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Bible Chouraqui

Traduction de toute la Bible (Ancien et Nouveau Testament, plus le Coran dans un autre volume) par André Chouraqui (1917-2007), juif né en Algérie, ancien adjoint au maire de Jérusalem.

Fiche de recherche, sources indiquées. Évaluation proposée, pas encore confirmée. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

Traduction de toute la Bible (Ancien et Nouveau Testament, plus le Coran dans un autre volume) par André Chouraqui (1917-2007), juif né en Algérie, ancien adjoint au maire de Jérusalem. Publiée chez Desclée de Brouwer en vingt-six volumes de 1974 à 1977, puis en un volume. Elle cherche à faire entendre en français les mots et les racines de l’hébreu, au point de dérouter : la Genèse s’intitule « Entête » (Berèshit).

Histoire

Faits documentés. Chouraqui publie d’abord les Psaumes (1956) et d’autres livres. Le volume « Entête » paraît en 1974 dans la série La Bible traduite et présentée par André Chouraqui (notice BnF). Les cinq rouleaux paraissent en 1975, les Évangiles en 1976. Une édition commentée en dix volumes paraît chez Brepols (1982-1985), puis l’édition en un volume (Desclée de Brouwer, 1985 ; Wikipédia donne 1987).

Financement. Documenté : publication commerciale par Desclée de Brouwer. Allégué : rien de notable. Non démontré : aucun commanditaire.

Texte source et méthode

Ancien Testament sur l’hébreu massorétique, mot à mot, en respectant l’ordre des mots et les racines (« Elohîms » pour Dieu, « IHVH » pour le Nom, « Iéshoua » pour Jésus). Pour le Nouveau Testament, Chouraqui traduit le grec en se demandant quel hébreu ou araméen se tient derrière, ce qui produit un texte très sémitisé. C’est une démarche de rétroversion partielle, intéressante mais conjecturale.

Passages témoins

Texte sous droits : le traitement est décrit, non recopié ; tous ces points sont à vérifier sur l’édition en un volume.

PassageTraitement
Mt 24:34Terme rendu sans doute par « génération » ou un mot d’âge ; à vérifier.
Ap 1:1Probablement « vite » ou « bientôt » ; à vérifier.
1 Jn 5:7-8Absent probablement (texte critique) ; à vérifier.
Mc 16:9-20À vérifier.
1 Tm 3:16À vérifier.
Ap 22:19À vérifier.

Notes, livres et doctrine

Pas de deutérocanoniques dans le corpus principal (à vérifier). Introductions qui insistent sur l’unité de la Bible juive et chrétienne et sur le dialogue entre juifs, chrétiens et musulmans, engagement constant de Chouraqui.

Ce qu’on lui reproche

  • Un calque illisible, un « faux poétique ». Reproche du poète et traductologue Henri Meschonnic, d’abord dans La Quinzaine littéraire (1er-15 septembre 1974), puis dans ses essais : « régression linguistique », résultat « juxtalinéaire », « illisible » ; plus tard (1978), une « Bible en décalcomanie » qui hébraïse le français par un calque étymologique, lexical et syntaxique. Pourquoi : Chouraqui veut, comme Buber et Rosenzweig en allemand, amener le lecteur au texte et non le texte au lecteur, en faisant entendre les racines hébraïques. Réponse : Francine Kaufmann (Meta, 1998) estime que Chouraqui a été lu à travers les « lunettes déformantes » de cette polémique et à travers des stéréotypes sur le littéralisme juif.
  • L’étymologisme. Reproche de Meschonnic : prendre la racine d’un mot pour son sens, au détriment du rythme. Pourquoi : Chouraqui dit traduire « de l’intérieur », depuis Jérusalem, en sachant de quoi il s’agit (Réforme, 26 janvier 1974). Réponse : ses lecteurs y trouvent une familiarité nouvelle avec l’hébreu.
  • « IHVH » et « Elohîms » : exotisme ? Un critique a parlé de goût de l’exotisme. Pourquoi : Chouraqui répond qu’aucune traduction ne respectait le Nom et que sa traduction l’introduit pour la première fois depuis deux mille ans. Réponse : c’est son propre argument ; les lecteurs juifs pour qui le Nom ne s’écrit pas ainsi peuvent le contester (à vérifier).
  • Un Nouveau Testament reconstruit sur un hébreu supposé. Reproche de biblistes chrétiens (noms à préciser) : traduire le grec en devinant l’hébreu ou l’araméen derrière lui est conjectural. Réponse : Chouraqui présente cette démarche comme un retour aux racines sémitiques des Évangiles.

Versets ajoutés ou retirés

Aucun passage de la liste n’a été vérifié sur l’édition en un volume (voir « Passages témoins », tous à vérifier).

Pourquoi cette note

Qualités : littéralité rare, très utile pour sentir l’hébreu derrière le français ; traduction indépendante d’un homme seul. Réserves : néologismes et syntaxe qui rendent la lecture difficile ; Nouveau Testament reconstruit à partir d’un hébreu supposé ; passages témoins non vérifiés pour cette fiche. 3/5, outil d’étude plutôt que Bible de lecture.

Voir aussi

Sources

  • Notice BnF de Entête (Desclée de Brouwer, 1974), catalogue.bnf.fr.
  • Catalogues de l’université de Princeton (volumes de 1975 et 1976).
  • Études sur Chouraqui traducteur (Université Ca’ Foscari de Venise, projet HiTrade, open.unive.it).
  • Article « Traductions de la Bible en français », Wikipédia (consulté le 2026-10-27).
  • André Chouraqui, L’Amour fort comme la mort. Une autobiographie, Robert Laffont, 1990 (sur sa méthode et son parcours ; à vérifier).
  • Francine Kaufmann, « Traduire la Bible et le Coran à Jérusalem : André Chouraqui », Meta, vol. 43, n° 1, 1998, p. 142-156 (erudit.org), qui cite Meschonnic (1970, 1974, 1978, 1981) et Georges Vajda (1951).
  • Henri Meschonnic, « Un faux littéraire », La Quinzaine littéraire, 1er-15 septembre 1974 ; « Le calque dans la traduction ou la Bible en décalcomanie », Poésie sans réponse (Pour la poétique V), Gallimard, 1978 (références d’après la bibliographie de Kaufmann).