Ressources · Financiers et mécènes

Manuel Belgrano

Héros de l'indépendance argentine, Belgrano est envoyé en Europe en 1815 avec Bernardino Rivadavia.

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

Cette fiche porte sur le rôle de Belgrano dans l’histoire de l’interprétation de la Bible, non sur sa carrière politique et militaire.

En bref

Héros de l’indépendance argentine, Belgrano est envoyé en Europe en 1815 avec Bernardino Rivadavia. À Londres, il fait publier en 1816 l’édition complète, en quatre volumes et 1 500 exemplaires, de La venida del Mesías en gloria y majestad du jésuite chilien Manuel Lacunza, parue sous le pseudonyme de Juan Josaphat Ben-Ezra. Cette édition, meilleure que les éditions clandestines antérieures, contribue à faire connaître Lacunza en Europe, avant la traduction anglaise d’Edward Irving (1827).

Provenance et confession

Né à Buenos Aires le 3 juin 1770, dans une famille de négociants aisés (père originaire de Ligurie). Catholique toute sa vie, il étudie le droit à Salamanque et à Valladolid ; aucune ordination. Imprégné des Lumières et de l’économie politique, il devient secrétaire du Consulat de commerce de Buenos Aires, puis l’un des chefs de la révolution de Mai (1810), créateur du drapeau argentin. Il meurt à Buenos Aires le 20 juin 1820. Son appartenance à la loge Lautaro, souvent affirmée, n’est pas établie par les sources consultées ; elle n’est donc pas inscrite dans societes.

Vie

Faits documentés. Le Directoire de Buenos Aires envoie Belgrano et Rivadavia en Europe (fin 1814 ou 1815 : la date varie selon les sources) pour chercher la reconnaissance de l’indépendance ; les cours européennes leur refusent des audiences publiques et Belgrano rentre en 1816. Pendant ce séjour paraît à Londres, chez Carlos Wood, l’édition de Lacunza (1816), sans le nom de l’auteur. Lacunza, jésuite expulsé du Chili en 1767, mort en 1801 à Imola, y défendait un règne futur du Christ sur terre (millénarisme) et une lecture littérale des prophéties. L’ouvrage, déjà imprimé clandestinement à Cadix vers 1811-1812, est mis à l’Index en 1824. Une autre édition, en trois volumes, paraît à Londres chez Ackermann en 1826.

Interprétation. On ignore pourquoi Belgrano, en pleine mission diplomatique, a fait éditer ce livre : piété personnelle, intérêt pour un auteur américain, ou volonté de diffuser un ouvrage combattu par l’Inquisition espagnole.

Ce qu’il a financé

BénéficiaireMontantDateSourceNiveau de preuve
Édition de Lacunza, La venida del Mesías, 4 vol., 1 500 ex., Londres, Carlos Woodinconnu1816notices bibliographiques ; Froom, The Prophetic Faith of Our Fathers, vol. 3 ; revue Stromata (Córdoba)Documenté pour son rôle d’éditeur
Paiement sur ses fonds propresinconnu1816affirmé par des auteurs (dont Froom)Allégué, à vérifier
Paiement sur les fonds de la mission diplomatiqueinconnu1816non retrouvéNon démontré

Influence sur la Bible et l’interprétation

Belgrano n’a rien traduit ni annoté. En éditant Lacunza, il a mis en circulation une lecture des prophéties qui, par la traduction d’Irving, a nourri les débats britanniques sur le Futurisme et le retour du Christ dans les années 1820-1830. L’ouvrage se présente comme une interprétation, signée d’un pseudonyme qui annonce l’auteur comme un « hébreu-chrétien », ce qui masque son identité de jésuite.

Signaux d’alerte

  • 3. Société secrète (allégué par des historiens et sites qui le rattachent à la loge Lautaro, réseau politique de l’indépendance) : l’appartenance de Belgrano n’est pas démontrée par les sources consultées, et cette loge était politique, non ésotérique.

Aucun signal documenté. Le pseudonyme est celui de l’auteur, non de l’éditeur. Le point qui mérite une enquête est l’origine des fonds de l’édition de 1816, à rechercher dans la correspondance de la mission Belgrano-Rivadavia.

Pourquoi cette note

La note ne juge pas la doctrine de Lacunza. Belgrano a rendu accessible un texte d’interprétation, publiquement et sans toucher à la Bible ; mais l’édition est anonyme et l’origine de son financement reste inconnue. 3/5 est une note neutre d’attente.

Voir aussi

Sources

  • Juan Josaphat Ben-Ezra [Manuel Lacunza], La venida del Mesías en gloria y magestad, 4 vol., Londres, Carlos Wood, 1816.
  • Manuel Lacunza, The Coming of Messiah in Glory and Majesty, trad. Edward Irving, Londres, 1827.
  • LeRoy Edwin Froom, The Prophetic Faith of Our Fathers, vol. 3, Review and Herald, 1946.
  • Alfredo-Félix Vaucher, Une célébrité oubliée : le P. Manuel de Lacunza y Díaz, Collonges-sous-Salève, 1941 (rééd. 1968).
  • Revue Stromata (Université catholique de Córdoba), article sur Lacunza et les éditions de La venida del Mesías.
  • Mario Belgrano, Belgrano, Buenos Aires, 1927 (biographie ; à vérifier pour le passage sur Lacunza).
  • Presidencia de la Nación Argentina, notice biographique de Manuel Belgrano.