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Macaire Gloukharev

Archimandrite, fondateur de la mission orthodoxe de l'Altaï (Sibérie), Macaire Gloukharev traduit de l'hébreu en russe des livres de l'Ancien Testament et adresse au Synode et au tsar des demandes pressantes pour une Bible en russe, en pleine période d'interdiction (1826-1856).

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

Archimandrite, fondateur de la mission orthodoxe de l’Altaï (Sibérie), Macaire Gloukharev traduit de l’hébreu en russe des livres de l’Ancien Testament et adresse au Synode et au tsar des demandes pressantes pour une Bible en russe, en pleine période d’interdiction (1826-1856). Il est réprimandé et puni d’une pénitence (1841). Sa traduction paraît après sa mort, de 1860 à 1867, et nourrit la Bible synodale russe. L’Église russe l’a canonisé en 2000 (saint Macaire de l’Altaï).

Provenance et confession

Né le 30 octobre 1792 (date variable selon les sources : 8 ou 10 novembre) à Viazma, dans le gouvernement de Smolensk, fils du prêtre Iakov Gloukharev et d’Agafia. Formé à l’école ecclésiastique de Viazma, au séminaire de Smolensk (1803-1813), puis à l’académie de théologie de Saint-Pétersbourg (1814-1817), où il devient le fils spirituel de Philarète de Moscou. Inspecteur du séminaire d’Ekaterinoslav (1817), il y est tonsuré moine et ordonné prêtre en juin 1818 ; recteur du séminaire de Kostroma et archimandrite en 1821, où il découvre la spiritualité hésychaste ; il rencontre saint Séraphin de Sarov. Orthodoxe toute sa vie. Aucune appartenance à une société n’est documentée.

Vie

  • 1824-1829 : retiré à la laure des Grottes de Kiev, puis à Kitaïevo et, à partir de décembre 1825, à l’ermitage de Glinsk (région de Koursk), il traduit des Pères (Grégoire le Grand, Augustin, Jean Climaque).
  • 1829-1844 : missionnaire en Sibérie ; il fonde en 1830 la mission de l’Altaï (Biisk, Maïma, puis Oulala, l’actuelle Gorno-Altaïsk), crée des villages chrétiens, des écoles et un hôpital, étudie les langues altaïques et traduit en altaï une grande partie du Nouveau Testament.
  • 1834-1840 : il écrit à Philarète (23 mars 1834) pour une traduction de l’Ancien Testament sur l’hébreu et du Nouveau sur le grec, puis au Synode (mémoire « sur la nécessité de publier la Bible en russe », publié en 1862) et, selon plusieurs notices, au tsar Nicolas Ier (1839) ; il renouvelle sa demande en décembre 1840. L’accueil est défavorable.
  • 1837-1841 : il traduit de l’hébreu, notamment Job (1837) et Isaïe (1839), et envoie ses travaux à Saint-Pétersbourg ; il se sert aussi de la traduction de Gérasime Pavski (étude de l’université de Tomsk, qui note qu’une comparaison complète reste à faire). Le Synode le réprimande pour avoir préféré le texte massorétique à la Septante et le russe au slavon, et, par décision du 11 avril 1841, lui impose une pénitence (épitimie) de trois à six semaines à la résidence de l’évêque de Tomsk, faite de prières et de prosternations.
  • 1844 : il quitte l’Altaï pour le monastère de la Trinité-Optina de Bolkhov (gouvernement d’Orel) ; autorisé à partir en pèlerinage à Jérusalem, il meurt avant le départ, à Bolkhov, le 18 (30) mai 1847.

Influence sur la Bible et la doctrine

  • Texte : traduction de l’hébreu massorétique, en russe courant ; il soutient que le peuple ne comprend plus le slavon.
  • Postérité : ses traductions paraissent dans la revue Pravoslavnoe obozrenie de 1860 à 1867 et servent aux commissions de la Bible synodale ; son nom figure parmi les contributeurs reconnus.
  • Interprétation : missionnaire, il voyait concrètement qu’on ne peut annoncer l’Écriture dans une langue que personne ne comprend ; son plaidoyer pour le russe rejoint celui de Cyrille et Méthode pour le slave.

Financement et réseaux

  • Documenté : la mission est autorisée et entretenue par le Synode ; en 1839-1840, il fait une tournée de collecte dans les villes russes pour financer ses écoles.
  • Allégué : rien de connu.
  • Non démontré : rien à signaler.

Signaux d’alerte

Aucun signal documenté. Il a agi dans son Église, sous son autorité, en contestant ouvertement une politique qu’il jugeait nuisible, et en acceptant la sanction.

Pourquoi cette note

Fidèle au texte, désintéressé, transparent dans ses demandes, sanctionné pour avoir voulu rendre l’Écriture lisible. Réserve : une traduction partielle, publiée après sa mort et sans révision par lui. 4/5.

Voir aussi

Sources

  • Stephen K. Batalden, Russian Bible Wars, Cambridge University Press, 2013.
  • Alexandre Men, Bibliologitcheski slovar, t. 2, Moscou, 2002.
  • Materialy dlia biografii arkhimandrita Makaria Gloukhareva (Matériaux pour la biographie de l’archimandrite Macaire Gloukharev), Moscou, 1890-1897 (à vérifier).
  • Makarii Gloukharev, « Predstavlenie Sv. Sinodou o neobkhodimosti izdania Biblii na rousskom iazyke », Tchtenia v Obchtchestve lioubiteleï doukhovnogo prosvechtchenia, 1862.
  • Étude de l’université d’État de Tomsk sur les traductions bibliques de Macaire (journals.tsu.ru), consultée le 2026-10-27 (auteur à vérifier).
  • Entsiklopeditcheski slovar Brockhaus et Efron, article « Makari (Gloukharev) » (ru.wikisource.org).
  • OrthodoxWiki, « Macarius (Glukharyov) », consulté le 2026-10-27.