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Texte majoritaire

Le texte majoritaire est la forme du Nouveau Testament grec que portent la plupart des quelque 5 800 manuscrits grecs connus : le texte dit « byzantin », lu dans l'Église de langue grecque depuis le IVe siècle environ.

Critère de la note : les mêmes critères pour toutes les formes et éditions du grec, quel que soit le camp textuel : largeur et qualité de la base manuscrite, transparence de la méthode d’édition, absence de leçon sans appui manuscrit grec. Le débat entre texte majoritaire et texte critique est présenté, non tranché (voir Mouvement de critique textuelle).

En bref

Le texte majoritaire est la forme du Nouveau Testament grec que portent la plupart des quelque 5 800 manuscrits grecs connus : le texte dit « byzantin », lu dans l’Église de langue grecque depuis le IVe siècle environ. Il est très proche du Textus Receptus, mais il n’en a pas les quelques leçons venues du latin. Depuis 1982, des éditions imprimées cherchent à reconstituer ce texte à partir de la majorité réelle des manuscrits.

Histoire

Faits documentés.

  • Au XIXe siècle, John William Burgon et Frederick Henry Ambrose Scrivener défendent le texte « traditionnel » contre Brooke Foss Westcott et Fenton John Anthony Hort. Herman Hoskier publie une étude des manuscrits de l’Apocalypse (Concerning the Text of the Apocalypse, 1929).
  • Wilbur Pickering (The Identity of the New Testament Text, 1977) relance la défense du texte majoritaire dans le monde évangélique.
  • Zane Hodges et Arthur Farstad, professeurs au Dallas Theological Seminary, publient The Greek New Testament According to the Majority Text (Thomas Nelson, 1982), fondé surtout sur les sigles de von Soden. La New King James Version indique ses différences en note (« M-Text »).
  • Maurice Robinson et William Pierpont publient The New Testament in the Original Greek: Byzantine Textform (1991 ; édition revue 2005).
  • Harry Sturz (The Byzantine Text-Type and New Testament Textual Criticism, 1984) montre que des leçons propres au texte byzantin se trouvent déjà dans des papyrus anciens.

Fiabilité : arguments

Pour.

  • Un texte copié et lu partout, pendant des siècles, a peu de chances d’être une invention tardive. Si l’original avait été très différent, la majorité des copies ne l’aurait pas oublié.
  • Hort expliquait cette majorité par une recension « syrienne » faite au IVe siècle, peut-être par Lucien d’Antioche. Aucune trace historique de cette recension n’a été trouvée.
  • Le texte majoritaire garde la finale de Marc et « Dieu » en 1 Tm 3:16, mais il n’a pas la Comma de 1 Jn 5:7 ni Ac 8:37, ce qui le rend plus défendable devant les critiques que le Textus Receptus.

Réserves.

  • La majorité des manuscrits sont tardifs (IXe-XVIe siècle) ; les plus anciens témoins (papyrus égyptiens, Codex Vaticanus, Codex Sinaiticus) ne sont pas byzantins. Ses défenseurs répondent que le climat sec de l’Égypte a conservé ses manuscrits, alors que ceux d’Asie Mineure et de Grèce se sont usés ; les partisans du texte critique répliquent que les Pères anciens hors d’Égypte ne citent pas non plus un texte nettement byzantin avant le IVe siècle.
  • Compter les manuscrits ne suffit pas : beaucoup sont des copies d’un même modèle. Les éditions de Hodges-Farstad et de Robinson-Pierpont diffèrent entre elles sur certains points.
  • Dans l’Apocalypse, le texte byzantin se divise en deux branches, ce qui rend la « majorité » moins nette.
  • Le texte majoritaire s’écarte du Textus Receptus en environ 1 800 endroits (1 838 selon le décompte de Daniel B. Wallace pour Hodges-Farstad), presque tous mineurs.

Passages témoins

PassageTraitement
Mt 24:34« cette génération »
Ap 1:1 et 22:10« bientôt », « le temps est proche »
1 Jn 5:7-8Comma absente
Mc 16:9-20présent
Jn 7:53-8:11présent (Robinson-Pierpont), avec variantes
1 Tm 3:16« Dieu a été manifesté »
Ap 22:19« arbre de vie »
Ac 8:37absent

Financement

  • Documenté : éditions publiées par Thomas Nelson (1982) et par de petites maisons (Original Word, Chilton Book Publishing) ; travail de professeurs sur leurs salaires d’enseignants.
  • Allégué : aucune allégation connue.
  • Non démontré : rien n’indique un financement intéressé.

Pourquoi cette note

Quatre étoiles. Qualités : le texte attesté par le plus grand nombre de manuscrits, de lectionnaires et de versions tardives ; des éditions modernes (Hodges-Farstad, Robinson-Pierpont) qui exposent leur méthode et ne gardent pas les leçons sans appui grec du Textus Receptus. Réserves : la majorité des témoins est tardive ; compter les manuscrits ne tient pas compte de leurs liens de parenté ; les éditions ne s’accordent pas en tout, surtout dans l’Apocalypse. Les deux lectures : pour ses défenseurs, la masse de la tradition est le meilleur guide vers l’original ; pour les partisans du texte critique (voir la critique de Daniel Wallace), une majorité tardive ne prouve pas l’ancienneté. La note ne tranche pas ce débat et place le texte majoritaire au même niveau que le Nestle-Aland, pour des raisons symétriques.

Voir aussi

Sources

  • Zane C. Hodges et Arthur L. Farstad, The Greek New Testament According to the Majority Text, Nashville, Thomas Nelson, 1982 ; 2e éd., 1985.
  • Maurice A. Robinson et William G. Pierpont, The New Testament in the Original Greek: Byzantine Textform, Southborough, Chilton, 2005.
  • Wilbur N. Pickering, The Identity of the New Testament Text, Nashville, Thomas Nelson, 1977.
  • Harry A. Sturz, The Byzantine Text-Type and New Testament Textual Criticism, Nashville, Thomas Nelson, 1984.
  • Daniel B. Wallace, « The Majority Text Theory: History, Methods, and Critique », dans Ehrman et Holmes (dir.), The Text of the New Testament in Contemporary Research, 1995 (critique).