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Sabbat du septième jour

La doctrine du sabbat du septième jour enseigne que le quatrième commandement (Ex 20:8-11) oblige toujours les chrétiens, et que le jour du repos et du culte est le samedi, du coucher du soleil le vendredi au coucher du soleil le samedi, et non le dimanche.

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

La doctrine du sabbat du septième jour enseigne que le quatrième commandement (Ex 20:8-11) oblige toujours les chrétiens, et que le jour du repos et du culte est le samedi, du coucher du soleil le vendredi au coucher du soleil le samedi, et non le dimanche. Elle est tenue par les adventistes du septième jour, les baptistes du septième jour, l’Église de Dieu (septième jour) et divers groupes issus de ces mouvements ou des courants messianiques et « racines hébraïques ». L’Église éthiopienne observe à la fois le samedi et le dimanche.

Origine et généalogie

Le fait de départ. Le sabbat juif est un fait biblique documenté (Gn 2:2-3 ; Ex 16:23-30 ; 20:8-11 ; Dt 5:12-15). Jésus et les apôtres fréquentent les synagogues le sabbat (Lc 4:16 ; Ac 13:14, 42-44 ; 17:2). Le Nouveau Testament mentionne aussi des réunions le « premier jour de la semaine » (Ac 20:7 ; 1 Co 16:2) et le « jour du Seigneur » (Ap 1:10).

L’Église ancienne et le passage au dimanche (documenté).

  • Ignace d’Antioche (Aux Magnésiens 9, 1, vers 110) oppose ceux qui « ne sabbatisent plus » mais vivent selon le jour du Seigneur ; le sens exact de la phrase est discuté.
  • Justin (Première Apologie 67, vers 155) décrit le culte chrétien le « jour du soleil ».
  • Constantin Ier, loi du 7 mars 321 (Code Justinien III, 12, 2), fait du « vénérable jour du soleil » un jour chômé pour les tribunaux et les métiers urbains.
  • Concile de Laodicée, canon 29 (date incertaine, souvent placée vers 363-364) : les chrétiens ne doivent pas « judaïser » en se reposant le sabbat, mais travailler ce jour-là et honorer le jour du Seigneur.
  • Le samedi garde cependant une place liturgique en Orient (Constitutions apostoliques ; canons orientaux interdisant le jeûne le samedi) ; l’Église éthiopienne garde les deux jours (voir L’Église éthiopienne et sa Bible).

Thèse revendiquée par les sabbatistes (contestée). Beaucoup d’auteurs adventistes soutiennent que le dimanche a été imposé par Constantin et la papauté contre l’Écriture (Ellen G. White, La Tragédie des siècles, 1888 ; J. N. Andrews, History of the Sabbath, 1862). Samuele Bacchiocchi, adventiste formé à l’Université grégorienne, a soutenu (From Sabbath to Sunday, 1977) que le dimanche s’est imposé à Rome au IIe siècle, sous l’effet de l’antijudaïsme et du culte solaire. Contesté : D. A. Carson (dir.), From Sabbath to Lord’s Day (1982), et la plupart des historiens jugent que la réunion du premier jour est antérieure à Constantin et même à 150 (Justin, Didachè 14, Ignace).

Première attestation comme doctrine chrétienne distincte. Les anabaptistes sabbatariens de Moravie et de Silésie, Oswald Glait et Andreas Fischer, enseignent le sabbat vers 1527-1528 ; Glait publie un Buchlein vom Sabbath (vers 1530, perdu, connu par la réfutation de Caspar Schwenckfeld). En Angleterre, John Traske (vers 1617-1618) et Theophilus Brabourne (A Discourse upon the Sabbath Day, 1628) défendent le samedi. L’Église de Mill Yard à Londres (fondation datée de 1617 par certains, vers 1650 par d’autres : à vérifier) devient le principal foyer baptiste du septième jour.

Diffusion.

  • Amérique : Stephen Mumford, baptiste sabbatiste de Londres, arrive à Newport (Rhode Island) en 1664 ; la première Église baptiste du septième jour d’Amérique y est fondée le 23 décembre 1671.
  • Adventisme : en 1844, Rachel Oakes Preston, baptiste du septième jour, persuade des adventistes millérites de Washington (New Hampshire) ; T. M. Preble publie un article sur le sabbat (février 1845) ; Joseph Bates publie The Seventh Day Sabbath, a Perpetual Sign (1846) ; James et Ellen G. White l’adoptent (1846-1847). L’Église adventiste du septième jour est organisée en 1863 (voir Adventisme et 1844).
  • Église de Dieu (septième jour) (milieu adventiste dissident, années 1858-1863) ; Herbert W. Armstrong et la Worldwide Church of God au XXe siècle (qui abandonne le sabbat obligatoire en 1995) ; mouvements messianiques et « racines hébraïques » (voir Mouvement du Nom sacré).

Chronologie.

