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Société biblique russe

Fondée à Saint-Pétersbourg en 1812 comme branche de la British and Foreign Bible Society, avec la bénédiction d'Alexandre Ier, la Société biblique de Russie (dite « russe » à partir de 1814) diffuse en treize ans plus de 500 000 Bibles et portions, et lance la première traduction officielle de la Bible en russe.

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

Fondée à Saint-Pétersbourg en 1812 comme branche de la British and Foreign Bible Society, avec la bénédiction d’Alexandre Ier, la Société biblique de Russie (dite « russe » à partir de 1814) diffuse en treize ans plus de 500 000 Bibles et portions dans 41 langues de l’Empire, et lance la première traduction officielle de la Bible en russe. Une coalition conservatrice obtient la chute de son président, le prince Golitsyne (1824), puis sa fermeture par Nicolas Ier (1826). Elle renaît en 1990-1991 et publie en 2011 une Bible en russe moderne.

Histoire

Faits documentés.

  • 1812 : John Paterson, agent écossais de la Société britannique, obtient d’Alexandre Ier la création d’une société à Saint-Pétersbourg (décret du 6 décembre 1812, première séance le 11 janvier 1813). Son président est le prince Alexandre Nikolaïevitch Golitsyne (1773-1844), procureur général du Saint-Synode (1803-1817), puis ministre des Affaires spirituelles et de l’Instruction publique (1817-1824), ami intime du tsar. Robert Pinkerton, autre agent britannique, joue un grand rôle.
  • Membres : métropolites orthodoxes, évêques catholiques et pasteurs luthériens ; Philarète de Moscou y entre en 1816 ; Gérasime Pavski y travaille comme hébraïsant. Des centaines de sociétés auxiliaires dans les provinces (nombre exact à vérifier : environ 290 selon certaines sources).
  • Traduction russe : en 1816, sur ordre du tsar, la Société entreprend une Bible en russe, sous l’autorité du Synode, à l’académie de Saint-Pétersbourg. Évangiles en 1818 ; Nouveau Testament complet en 1821 (avec le slavon en regard) ; Psautier en 1822 ; les huit premiers livres de l’Ancien Testament (Octateuque), traduits de l’hébreu, en 1825.
  • Opposition : l’archimandrite Photius (Spasski), le comte Alexis Araktcheïev, l’amiral Alexandre Chichkov (ministre de l’Instruction en 1824) et le métropolite Séraphin (Glagolevski) dénoncent la Société au tsar. En mai 1824, Golitsyne est renvoyé ; Séraphin devient président. Le tirage de l’Octateuque est brûlé (à la briqueterie de la laure Alexandre-Nevski, selon les récits ; Alexandre Men note que le Synode ne l’avait pas condamné).
  • 1826 : le 12 avril, Nicolas Ier ferme la Société ; ses biens passent au Synode, et la traduction en russe est arrêtée pour trente ans. Les protestants de l’Empire gardent, à partir de 1831, une Société biblique évangélique distincte (jusqu’en 1917).
  • 1990-1991 : la Société biblique russe est refondée ; le prêtre orthodoxe Alexandre Men, assassiné en septembre 1990, est parmi ses fondateurs. Membre de l’Alliance biblique universelle en 1995. Elle publie la Traduction russe moderne (2011) et des traductions dans les langues des peuples de Russie.

Financement et réseaux

  • Documenté : subventions et dons du tsar Alexandre Ier (dont un bâtiment sur le canal Catherine), souscriptions de nobles et de marchands, aides financières et matérielles de la British and Foreign Bible Society (rapports annuels de la BFBS) ; après 1991, ventes, dons et Alliance biblique universelle.
  • Allégué : ses adversaires (Photius, Chichkov) la présentent comme un instrument du mysticisme protestant, de la franc-maçonnerie et des idées révolutionnaires (Chichkov, mémoires au tsar, 1824-1825).
  • Non démontré : un financement ou un contrôle maçonnique de la Société. Documenté en revanche : le climat de piété mystique et œcuménique autour de Golitsyne et d’Alexandre Ier, que les historiens décrivent largement (Batalden, Zacek).

Influence sur la Bible

  • Positif : première diffusion massive de l’Écriture dans l’Empire, dans des dizaines de langues ; premiers textes bibliques en russe ; choix de traduire l’Ancien Testament sur l’hébreu, repris ensuite par la Bible synodale russe.
  • Discuté : pour les traditionalistes, le passage du slavon au russe et de la Septante à l’hébreu rompait avec la tradition ; pour ses défenseurs, il rendait l’Écriture au peuple. Le Nouveau Testament de 1821 suivait un grec de type Textus Receptus.

Pourquoi cette note

Critères neutres : transparence : publications et membres connus, travail fait sous l’autorité du Synode ; indépendance : dépendance réelle envers la couronne et la société britannique, ce qui a fait sa force et causé sa chute ; fidélité : traductions formelles, faites par des hébraïsants et hellénistes compétents. Réserve : une entreprise d’abord portée par la politique religieuse d’un tsar, et dont le sort a dépendu de la cour. 4/5.

Voir aussi

Sources

  • Stephen K. Batalden, Russian Bible Wars: Modern Scriptural Translation and Cultural Authority, Cambridge University Press, 2013.
  • Judith Cohen Zacek, « The Russian Bible Society and the Russian Orthodox Church », Church History 35, 1966, p. 411-437.
  • John Paterson, The Book for Every Land: Reminiscences of Labour and Adventure in the Work of Bible Circulation in the North of Europe and in Russia, Londres, 1857.
  • A. N. Pypine, Religioznye dvijenia pri Aleksandre I (Les mouvements religieux sous Alexandre Ier), Petrograd, 1916.
  • Alexandre Men, Bibliologitcheski slovar, t. 2, Moscou, 2002.
  • Encyclopédie de Saint-Pétersbourg (encspb.ru), notice « Société biblique » ; Wikipédia (anglais), « Bible Society in Russia », « Archimandrite Photius », consultés le 2026-10-27.