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Eugene Peterson

Eugene Peterson est l'auteur de The Message, une paraphrase de la Bible en anglais familier publiée de 1993 (Nouveau Testament) à 2002 (Bible complète).

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

Eugene Peterson est l’auteur de The Message, une paraphrase de la Bible en anglais familier publiée de 1993 (Nouveau Testament) à 2002 (Bible complète). Pasteur de paroisse pendant presque trente ans et écrivain spirituel apprécié, il voulait rendre aux lecteurs le ton vivant, rude et quotidien des textes originaux. Son œuvre est devenue l’une des « Bibles » les plus lues du monde anglophone, souvent citée en chaire comme si c’était une traduction.

Provenance et confession

Eugene Hoiland Peterson naît le 6 novembre 1932 à East Stanwood, dans l’État de Washington, et grandit à Kalispell, dans le Montana, dans une famille modeste d’origine scandinave : son père tient une boucherie, sa mère est prédicatrice laïque pentecôtiste et l’emmène prêcher dans les salles communales et les camps de bûcherons. Il est élevé dans la tradition des Assemblées de Dieu. Il étudie au Seattle Pacific College (1954), établissement méthodiste libre, puis au Biblical Seminary in New York (aujourd’hui New York Theological Seminary), et à l’Université Johns Hopkins (maîtrise en langues sémitiques, sous William F. Albright). Il passe alors du pentecôtisme au presbytérianisme, est pasteur associé à temps partiel dans une paroisse presbytérienne de White Plains (New York), puis est ordonné pasteur presbytérien (date à vérifier ; 1958 est l’année de son mariage avec Janice Stubbs). C’est la seule rupture confessionnelle de sa vie, faite ouvertement. Aucune loge ni cercle n’est documenté.

Vie

Né à East Stanwood (État de Washington) en 1932, fils d’un boucher et d’une mère prédicatrice pentecôtiste, Peterson étudie au Seattle Pacific College, au New York Theological Seminary et à l’Université Johns Hopkins (maîtrise en langues sémitiques, sous William F. Albright). En 1962, il fonde la paroisse presbytérienne Christ Our King à Bel Air (Maryland), qu’il sert jusqu’en 1991. Il enseigne ensuite la théologie spirituelle au Regent College de Vancouver. Il meurt le 22 octobre 2018, chez lui, dans le Montana.

Influence sur la Bible et la doctrine

Les faits.

  • Peterson connaissait réellement le grec et l’hébreu ; The Message part des textes originaux, et un groupe de biblistes a relu l’Ancien Testament. Mais le but avoué est de rendre le ton, non les mots : il y ajoute des images, des expressions américaines et des développements absents du texte.
  • The Message n’a ni numérotation des versets dans les premières éditions, ni notes. Le lecteur ne peut pas voir où le texte s’arrête et où commence l’explication.
  • Le Notre Père (Mt 6:9-13), par exemple, devient une prière très libre qui ne garde pas plusieurs des demandes dans leur forme.
  • Sur Mt 24:34, la paraphrase présente la parole de Jésus comme s’adressant aux auditeurs présents, « not just for some future generation », puis ajoute « This age continues until all these things take place » (cet âge dure jusqu’à ce que tout cela arrive) : elle combine ainsi la lecture immédiate et la lecture différée.
  • En juillet 2017, dans un entretien à Religion News Service, Peterson dit qu’il célébrerait un mariage de personnes de même sexe ; le lendemain, il retire cette déclaration et réaffirme la position traditionnelle. L’épisode montre l’incertitude de sa position plus que son changement.

Interprétation. Peterson n’a jamais prétendu faire une traduction pour l’étude ; il parlait d’un texte pour lire et prier. Le problème est l’usage qui en a été fait : des prédicateurs et des millions de lecteurs ont reçu ses phrases comme la Parole de Dieu. Quand le traducteur ajoute ses propres images, l’autorité passe du texte au talent de l’écrivain. C’est l’aboutissement de la méthode de Eugene Nida et de la paraphrase de Kenneth N. Taylor.

Financement et réseaux

  • Documenté : The Message est publiée par NavPress, maison d’édition des Navigators, qui en tire des revenus importants ; les droits de reproduction sont gérés par NavPress.
  • Allégué : des sites critiques lient The Message au mouvement « Nouvel Âge » ou à la spiritualité contemplative, sur la base de certains choix de vocabulaire. Ce sont des interprétations, non des preuves d’intention.
  • Non démontré : aucun financement extérieur (fondations, banquiers) n’est connu.

Signaux d’alerte

  • 3. Société secrète ou occulte (allégué par des sites critiques du courant « King James seule » et de la critique de la spiritualité contemplative, sans auteur ni titre précis vérifié) : The Message serait liée au « Nouvel Âge ». L’allégation repose sur des choix de vocabulaire, non sur une appartenance de Peterson à un cercle ou à un mouvement occulte, qu’aucune source ne documente.

Le signal 4 ne s’applique pas au sens strict : Peterson a présenté son ouvrage comme une paraphrase destinée à la lecture, non comme une traduction d’étude, même si l’usage en chaire a brouillé cette distinction. Conclusion : rien de suspect sur l’homme ; la question est celle de la fidélité du genre, non d’une infiltration.

Pourquoi cette note

Deux étoiles : Peterson était un vrai pasteur, un bon écrivain, et il connaissait les langues. Mais The Message est une paraphrase lourde, sans repères, devenue une Bible de chaire. Elle habitue le lecteur à recevoir la voix d’un homme comme la voix de l’Écriture.

Voir aussi

Sources

  • Eugene H. Peterson, The Pastor: A Memoir, HarperOne, 2011.
  • Eugene H. Peterson, The Message: The Bible in Contemporary Language, NavPress, 2002 (introduction).
  • Jonathan Merritt, entretien avec Eugene Peterson, Religion News Service, 12 juillet 2017, et rétractation publiée le 13 juillet 2017.
  • Winn Collier, A Burning in My Bones: The Authorized Biography of Eugene H. Peterson, WaterBrook, 2021.
  • Seattle Pacific University, « Alumnus, author, pastor Eugene Peterson ‘54 » (stories.spu.edu) : enfance pentecôtiste, études.