  • 321 : loi de Constantin sur le jour du soleil.
  • vers 363-364 : Laodicée, canon 29.
  • vers 1527-1528 : Glait et Fischer.
  • 1628 : Brabourne.
  • 1664 et 1671 : Mumford, Église de Newport.
  • 1846 : Joseph Bates, The Seventh Day Sabbath.
  • 1863 : organisation de l’Église adventiste du septième jour.

Ce que dit la doctrine

  • Le sabbat est institué à la création (Gn 2:2-3), avant la loi de Moïse : il concerne toute l’humanité.
  • Les dix commandements, dont le quatrième, restent la norme morale ; aucun texte ne transfère le repos au dimanche.
  • Le repos s’observe du vendredi soir au samedi soir (Lv 23:32 ; Mc 1:32).
  • Pour les adventistes, le sabbat aura un rôle de « sceau » dans la crise finale, et l’observation imposée du dimanche est identifiée à la « marque de la bête » (Ap 13-14) ; cette dimension eschatologique leur est propre, et les baptistes du septième jour ne la partagent pas.

Arguments de ses partisans

  • La création : « Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia » (Gn 2:3, Segond 1910).
  • Le décalogue est éternel (Mt 5:17-19) ; Jésus se dit « maître du sabbat » (Mc 2:28), pas son abolisseur ; « Le sabbat a été fait pour l’homme » (Mc 2:27).
  • La pratique de Jésus et de Paul : Lc 4:16 ; Ac 17:2 ; 18:4.
  • Mt 24:20 : « Priez pour que votre fuite n’arrive pas… un jour de sabbat », signe que le sabbat compterait encore après la mort de Jésus.
  • He 4:9 : « il reste un repos de sabbat (sabbatismos) pour le peuple de Dieu ».
  • Le changement est postbiblique : le dimanche dépend d’actes d’Église et d’État (Constantin, Laodicée), ce que des auteurs catholiques ont reconnu comme preuve de l’autorité de l’Église.

Critiques de ses opposants

  • Col 2:16-17 : « Que personne donc ne vous juge au sujet… d’un sabbat : c’était l’ombre des choses à venir » ; aussi Rm 14:5-6 et Ga 4:10.
  • Le concile de Jérusalem (Ac 15) n’impose pas le sabbat aux non-Juifs.
  • Le premier jour est déjà le jour de rassemblement (Ac 20:7 ; 1 Co 16:2) et de la résurrection ; Ap 1:10 parle du « jour du Seigneur ».
  • Le sabbat est signe de l’alliance du Sinaï avec Israël (Ex 31:13-17) ; le Christ est le repos promis (Mt 11:28 ; He 4).
  • L’histoire : la réunion dominicale est attestée avant Constantin ; Laodicée vise une pratique de repos, pas l’invention du culte du dimanche.
  • Les éléments eschatologiques adventistes reposent sur l’interprétation d’Ellen G. White plus que sur un texte explicite.

Textes clés

Gn 2:2-3 ; Ex 16:23-30 ; 20:8-11 ; 31:13-17 ; Dt 5:12-15 ; Es 58:13-14 ; 66:23 ; Mt 12:1-14 ; 24:20 ; Mc 2:27-28 ; Lc 4:16 ; Ac 13:42-44 ; 15 ; 20:7 ; Rm 14:5-6 ; 1 Co 16:2 ; Ga 4:10 ; Col 2:16-17 ; He 4:1-11 ; Ap 1:10.

Traductions qui la portent. The Clear Word (Jack Blanco, 1994), paraphrase publiée par une maison d’édition adventiste, a été critiquée, y compris par des adventistes, pour avoir introduit des lectures doctrinales dans le texte (par exemple sur Col 2:16) ; à vérifier verset par verset. Les Bibles d’étude adventistes ajoutent des notes en faveur du sabbat ; les Bibles d’étude dispensationalistes (Scofield Reference Bible) présentent au contraire le sabbat comme propre à Israël.

Voir aussi

Sources

  • Ignace d’Antioche, Aux Magnésiens 9 ; Justin, Première Apologie 67 ; Didachè 14.
  • Code Justinien III, 12, 2 (loi du 7 mars 321).
  • Concile de Laodicée, canon 29, dans Charles-Joseph Hefele, Histoire des conciles, trad. Leclercq, t. I.
  • Gerhard F. Hasel, « Sabbatarian Anabaptists of the Sixteenth Century », Andrews University Seminary Studies 5-6, 1967-1968.
  • Theophilus Brabourne, A Discourse upon the Sabbath Day, 1628.
  • Joseph Bates, The Seventh Day Sabbath, a Perpetual Sign, 1846.
  • J. N. Andrews, History of the Sabbath and First Day of the Week, 1862.
  • Samuele Bacchiocchi, From Sabbath to Sunday, Rome, Pontifical Gregorian University Press, 1977.
  • D. A. Carson (dir.), From Sabbath to Lord’s Day, Zondervan, 1982.
  • Don A. Sanford, A Choosing People: The History of Seventh Day Baptists, Broadman, 1992.