Fiche de recherche, sources indiquées. Évaluation proposée, pas encore confirmée. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.
En bref
La TOB est la première Bible française traduite en commun par des catholiques et des protestants (avec ensuite des orthodoxes). Coéditée par le Cerf et la Société biblique française (Alliance biblique universelle). Ses notes et introductions, abondantes et savantes, en font une Bible d’étude très utilisée dans les facultés de théologie. L’édition de 2010 ajoute six livres deutérocanoniques du canon orthodoxe.
Histoire
Faits documentés. Le projet naît au début des années 1960, dans le climat du concile Vatican II et du rapprochement entre l’Église catholique et les Sociétés bibliques (accords de 1968 sur les traductions interconfessionnelles). L’épître aux Romains paraît en 1967 comme essai, le Nouveau Testament en 1972, la Bible entière en 1975. Révisions en 1988, 2004 et 2010.
Financement. Documenté : coédition du Cerf (dominicains) et de l’Alliance biblique universelle / Société biblique française, qui vivent de leurs ventes et des dons ; l’Alliance biblique universelle reçoit des fonds de ses sociétés membres. Allégué : certains auteurs protestants conservateurs voient dans l’œcuménisme biblique un rapprochement voulu avec Rome, voire un projet de « Bible mondiale » ; c’est une interprétation, non un fait financier prouvé. Non démontré : aucun financement par des banques ou fondations privées.
Texte source et méthode
Ancien Testament sur la Biblia Hebraica (texte massorétique), avec des corrections signalées ; Nouveau Testament sur le texte critique des Sociétés bibliques, très proche du Nestle-Aland. Méthode plutôt formelle, langue moderne.
Passages témoins
Texte sous droits : le traitement est décrit, non recopié (d’après les éditions courantes ; à vérifier sur l’édition 2010).
| Passage | Traitement |
|---|---|
| Mt 24:34 | « cette génération » ; la note discute le sens (génération contemporaine de Jésus, ou sens élargi) (à vérifier). |
| Ap 1:1 | « bientôt » ou tournure équivalente. |
| 1 Jn 5:7-8 | Absent du texte, expliqué en note comme ajout latin tardif. |
| Mc 16:9-20 | Conservé avec un intertitre ou une note signalant qu’il manque dans les plus anciens manuscrits (à vérifier). |
| 1 Tm 3:16 | « Il » (le Christ), non « Dieu ». |
| Ap 22:19 | « arbre de vie ». |
| Ac 8:37 | Absent du texte, donné en note. |
Notes, livres et doctrine
Deutérocanoniques inclus à part dans les éditions protestantes et intégrés dans d’autres (selon l’édition). Notes et introductions de critique historique (hypothèses documentaires, datations tardives, pseudépigraphie des Pastorales). L’Apocalypse est présentée comme un écrit de résistance à Rome à l’époque de Domitien, avec une portée symbolique pour tous les temps.
Ce qu’on lui reproche
- « La jeune femme » en Ésaïe 7:14. Reproche d’évangéliques et de catholiques traditionnels, comme pour la Bible de Jérusalem. Pourquoi : traduction de l’hébreu ʿalmah ; la note renvoie à la Septante et à Mt 1:23 (à vérifier). Réponse : le choix est celui de la plupart des traductions savantes modernes, et Mt 1:23 garde « vierge ».
- Une première édition inégale et trop conjecturale. Reproche d’un compte rendu de Laval théologique et philosophique (1972) sur le Nouveau Testament : qualité variable selon les livres et les traducteurs, options critiques et conjectures discutées, et surtout abus des déplacements de versets, hypothèse toujours possible mais invérifiable. Pourquoi : chaque livre a été confié à une équipe différente. Réponse : les révisions de 1988, 2004 et 2010 ont repris le texte.
- Des notes qui présentent la critique historique comme acquise. Reproche évangélique et catholique conservateur : pseudépigraphie des Pastorales, datations tardives, Apocalypse lue comme un écrit de résistance à Rome. Pourquoi : les notes résument l’état de la recherche universitaire des années 1970. Réponse : les notes signalent souvent qu’il s’agit d’hypothèses.
- L’œcuménisme lui-même. Reproche de protestants conservateurs (rapprochement avec Rome) et de catholiques traditionalistes (relativisme doctrinal). Pourquoi : le projet est né des accords de 1968 entre l’Église catholique et les Sociétés bibliques. Réponse : la traduction est faite par des équipes mixtes qui se contrôlent mutuellement, ce qui limite les choix d’une seule confession.
Versets ajoutés ou retirés
- Ésaïe 7-14 - vierge ou jeune femme : « la jeune femme » (texte TOB cité par une fiche de prédication de l’Église protestante unie de France, 2022).
- D’après la section « Passages témoins » (à vérifier sur l’édition 2010) : 1 Jean 5-7-8 - la Comma johannique absent, expliqué en note ; Actes 8-37 - la confession de l’eunuque en note ; 1 Timothée 3-16 - Dieu manifesté « Il » ; Apocalypse 22-19 - livre de vie ou arbre de vie « arbre de vie » ; Marc 16-9-20 - la finale de Marc conservé et signalé.
- Deutérocanoniques présents ; l’édition de 2010 ajoute des livres du canon orthodoxe.
Pourquoi cette note
Qualités : traduction sérieuse et plutôt formelle, corrections de l’hébreu signalées, notes savantes et honnêtes sur les variantes, contrôle croisé de plusieurs confessions qui limite les choix d’une seule école. Réserves : notes et introductions qui présentent les hypothèses de la critique historique (datations, pseudépigraphie) avec plus d’assurance que les sources n’en donnent ; projet ecclésial qui pèse sur certains choix de vocabulaire. Changement : la note de départ (3/5) comptait le texte critique comme défaut ; c’est un choix de texte source, décrit dans les fiches Nestle-Aland et Textus Receptus, non une infidélité. Sur les critères neutres : 4/5.
Voir aussi
- Sociétés bibliques · Nestle-Aland · Mouvement de critique textuelle
- Bible de Jérusalem · Bible en français courant · Parole de Vie
- Carlo Maria Martini (comité du Greek New Testament)
Sources
- Article « Traductions de la Bible en français », Wikipédia (consulté le 2026-10-27).
- Préfaces de la TOB, Cerf / Société biblique française, éd. 1975 et 2010.
- F. Delforge, La Bible en France et dans la francophonie, Publisud / SBF, 1991.
- P.-M. Bogaert (dir.), Les Bibles en français, Brepols, 1991.
- Guiding Principles for Interconfessional Cooperation in Translating the Bible, Secrétariat pour l’unité des chrétiens et Alliance biblique universelle, 1968 (rév. 1987).
- Compte rendu du Nouveau Testament de la TOB, Laval théologique et philosophique, vol. 28, n° 2, 1972 (erudit.org).
- Isabelle Alves, fiche de prédication sur Ésaïe 7:10-14 (texte TOB), Église protestante unie de France, 24 décembre 2022 (acteurs.epudf.org).