Fiche de recherche, sources indiquées. Évaluation proposée, pas encore confirmée. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.
En bref
Première Bible complète en roumain, imprimée à Bucarest en 1688 sur ordre et aux frais du prince de Valachie Șerban Cantacuzène. Elle marque le passage du slavon au roumain comme langue de l’Écriture dans l’Église orthodoxe roumaine et fixe pour longtemps la langue littéraire.
Histoire
Documenté :
- Ancien Testament : traduit par le Moldave Nicolae Milescu (le « Spathaire »), probablement à Constantinople dans les années 1660, d’après l’édition grecque de la Septante imprimée à Francfort en 1597. Le manuscrit passe en Moldavie, où il est revu (le métropolite Dosithée est nommé par une étude roumaine), puis à Bucarest.
- Révision à Bucarest : une équipe de lettrés valaques et grecs, dont les frères Radu et Șerban Greceanu ; la préface nomme aussi Ghermano de Nysse (ancien directeur de l’école grecque de Constantinople et de Bucarest), Sevastos Kymenitis et le stolnic Constantin Cantacuzène.
- Nouveau Testament : repris pour l’essentiel du Nouveau Testament de Bălgrad (Alba Iulia, 1648), puis revu.
- Commande et financement : le prince Șerban Cantacuzène ordonne et paie l’impression. Il meurt en octobre 1688, avant la fin ; le travail est achevé sous son successeur Constantin Brâncoveanu, qui, selon plusieurs sources, avait supervisé le projet comme logothète (ce rôle porte une mention « citation nécessaire » dans Wikipédia : à vérifier).
- Les débats savants portent sur l’indépendance de la traduction : Virgil Cândea y voit une élaboration nouvelle ; Alexandru Andriescu la rattache aux traductions roumaines antérieures.
Financement : documenté (le prince régnant de Valachie). Allégué : rien. Non démontré : sans objet.
Texte source et méthode
Base grecque (Septante de Francfort), mais les traducteurs déclarent avoir comparé d’autres textes : la Vulgate, la Bible slavonne (Bible d’Ostrog (1581), selon des études roumaines, à vérifier), et, selon un article roumain, une Bible grecque de Venise et la Polyglotte de Londres (1653-1657). Une étude d’Alexandru Mihăilă relève dans Jérémie des additions venant de la Polyglotte d’Alcalá, et une influence protestante sur le canon par l’édition de Francfort (éditeurs huguenots). Méthode formelle, proche du grec.
Passages témoins
| Passage | Traitement |
|---|---|
| Mt 24:34 | à vérifier |
| Ap 1:1 | à vérifier |
| 1 Jn 5:7-8 | à vérifier (probablement présente, par le NT de 1648 et l’influence latine) |
| Mc 16:9-20 | présente (texte byzantin), à vérifier |
| 1 Tm 3:16 | à vérifier |
| Ap 22:19 | à vérifier |
| Ac 8:37 | à vérifier |
Notes, livres et doctrine
Préface du prince et dédicace ; pas de notes doctrinales connues. Les livres de la Septante en plus du canon hébreu sont inclus (voir Le canon orthodoxe).
Ce qu’on lui reproche
- Une base composite (philologues roumains modernes, Mihăilă) : la traduction mêle la Septante, la Vulgate et des éditions occidentales ; le canon et certains passages de Jérémie ne suivent pas la Septante pure. Pourquoi : faute d’une édition critique, les traducteurs comparaient toutes les éditions imprimées disponibles, ce qu’ils disent dans la préface. Réponse : c’était la pratique savante du temps, et la base reste grecque.
- Une langue difficile (Église roumaine au XVIIIe-XIXe siècle) : la Bible de 1688 a été révisée (Bible de Blaj, 1795, chez les gréco-catholiques ; Bible de Saint-Pétersbourg, 1819) parce que sa langue vieillissait. Pas de reproche doctrinal connu.
- Le poids du prince : interprétation, l’œuvre sert aussi le prestige de la dynastie Cantacuzène (portrait et armes du prince). Aucune source ne montre que cela ait changé le texte.
Versets ajoutés ou retirés
- Ancien Testament : livres « non canoniques » de la Septante présents (à vérifier livre par livre) ; additions de Jérémie venues de la Polyglotte d’Alcalá (Mihăilă).
- Passages du Nouveau Testament : non vérifiés.
Pourquoi cette note
Interprétation : une traduction complète, faite sur le grec par une équipe nommée, payée par un prince qui ne cachait pas son rôle, sans notes doctrinales. Les réserves : base composite, sources occidentales mêlées, passages témoins non vérifiés. Note 4.
Voir aussi
Septante · Bible slavonne · Bible d’Ostrog (1581) · Polyglotte d’Alcalá · Vulgate · Le canon orthodoxe · Bible élisabéthaine (1751)
Sources
- Biblia adecă Dumnezeiasca Scriptură…, București, 1688 (préface) ; édition fac-similé et étude, Bucarest, Editura Institutului Biblic, 1977 ; série Monumenta linguae Dacoromanorum (Iași, à partir de 1988).
- Virgil Cândea, Rațiunea dominantă, Cluj, 1979 (sur l’élaboration de la Bible de 1688).
- Alexandru Mihăilă, études sur les sources de la Bible de 1688 (Jérémie et la Polyglotte d’Alcalá), revues roumaines indexées sur diacronia.ro.
- Ionel Ostache, article sur les sources de la Bible de 1688, diacronia.ro, consulté le 2026-10-27.
- Radio Romania International, « The first Romanian translation of the Old Testament », consulté le 2026-10-27.
- Wikipédia (anglais), « Bucharest Bible » et « Bible translations into Romanian », consultés le 2026-10-27.