Ressources · D'où vient le texte

Texte patriarcal de 1904

Le Patriarcat œcuménique de Constantinople publie le 22 février 1904 un Nouveau Testament grec « approuvé par la Grande Église du Christ ».

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

Critère de la note : fiabilité comme base de traduction : largeur de la base manuscrite, cohérence et transparence de la méthode, stabilité du texte.

En bref

Le Patriarcat œcuménique de Constantinople publie le 22 février 1904 un Nouveau Testament grec « approuvé par la Grande Église du Christ ». Préparé par une commission de trois membres, surtout par le professeur Vasileios Antoniadès de l’école théologique de Halki, il veut donner le texte transmis et lu dans l’Église de Constantinople, face au texte reçu occidental et aux éditions critiques. C’est aujourd’hui le texte grec de référence de l’Église de Grèce, sans être reçu par toutes les Églises orthodoxes.

Histoire

Faits documentés.

  • 1899 : le patriarche Constantin V nomme une commission : Michel Kléovoulos, métropolite de Sardes ; Apostolos Christodoulou, métropolite de Stavroupolis ; Vasileios Antoniadès, professeur à Halki.
  • Antoniadès s’appuie sur 116 manuscrits (selon Wikipédia), surtout des lectionnaires (livres de lectures liturgiques), du IXe au XVIe siècle, la plupart des Xe-XIVe siècles ; 45 viennent de l’Athos et de Constantinople, les autres d’Athènes et de Jérusalem. Les manuscrits effectivement collationnés viennent de Sainte-Sophie, de l’école théologique et de l’école de commerce de Halki, et du métochion du Saint-Sépulcre à Constantinople. Pour les passages absents des lectionnaires, il recourt aux manuscrits continus.
  • Selon son introduction, il ne fait ni transposition, ni substitution, ni ajout, ni suppression, sauf rares cas appuyés par d’autres témoins. Il n’y a pas d’apparat critique ; des leçons minoritaires sont signalées.
  • Désaccord avec le Synode : Antoniadès écrit (§ 9) que certains manuscrits tardifs mais estimés, dont un manuscrit de l’école de Halki daté de 1688, omettent les « trois témoins dans le ciel » (1 Jn 5:7-8). Il était en désaccord avec le Synode patriarcal sur ce passage et sur la femme adultère (Jn 8:3-11) ; le texte publié garde les deux.
  • 1907, 1912 : éditions revues (1912 par Antoniadès). L’Apostoliki Diakonia (maison d’édition officielle de l’Église de Grèce) en publie une version corrigée.
  • 2021 : Jovan Stanojević (Orthodox New Testament Textual Scholarship, Gorgias Press) montre, par l’étude des lectionnaires des épîtres catholiques comparés à l’Editio Critica Maior, que l’édition est plus proche du Textus Receptus que des lectionnaires qu’elle dit suivre, et que ses principes ont souvent été mal présentés.

Fiabilité : arguments

Pour.

  • Base ecclésiale réelle : les lectionnaires sont les textes lus pendant des siècles à Constantinople ; Klaus Wachtel (2006) a reconnu l’intérêt de ce texte pour l’étude du texte byzantin.
  • Texte public, sans droits, stable.
  • Fondé sur des manuscrits grecs et non sur la Vulgate ; il garde « arbre de vie » en Ap 22:19, contre le texte reçu.

Réserves.

  • Pas d’apparat critique : le lecteur ne peut pas contrôler les choix.
  • Des leçons sans base dans les lectionnaires (la Comma) imposées par le Synode contre l’avis de l’éditeur.
  • Dépendance du Textus Receptus plus forte qu’annoncée (Stanojević).
  • Selon Wikipédia, une édition de la Société biblique hellénique (2020) mêle les sources et s’écarte légèrement de 1904 (à vérifier).

Passages témoins

Vérifiés sur le texte numérisé « Greek Orthodox Church 1904 » (biblehub.com).

