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Chester Beatty

Magnat du cuivre devenu l'un des grands collectionneurs du XXe siècle, Alfred Chester Beatty achète vers 1930-1931 un lot de papyrus bibliques grecs sorti d'Égypte par le marché des antiquités : les Papyrus Chester Beatty (dont P45, P46 et…

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

Cette fiche porte sur l’influence de Beatty sur la transmission de la Bible, non sur sa personne.

En bref

Magnat du cuivre devenu l’un des grands collectionneurs du XXe siècle, Alfred Chester Beatty achète vers 1930-1931 un lot de papyrus bibliques grecs sorti d’Égypte par le marché des antiquités : les Papyrus Chester Beatty (dont P45, P46 et P47), alors les plus anciens témoins connus des Évangiles, des lettres de Paul et de l’Apocalypse. Il en confie l’édition à Sir Frederic Kenyon et lègue sa collection au peuple irlandais.

Provenance et confession

Né le 7 février 1875 à New York, benjamin de John Cuming Beatty, banquier et agent de change, et de Hetty Bull ; ses grands-parents paternels étaient nés en Irlande. Anglophone. Diplômé de la Columbia School of Mines (1898). Sa confession n’est pas indiquée par les notices consultées (à vérifier dans la biographie de Wilson). Aucune ordination, aucune appartenance à une loge ou à un cercle documentée. Il devient sujet britannique en 1933, est anobli en 1954 et devient en 1957 le premier citoyen d’honneur de l’Irlande.

Vie

Faits documentés. Mineur au Colorado, il entre en 1903 chez Guggenheim Exploration, puis devient consultant indépendant (1908). Installé à Londres en 1913, il fonde la Selection Trust (1914) et fait fortune dans la « ceinture de cuivre » de Rhodésie du Nord et du Congo belge. Son intérêt pour les papyrus naît d’un voyage au Caire en 1913-1914. En 1950, il s’établit à Dublin, où il fait construire une bibliothèque ouverte le 8 août 1953 (au public en 1954), installée depuis 2000 au château de Dublin. Il meurt à Monte-Carlo le 19 janvier 1968 et reçoit des funérailles nationales en Irlande.

Ce qu’il a financé

BénéficiaireMontantDateSourceNiveau de preuve
Achat des papyrus bibliques (onze manuscrits : sept de l’Ancien Testament, trois du Nouveau, Hénoch et Méliton)prix inconnuvers 1930-1931, annoncé dans The Times en 1931Kenyon, The Chester Beatty Biblical Papyri ; Wikipédiadocumenté
Dix feuillets de P46 (lettres de Paul), puis 46 autresprix inconnu1930, puis vers 1935Université du Michigan (qui en possède 30 feuillets)documenté ; dates exactes discutées
Édition savante des papyrus par Frederic Kenyon (fascicules et fac-similés)inconnu1933-1958Kenyon, éditions Emery Walkerdocumenté pour l’édition ; prise en charge financière à vérifier
Chester Beatty Library, Dublin, léguée au peuple irlandaisinconnu1950-1968Chester Beatty Library ; Wikipédiadocumenté

Influence sur la Bible et la doctrine

  • Documenté : en achetant ce lot plutôt que de le laisser se disperser, puis en le publiant rapidement, Beatty donne aux savants des témoins du IIIe siècle environ, antérieurs aux grands codex (Codex Sinaiticus, Codex Vaticanus). Ils pèsent depuis dans le Mouvement de critique textuelle et dans l’apparat de Nestle-Aland.
  • Documenté : les papyrus comprennent aussi un témoin grec du Livre d’Hénoch (voir Manuscrits d’Hénoch).
  • Interprétation : comme pour tout témoin ancien, la valeur que les éditeurs leur donnent face au Textus Receptus et au Texte majoritaire est débattue ; Beatty lui-même n’a pris aucune position textuelle.

Signaux d’alerte

Aucun signal documenté. Sa fortune est d’origine connue (mines) et il agit en collectionneur privé, non dans une Église. Un point mérite cependant enquête, sans relever de la grille : la provenance des papyrus, passés selon toute vraisemblance par des marchands d’antiquités illicites ; le lieu de découverte reste incertain (Fayoum, Aphroditopolis selon Carl Schmidt, ou ailleurs).

Pourquoi cette note

Selon les critères neutres : argent transparent, indépendance totale (aucun commanditaire), publication rapide et ouverte des manuscrits, legs public. Il a servi la transmission en conservant et en rendant accessibles des témoins anciens, sans toucher au texte. Réserve : le circuit d’achat par le marché des antiquités, qui a coupé ces manuscrits de leur contexte de découverte. D’où 4/5.

Voir aussi

Sources

  • Frederic G. Kenyon, The Chester Beatty Biblical Papyri: Descriptions and Texts of Twelve Manuscripts on Papyrus of the Greek Bible, Londres, Emery Walker, 1933-1958.
  • Frederic G. Kenyon, The Story of the Bible, 1936, chap. 9 (en ligne sur bible-researcher.com).
  • A. J. Wilson, The Life and Times of Sir Alfred Chester Beatty, Londres, Cassell, 1985.
  • University of Michigan Library, « The Discovery of P46 » et « Reading the Papyri: The Letters of St. Paul ».
  • Notices « Alfred Chester Beatty » et « Chester Beatty Papyri », Wikipédia (anglais), consultées en 2026.
  • Chester Beatty Library, Dublin, présentation des papyrus bibliques.