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Bible de Jérusalem

Traduction catholique réalisée sous la direction de l'École biblique et archéologique française de Jérusalem, tenue par les dominicains, dont Roland de Vaux (fouilleur de Qumrân) fut directeur.

Fiche de recherche, sources indiquées. Évaluation proposée, pas encore confirmée. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

Traduction catholique réalisée sous la direction de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem, tenue par les dominicains, dont Roland de Vaux (fouilleur de Qumrân) fut directeur. Publiée par les éditions du Cerf, d’abord en fascicules, puis en un volume. Elle a été traduite en anglais (Jerusalem Bible, 1966) et dans d’autres langues. C’est la Bible savante du catholicisme francophone, réputée pour ses introductions et ses notes.

Histoire

Faits documentés. Après l’encyclique Divino afflante Spiritu (Pie XII, 1943), qui autorise les catholiques à traduire des originaux et à employer la critique historique, les dominicains de Jérusalem lancent une Bible en fascicules (1948-1954), chaque livre confié à un spécialiste, avec un réviseur littéraire. La Bible en un volume paraît en 1955-1956, la révision en 1973, puis une nouvelle édition en 1998.

Financement. Documenté : publication commerciale par le Cerf (maison dominicaine) ; l’École biblique est une institution dominicaine. Allégué : rien de notable. Non démontré : aucun commanditaire extérieur.

Texte source et méthode

Ancien Testament sur l’hébreu massorétique, souvent corrigé d’après la Septante ou les Manuscrits de la mer Morte ; Nouveau Testament sur le texte critique moderne (voir Nestle-Aland). Traduction de bonne tenue littéraire, plutôt formelle, avec quelques reconstructions conjecturales dans l’Ancien Testament.

Passages témoins

Texte sous droits : le traitement est décrit, non recopié (d’après les éditions courantes ; à vérifier sur l’édition 1998).

PassageTraitement
Mt 24:34Traduit « cette génération » ; la note discute le sens et rapporte l’annonce à la ruine de Jérusalem, avec la perspective de la fin (à vérifier).
Ap 1:1« bientôt » ou tournure équivalente.
1 Jn 5:7-8Absent du texte ; une note explique qu’il s’agit d’une glose latine absente des manuscrits grecs anciens.
Mc 16:9-20Conservé, avec une note disant que la finale manque dans des manuscrits importants et n’est peut-être pas de Marc, tout en restant canonique.
1 Tm 3:16Pronom (« Il ») et non « Dieu ».
Ap 22:19« arbre de vie ».
Ac 8:37Absent du texte, donné en note.

Notes, livres et doctrine

Deutérocanoniques inclus. Les introductions et notes appliquent la critique historique (hypothèse documentaire pour le Pentateuque, datations tardives de Daniel, auteurs multiples d’Isaïe). Sur l’Apocalypse, les notes lisent surtout le livre comme une prophétie liée à l’Empire romain de l’époque de Jean, avec une portée finale (lecture mixte, ni strictement futuriste ni strictement prétériste).

Ce qu’on lui reproche

  • « La jeune femme » en Ésaïe 7:14. Reproche d’évangéliques et de catholiques traditionnels : l’édition de 1973 écrit que « la jeune femme est enceinte », effaçant dans Isaïe le mot « vierge » que Matthieu cite. Pourquoi : l’hébreu ʿalmah signifie « jeune femme » ; la Septante a parthenos, et la Bible de Jérusalem traduit l’hébreu. Réponse : la traduction de Mt 1:23 garde « vierge », et la note d’Isaïe renvoie à la lecture chrétienne (contenu de la note à vérifier).
  • « Yahvé » pour le nom divin. Reproche venu du judaïsme, pour qui le Nom ne se prononce pas, puis repris par Rome : une lettre de la Congrégation pour le culte divin (cardinal Arinze, 29 juin 2008) interdit « Yahweh » dans la liturgie et demande « Seigneur ». Pourquoi : la Bible de Jérusalem est une Bible d’étude qui veut rendre le Nom tel que les savants le reconstituent. Réponse : la lettre vise la liturgie, non les Bibles d’étude ; la Bible de Jérusalem garde « Yahvé » dans les éditions consultées (Es 42:8).
  • Corriger l’hébreu par conjecture. Reproche de biblistes conservateurs, protestants surtout : des corrections tirées de la Septante, de Qumrân ou de l’hypothèse passent dans le texte. Pourquoi : l’École biblique juge le texte massorétique altéré en certains endroits et le dit en note. Réponse : les corrections sont signalées en note.
  • Des introductions qui tiennent la critique historique pour acquise. Reproche évangélique : hypothèse documentaire, Daniel daté du IIe siècle av. J.-C., pseudépigraphie de 2 Pierre et des Pastorales. Pourquoi : l’encyclique Divino afflante Spiritu (1943) autorise la critique historique, et les auteurs sont des spécialistes de cette école. Réponse : les éditions récentes nuancent certaines positions (à vérifier entre 1973 et 1998).
  • Des notes catholiques sur les « frères de Jésus ». Reproche protestant : les notes lisent « frères » au sens de proches parents pour s’accorder avec la virginité perpétuelle de Marie (contenu de la note à vérifier). Réponse : l’usage sémitique de ʾaḥ (frère) au sens large est un argument réel, à prendre au sérieux selon l’Encyclopædia Universalis.

Versets ajoutés ou retirés

Pourquoi cette note

Qualités : traduction soignée et savante, notes riches qui signalent les variantes (1 Jn 5:7, Mc 16, Ac 8:37) au lieu de les cacher. Réserves : corrections conjecturales de l’hébreu introduites dans le texte (atteinte à la fidélité, quel que soit le texte source préféré) ; notes et introductions qui présentent comme acquises des hypothèses de la critique historique (datations, auteurs de Daniel, des Pastorales, de 2 Pierre), sans toujours dire qu’elles sont contestées. Le barème traite ces notes comme toute note d’école. 3/5.

Voir aussi

Sources

  • Article « Traductions de la Bible en français », Wikipédia (consulté le 2026-10-27).
  • P.-M. Bogaert (dir.), Les Bibles en français, Brepols, 1991.
  • La Bible de Jérusalem, Cerf, éd. 1973 et 1998 (préfaces).
  • Frédéric Delforge, La Bible en France et dans la francophonie, Publisud / Société biblique française, 1991.
  • Bernard Montagnes, Marie-Joseph Lagrange. Une biographie critique, Cerf, 2004 (sur l’École biblique).
  • Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, lettre aux conférences épiscopales sur le nom de Dieu, 29 juin 2008, Prot. n. 213/08/L (texte sur ewtn.com et jcrelations.net, consultés le 2026-10-27).
  • « Jésus, frères de », Encyclopædia Universalis (consulté le 2026-10-27).
  • Texte de la Bible de Jérusalem (1973), Es 7:14, levangile.com (consulté le 2026-10-27).