrine, non dans le texte ou les notes d’une Bible. Conclusion : pas d’indice d’infiltration ; le point qui mérite une enquête plus poussée est l’ampleur exacte des reprises et la réponse de Rhema.

Pourquoi cette note

Deux étoiles. Honnêteté documentée et transparence : reprises non créditées d’un autre auteur, présentées comme le fruit d’une révélation. Indépendance : réelle. Fidélité au texte : certaines thèses (mort spirituelle de Jésus, prospérité comme droit du croyant) sont contestées par la plupart des théologiens, y compris pentecôtistes. On lui reconnaît l’école de formation qu’il a bâtie et le courage d’avoir critiqué, à la fin, les dérives financières de ses propres héritiers.

Voir aussi

Sources

  • Kenneth E. Hagin, I Believe in Visions, 1972 ; The Midas Touch: A Balanced Approach to Biblical Prosperity, Faith Library, 2000.
  • D. R. McConnell, A Different Gospel, Hendrickson, 1988.
  • Milmon F. Harrison, Righteous Riches: The Word of Faith Movement in Contemporary African American Religion, Oxford University Press, 2005.
  • Alastair Gavin Butterworth, E. W. Kenyon’s influence of the use of the Scriptures in the Word of Faith Movement through the teachings of Kenneth E. Hagin and Kenneth Copeland: a dogmatic study, mémoire de maîtrise, North-West University (Potchefstroom), 2012 (repository.nwu.ac.za).
  • Notices « Kenneth E. Hagin » et « E. W. Kenyon », Wikipédia anglaise (consultées le 2026-10-27).