PassageTraitement
Mt 24:34« ἡ γενεὰ αὕτη », « cette génération » (vérifié sur le texte numérisé)
Ap 1:1 et 22:10en tachei ; « ὁ καιρὸς γὰρ ἐγγύς ἐστιν », « le temps est proche » (vérifié sur le texte numérisé)
1 Jn 5:7-8présente (« le Père, le Verbe et le Saint-Esprit »), contre l’avis d’Antoniadès
Mc 16:9-20présent
Jn 7:53-8:11présent, contre l’avis d’Antoniadès pour 8:3-11
1 Tm 3:16« Θεὸς ἐφανερώθη », « Dieu a été manifesté »
Ap 22:19« ξύλου », « arbre de vie »
Ac 8:37présent (à confirmer dans l’édition imprimée)

Ce qu’on lui reproche

  • La Comma imposée (critiques textuels ; Antoniadès lui-même) : la Comma est absente des lectionnaires et de la masse des manuscrits grecs. Pourquoi le Synode l’a gardée : à vérifier dans les actes ; probablement l’usage reçu des éditions imprimées et la valeur trinitaire du passage.
  • Un texte reçu déguisé (Stanojević, 2021) : l’édition suivrait le texte reçu plus que les lectionnaires.
  • Une édition sans apparat (critiques occidentaux, dont Rife, cités par la conférence de Holy Cross, 2012) : la méthode n’est pas contrôlable. Réponse des défenseurs orthodoxes : l’Écriture est le livre de l’Église ; le but était de donner le texte reçu dans l’Église de Constantinople, non une reconstruction de l’original.
  • Négligé en Grèce même : selon la même conférence, l’Église grecque emploie aussi le lectionnaire de Saliveros, le texte reçu (Trembelas, Sotiropoulos) et le Nestle-Aland pour l’étude.

Financement

  • Documenté : commande et publication par le Patriarcat œcuménique.
  • Allégué : aucune allégation connue.
  • Non démontré : sans objet.

Pourquoi cette note

Selon la règle d’harmonisation des éditions imprimées (voir Texte byzantin Robinson-Pierpont) : les éditions modernes à apparat complet ont 4/5 ; les éditions sans apparat qui gardent des leçons sans appui dans les manuscrits grecs ont 3/5. Le texte patriarcal a une vraie base ecclésiale et byzantine, mais pas d’apparat, et il garde la Comma contre l’avis de son propre éditeur. Note 3, à revoir si Pierre change la règle.

Voir aussi

Sources

  • Ἡ Καινὴ Διαθήκη, ἐγκρίσει τῆς Μεγάλης τοῦ Χριστοῦ Ἐκκλησίας, Constantinople, Patriarcat œcuménique, 1904 (introduction d’Antoniadès) ; rééd. 1907, 1912.
  • Jovan Stanojević, Orthodox New Testament Textual Scholarship: Antoniades, Lectionaries, and the Catholic Epistles, Piscataway, Gorgias Press, 2021 (Texts and Studies, 3e série, 26) ; compte rendu par Kelsie G. Rodenbiker, Journal for the Study of the New Testament 45/5, 2023.
  • Ioannes Karavidopoulos, articles sur le texte patriarcal, Greek Orthodox Theological Review et Sacra Scripta.
  • Klaus Wachtel, « Early Variance in the Byzantine Text of the Gospels », dans Transmission and Reception, 2006.
  • E. C. Colwell, Studies in the Lectionary Text of the Greek New Testament, Chicago, 1933.
  • Présentation « Centennial of the second edition of the Patriarchal New Testament », Holy Cross Greek Orthodox School of Theology, convocation 2012 (archive.hts.edu), consultée le 2026-10-27.
  • biblehub.com, textes grecs parallèles (« Greek Orthodox Church 1904 ») pour 1 Jn 5:7, Ac 8:37, 1 Tm 3:16, Ap 22:19, consultés le 2026-10-27.
  • Wikipédia (anglais), « Patriarchal text », consulté le 2026-10-27.