Ressources · D'où vient le texte

Texte byzantin Robinson-Pierpont

Maurice A. Robinson (professeur au Southeastern Baptist Theological Seminary) et William G.

Critère de la note : fiabilité comme base de traduction, c’est-à-dire largeur de la base manuscrite, cohérence et transparence de la méthode, stabilité du texte.

En bref

Maurice A. Robinson (professeur au Southeastern Baptist Theological Seminary) et William G. Pierpont (1915-2003) ont établi une édition du Nouveau Testament grec selon la forme de texte que porte la grande majorité des manuscrits : le texte byzantin. Contrairement au Textus Receptus, qui suit quelques éditions du XVIe siècle, cette édition part des manuscrits et de leur répartition. Elle est proche du Texte majoritaire de Hodges et Farstad (1982), avec une méthode différente. Les éditeurs l’ont placée dans le domaine public.

Histoire

Faits documentés.

  • 1991 : première édition (The New Testament in the Original Greek according to the Byzantine/Majority Textform), avec un appendice sur la péricope de la femme adultère.
  • 2005 : deuxième édition (Byzantine Textform 2005), Chilton Book Publishing ; en marge, les variantes importantes à l’intérieur de la tradition byzantine ; en note, les leçons du Nestle-Aland 27 et du Greek New Testament (UBS) 4. Révision en 2018 (Byzantine Textform 2018, mise en page de John Jeffrey Dodson), elle aussi sans droit d’auteur revendiqué.
  • Robinson défend la « priorité byzantine » : selon lui, la forme de texte transmise par la majorité des manuscrits a le plus de chances de représenter l’original, parce qu’elle résulte d’une transmission normale et continue. Il distingue cette position de la défense du Textus Receptus et de celle d’une préservation providentielle d’une édition imprimée.
  • Pour la femme adultère (Jn 7:53-8:11), Robinson a collationné tous les manuscrits grecs connus du passage et en a tiré le texte de sa forme majoritaire.

Fiabilité : arguments

Pour.

  • Base manuscrite la plus large : la forme de texte attestée par plus de quatre-vingts pour cent des manuscrits grecs, par les lectionnaires et par l’usage de l’Église de langue grecque.
  • Méthode explicite et contrôlable ; ce n’est pas un comité qui vote passage par passage.
  • Il ne garde pas les leçons du texte reçu sans appui grec (Comma, Ac 8:37, retraduction d’Érasme dans l’Apocalypse) : il est en ce sens plus strict que le texte reçu.
  • Libre de droits : chacun peut le copier et le vérifier.

Réserves.

  • Les manuscrits byzantins sont surtout tardifs (IXe-XVe siècle) ; les partisans du texte critique objectent que le nombre de copies ne prouve pas l’ancienneté d’une leçon.
  • Dans l’Apocalypse, la tradition byzantine est divisée en deux grands groupes ; le choix entre eux reste délicat.
  • Peu utilisé par les comités de traduction ; aucun grand éditeur institutionnel ne le soutient.

Passages témoins

PassageTraitement
Mt 24:34« cette génération »
Ap 1:1 et 22:10en tachei ; « le temps est proche »
1 Jn 5:7-8Comma absente (comme dans la masse des manuscrits grecs)
Mc 16:9-20présent
Jn 7:53-8:11présent à sa place dans le texte, selon la forme majoritaire établie par Robinson à partir de ses collations
1 Tm 3:16« Dieu a été manifesté » (theos)
Ap 22:19« arbre de vie »
Ac 8:37absent

Financement

  • Documenté : travail personnel des deux éditeurs ; publication par de petits éditeurs.
  • Allégué : aucune allégation.
  • Non démontré : sans objet.

Pourquoi cette note

Harmonisation (2026-10-27). Les éditions imprimées du Nouveau Testament grec sont maintenant notées avec une même règle : les éditions du Textus Receptus (Érasme, Stephanus, Bèze, Elzevir, Scrivener) ont 3/5, parce qu’elles reposent sur un petit nombre de manuscrits tardifs et gardent quelques leçons sans aucun manuscrit grec connu (Ap 22:16-21 retraduit du latin par Érasme, conjecture de Bèze en Ap 16:5) ; les éditions modernes à apparat complet, critiques ou byzantine (Nestle-Aland, UBS, SBLGNT, Tyndale House, Robinson-Pierpont), ont 4/5. Cette règle porte sur la base manuscrite et la transparence, pas sur le choix entre les deux familles de textes : Pierre reste libre de la changer.

Quatre étoiles : un texte qui suit la masse des manuscrits, établi par une méthode claire et libre de droits. La cinquième étoile est retenue parce que la thèse de la priorité byzantine reste débattue et que les témoins byzantins sont surtout tardifs ; c’est le même équilibre que pour le texte reçu, pour d’autres raisons.

Voir aussi

Sources

  • Maurice A. Robinson et William G. Pierpont (éd.), The New Testament in the Original Greek: Byzantine Textform 2005, Southborough (Massachusetts), Chilton Book Publishing, 2005 (préface et appendice « The Case for Byzantine Priority » ; PDF librement diffusé, archive.org).
  • Maurice A. Robinson et William G. Pierpont (éd.), The New Testament in the Original Greek according to the Byzantine/Majority Textform, Atlanta, Original Word, 1991.
  • Maurice A. Robinson, « The Case for Byzantine Priority », dans David Alan Black (dir.), Rethinking New Testament Textual Criticism, Grand Rapids, Baker, 2002.
  • Maurice A. Robinson, « Preliminary Observations regarding the Pericope Adulterae… » (collation des manuscrits du passage), Filologia Neotestamentaria 13, 2000.
  • Zane C. Hodges et Arthur L. Farstad (éd.), The Greek New Testament according to the Majority Text, Nashville, Nelson, 1982 ; 2e éd., 1985.
  • byzantinetext.com (présentation des éditions 2005 et 2018).
  • Daniel B. Wallace, « The Majority Text Theory: History, Methods, and Critique », dans B. Ehrman et M. Holmes (dir.), The Text of the New Testament in Contemporary Research, 2e éd., Leyde, Brill, 2013.