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La Bible anglaise la plus vendue des dernières décennies. Conçue par des évangéliques comme alternative conservatrice à la Revised Standard Version, elle est traduite par un comité indépendant mais exploitée commercialement, en Amérique du…

En bref

La Bible anglaise la plus vendue des dernières décennies. Conçue par des évangéliques comme alternative conservatrice à la Revised Standard Version, elle est traduite par un comité indépendant mais exploitée commercialement, en Amérique du Nord, par Zondervan, filiale depuis 1988 du groupe de Rupert Murdoch (Harper & Row, puis HarperCollins, dans News Corporation). Ce lien entre une Bible et un groupe de médias est un fait central de son histoire.

Histoire

Documenté. L’idée vient dans les années 1950 de Howard Long, ingénieur de General Electric à Seattle, membre de l’Église réformée chrétienne. L’Église réformée chrétienne (CRC) et la National Association of Evangelicals forment un comité commun ; une conférence à Palos Heights (Illinois) en 1965 crée le Committee on Bible Translation (CBT), quinze biblistes qui gardent seuls l’autorité sur le texte. La New York Bible Society (devenue International Bible Society, puis Biblica) accepte de parrainer le projet (1967 selon Biblica ; date à confirmer). Le Nouveau Testament paraît en 1973, la Bible en 1978 ; révision en 1984, version inclusive TNIV en 2005 (rejetée par beaucoup d’évangéliques), puis NIV 2011 qui remplace les deux.

Documenté. En 1971, Zondervan investit dans le projet de la société biblique, alors en difficulté, et obtient l’exclusivité commerciale aux États-Unis (Hodder & Stoughton au Royaume-Uni). En 1988, Zondervan est vendue à Harper & Row, propriété de News Corporation depuis 1987 ; Harper & Row fusionne avec Collins pour devenir HarperCollins. En 2012, HarperCollins achète aussi Thomas Nelson, éditeur de la New King James Version.

Texte source et méthode

Texte grec éclectique proche de celui des Sociétés bibliques unies ; Ancien Testament massorétique, avec corrections ponctuelles. Méthode intermédiaire : plus libre que la New American Standard Bible, moins que la Good News Bible.

Passages témoins

PassageTraitement
Mt 24:34Texte : « this generation ». L’édition de 1984 a une note « Or race » (commentaire de traduction des Sociétés bibliques, tips.translation.bible) : un sens lexical secondaire (celui que défendait la Scofield Reference Bible) signalé sans être imposé. La NIV 2011 n’a plus cette note (BibleGateway).
Ap 1:1« bientôt ».
1 Jn 5:7-8Comma absent du texte ; la NIV 2011 la donne en note (« Late manuscripts of the Vulgate… », « not found in any Greek manuscript before the fourteenth century »).
Mc 16:9-20Imprimé, mais précédé d’une mention que les manuscrits les plus anciens n’ont pas ces versets ; même traitement pour Jn 7:53-8:11.
1 Tm 3:16« He appeared in the flesh » (2011 ; 1984 : « He appeared in a body »), sans « Dieu ».
Ap 22:19« arbre de vie ».
Ac 8:37En note seulement.

Notes, livres et doctrine

Pas d’apocryphes. La traduction elle-même a peu de notes doctrinales, mais elle est le support de nombreuses bibles d’étude, y compris dispensationalistes. Débats : langage inclusif (TNIV, 2011), choix d’interprétation dans le texte (« nature pécheresse » pour sarx en 1984).

Financements

  • Documenté : parrainage et financement de la New York Bible Society / International Bible Society ; investissement et exclusivité commerciale de Zondervan (1971) ; appartenance de Zondervan à HarperCollins (News Corp) depuis 1988 ; les redevances financent Biblica.
  • Documenté : Virginia Mollenkott a été consultante de style (anglais) pendant la préparation de la NIV, non traductrice ; Kenneth Barker dit qu’elle a été consultée brièvement, sur le style, sans influence sur les décisions finales.
  • Allégué : des auteurs « King James seulement » (notamment Gail Riplinger, New Age Bible Versions, 1993) affirment que la NIV a été influencée par Mollenkott, et dénoncent la propriété Murdoch comme une corruption morale du texte.
  • Non démontré : rien ne montre que News Corp ou Murdoch soient intervenus dans le choix des mots ; le CBT garde contractuellement le contrôle du texte. Aucune source ne montre une influence de Mollenkott sur le texte au-delà de la consultation de style. Voir Financements - documenté et allégué.

