Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.
En bref
Doyen de Chichester, érudit d’Oxford, John William Burgon est le plus vigoureux adversaire du Texte de Westcott et Hort et de la Revised Version. Dans The Last Twelve Verses of Mark (1871) et The Revision Revised (1883), il défend le texte traditionnel transmis par la grande majorité des manuscrits, des versions et des citations des Pères. Ses arguments sont encore la base des défenseurs du Texte majoritaire et du Textus Receptus.
Provenance et confession
John William Burgon naît le 21 août 1813 à Smyrne, dans l’Empire ottoman. Son père, Thomas Burgon, est un négociant anglais du commerce du Levant et un numismate de talent, plus tard employé au département des antiquités du British Museum ; sa mère, qu’on a souvent dite grecque, est la fille du consul d’Autriche à Smyrne et de son épouse anglaise. La famille s’installe à Londres quand il a un an ; il y fait ses études, puis travaille plusieurs années dans le comptoir de son père avant d’entrer, à vingt-huit ans, à Worcester College, Oxford (1841). Fellow d’Oriel (1846), il est ordonné diacre dans l’Église d’Angleterre en 1848 (prêtrise : date à vérifier), sert une paroisse de campagne, puis l’église universitaire St Mary the Virgin (1863), devient professeur de théologie au Gresham College (1867) et doyen de Chichester (1876). Anglican de la Haute Église toute sa vie, sans conversion ni rupture. Aucune appartenance à une société, un cercle ou une loge n’est rapportée ; les deux sociétés qui portent aujourd’hui son nom ont été fondées après sa mort.
Vie
- Né en 1813 à Smyrne (empire ottoman), d’un père marchand anglais et d’une mère fille du consul d’Autriche à Smyrne (on la dit souvent grecque, à tort).
- Travaille d’abord dans le commerce à Londres, puis étudie à Worcester College, Oxford ; fellow d’Oriel College (1846). Prix Newdigate de poésie en 1845 pour Petra.
- Vicaire de St Mary the Virgin, l’église de l’université d’Oxford (1863-1876), puis doyen de Chichester (1876-1888).
- Visite la bibliothèque du Vatican (1860) et le monastère Sainte-Catherine du Sinaï (1862) pour voir les manuscrits.
- Anglican de la Haute Église, très conservateur (contre Essays and Reviews, contre l’admission des femmes à Oxford). Meurt à Chichester en 1888.
Influence sur la Bible et la doctrine
La finale de Marc (faits). The Last Twelve Verses of the Gospel According to S. Mark Vindicated (1871) défend l’authenticité de Mc 16:9-20, en rassemblant les témoins grecs, les versions anciennes et les citations patristiques (Irénée la cite au IIe siècle). C’est encore l’étude de référence pour ceux qui gardent ces versets.
The Revision Revised (faits). Trois articles parus anonymement dans la Quarterly Review (1881-1882), réunis en livre en 1883 avec une longue lettre à l’évêque Ellicott, président du comité. Burgon y reproche aux réviseurs : d’avoir changé le texte grec bien au-delà de leur mandat ; d’avoir suivi deux ou trois manuscrits (Vaticanus, Sinaiticus, Bezae) qu’il juge parmi les plus corrompus ; d’avoir défiguré l’anglais de la King James 1611. Il examine en détail 1 Tm 3:16 (« Dieu a été manifesté ») et défend la leçon traditionnelle.
Sa méthode (faits). Burgon n’est pas un défenseur du Textus Receptus imprimé tel quel ; il veut un texte établi sur l’ensemble des témoins (manuscrits, versions, Pères), avec sept « notes de vérité » (ancienneté, nombre, variété, poids, continuité, contexte, vraisemblance interne). Il a conçu et dirigé un index manuscrit des citations patristiques du Nouveau Testament, en « seize gros volumes » légués au British Museum (Edward Miller, préface de The Traditional Text, 1896) ; le chiffre d’environ 86 000 citations, souvent repris par ses défenseurs, reste à vérifier. Ses travaux posthumes sont publiés par Edward Miller : The Traditional Text of the Holy Gospels et The Causes of the Corruption of the Traditional Text (1896). Il fit aussi collationner des manuscrits par d’autres savants (Miller, ibid.).
Interprétation. Sur un point, l’histoire de la critique lui a donné raison : la théorie de Hort sur une recension « syrienne » n’avait pas de preuve historique, et même des partisans du texte critique l’ont abandonnée. Sur le fond (le poids à donner à la majorité des manuscrits), le débat entre écoles reste ouvert et n’est pas tranché ici. Son style est polémique, parfois injurieux envers ses adversaires, et sa conviction que la providence garantit le texte majoritaire est théologique autant que critique. Il n’avait pas de position prétériste particulière.
Financement et réseaux
- Documenté : Église d’Angleterre (Oxford, Chichester) ; publication dans la Quarterly Review et chez John Murray.
- Allégué : rien de notable.
- Non démontré : aucun commanditaire. Il travaillait à ses frais, avec des collaborateurs qu’il dirigeait.
Signaux d’alerte
Aucun signal documenté. Son passé est connu, il travaille à ses frais, et ses articles anonymes de la Quarterly Review (usage courant de la revue) ont été republiés sous son nom dès 1883. Rien ne justifie une enquête plus poussée.
Pourquoi cette note
★★★★☆ selon les critères neutres du barème : un travail énorme et vérifiable sur les sources (index patristique, étude de la finale de Marc), une indépendance totale, une méthode exposée. Réserves : polémiste excessif, parfois injurieux envers ses adversaires, et une partie de ses arguments repose sur une doctrine de la préservation plus que sur la démonstration. La note ne dépend pas de l’école textuelle qu’il défend, mais de la qualité et de l’honnêteté de son travail.
Voir aussi
- Frederick Henry Ambrose Scrivener · Brooke Foss Westcott · Fenton John Anthony Hort
- Revised Version · Texte de Westcott et Hort · Texte majoritaire · Textus Receptus · King James 1611
- Codex Vaticanus · Codex Sinaiticus · Edward F. Hills
Sources
- J. W. Burgon, The Last Twelve Verses of the Gospel According to S. Mark, Oxford et Londres, 1871.
- J. W. Burgon, The Revision Revised, Londres, John Murray, 1883.
- J. W. Burgon et Edward Miller, The Traditional Text of the Holy Gospels, Londres, 1896.
- « Dean Burgon », compte rendu de la biographie de Goulburn, The Churchman, nouvelle série, vol. 6, n° 44 (1892), p. 409-410 (ordination diaconale en 1848).
- Edward Meyrick Goulburn, John William Burgon, Late Dean of Chichester: A Biography, 2 vol., 1892.
- Encyclopædia Britannica, 1911, art. « Burgon, John William » ; Wikipédia (anglais), « John Burgon » (parents, études, carrière).