Ce qu’on lui reproche

  • Le reproche : le langage inclusif (NIVI, TNIV, NIV 2011). En 1997, le magazine World (Susan Olasky, « The Stealth Bible ») révèle l’édition britannique inclusive de 1996 (NIVI) ; les adversaires (James Dobson, Wayne Grudem, le Council on Biblical Manhood and Womanhood) obtiennent l’engagement de l’International Bible Society de ne pas l’introduire aux États-Unis, et rédigent les « Colorado Springs Guidelines » (1997). La TNIV (NT 2002, Bible 2005) est condamnée par la Convention baptiste du Sud en 2002 ; la NIV 2011 l’est à son tour en juin 2011, la résolution affirmant que 75 % du langage inclusif contesté de la TNIV y subsiste. Passages : pronoms au pluriel là où le grec a un singulier (Jn 14:23 « My Father will love them » ; Ap 3:20 « eat with that person, and they with me » : NIV 2011, BibleGateway) ; « frères et sœurs » pour adelphoi. Pourquoi ce choix : le Committee on Bible Translation (CBT) a publié en 2010-2011 des notes expliquant qu’il s’appuyait sur une étude de corpus de l’anglais contemporain (Collins) montrant que « he » générique et « man » ne sont plus compris comme incluant les femmes ; il dit avoir renoncé à certaines formules de la TNIV. Réponse : D. A. Carson (The Inclusive Language Debate, 1998), Mark Strauss et Craig Blomberg défendent la démarche comme une exigence d’exactitude, non d’idéologie.
  • Le reproche : des versets « supprimés ». Le courant « King James seulement » (Riplinger, 1993 ; D. A. Waite) dresse la liste des versets qui ne figurent qu’en note : la numérotation saute de Mt 17:20 à 17:22, etc. Pourquoi : le CBT suit le texte critique ; il garde la numérotation traditionnelle et met le verset en note pour que le lecteur le trouve. Réponse : Kenneth Barker et James R. White répondent que rien n’est caché ; aucun de ces versets ne contient une doctrine absente du reste du NT.
  • Le reproche : interpréter au lieu de traduire. Des partisans de la traduction formelle (Leland Ryken ; aussi des réformés) reprochent « sinful nature » pour sarx (1984), et d’autres explicitations. Pourquoi : rendre le sens paulinien, que « flesh » n’évoque pas en anglais courant. Réponse : la NIV 2011 elle-même a rendu à « flesh » la plupart de ces passages, ce que le CBT présente comme une correction.
  • Le reproche : Jean 1:18. Des défenseurs du Textus Receptus reprochent « God the One and Only » (1984) puis « the one and only Son, who is himself God » (2011), qui suivent la leçon monogenès theos. Pourquoi : témoins anciens (P66, P75). Réponse : la leçon affirme la divinité du Christ.
  • Le reproche : une Bible au service d’un groupe de médias. Riplinger, Texe Marrs et d’autres dénoncent la propriété de Zondervan par News Corp et le rôle de Virginia Mollenkott (voir Financements). Réponse : le CBT garde contractuellement le contrôle du texte ; Kenneth Barker affirme que Mollenkott, consultante de style, a été consultée brièvement et n’a influé sur aucune décision finale.
  • Le reproche (d’un autre côté) : un parti pris évangélique. Des biblistes libéraux et des juifs reprochent les choix christologiques dans l’Ancien Testament : « virgin » en Is 7:14, « Son » avec majuscule en Ps 2:12 dans l’édition de 1984 (« Kiss the Son » ; la NIV 2011 a « Kiss his son »). Pourquoi : la NIV s’est voulue confessante (signataires d’une déclaration d’autorité de l’Écriture). Réponse : le CBT y voit une lecture canonique légitime.

Versets ajoutés ou retirés

Pourquoi cette note

Traduction soignée et lisible, faite par un comité large et interconfessionnel, avec des notes textuelles honnêtes (Mc 16, Jn 8, Ac 8:37 ; « Or race » en Mt 24:34 dans l’édition de 1984). Réserves : méthode intermédiaire qui tranche souvent à la place du lecteur (« nature pécheresse » pour sarx en 1984), révisions successives qui changent le texte d’une édition à l’autre, et dépendance commerciale envers un grand groupe de médias. 3/5.

Voir aussi

New King James Version · Revised Standard Version · Sociétés bibliques · Nestle-Aland · Mouvement de critique textuelle · Bible du Semeur · Futurisme

Sources

  • Biblica, « The NIV Bible Story » (biblica.com), consulté le 2026-10-27.
  • Kenneth L. Barker (dir.), The Making of a Contemporary Translation: New International Version, Grand Rapids, Zondervan, 1986.
  • « Zondervan Corporation », International Directory of Company Histories (encyclopedia.com).
  • D. A. Carson, The Inclusive Language Debate: A Plea for Realism, Grand Rapids, Baker, 1998 (sur le débat TNIV).
  • Gail Riplinger, New Age Bible Versions, Munroe Falls, AV Publications, 1993 (source des allégations, non fiable sur les faits).
  • Susan Olasky, « The Stealth Bible », World, 29 mars 1997.
  • Southern Baptist Convention, résolutions sur la TNIV (2002) et sur la NIV 2011 (juin 2011) ; Baptist Press, juin 2011.
  • Committee on Bible Translation, « Updating the New International Version of the Bible: Notes from the Committee on Bible Translation », 2010 (PDF « Translators Notes » sur biblegateway.com).
  • Wayne Grudem et Vern Poythress, The Gender-Neutral Bible Controversy, Nashville, Broadman & Holman, 2000.
  • James R. White, The King James Only Controversy, Minneapolis, Bethany House, 1995 (2e éd. 2009).