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Philip Schaff

Né en Suisse, formé en Allemagne, Philip Schaff est devenu le plus grand historien de l'Église en Amérique au XIXe siècle.

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

Né en Suisse, formé en Allemagne, Philip Schaff est devenu le plus grand historien de l’Église en Amérique au XIXe siècle. Il a présidé le comité américain de la révision de la Bible anglaise (1871-1881), qui a collaboré avec le comité britannique de la Revised Version et donné ensuite l’American Standard Version (1901). Il est aussi l’éditeur de grandes collections de sources (Pères de l’Église, symboles de foi) qui restent utilisées partout.

Provenance et confession

Philip Schaff naît le 1er janvier 1819 à Coire, dans les Grisons (le Dictionnaire historique de la Suisse donne le 12 janvier), dans un milieu pauvre : fils illégitime de Philipp Schaff, maître menuisier, et d’Anna Louis, il perd son père enfant et est placé dans un orphelinat ; selon le même dictionnaire, sa naissance illégitime l’empêcha d’être pasteur dans les Grisons. Sa langue est l’allemand. Réformé de naissance, il est formé dans le piétisme wurtembergeois (Kornthal), au gymnase de Stuttgart, puis aux universités de Tübingen, Halle et Berlin, où l’historien August Neander le marque durablement ; il est Privatdozent à Berlin. Appelé en 1844 au séminaire de l’Église réformée allemande de Mercersburg (Pennsylvanie), il est consacré avant son départ à Elberfeld (auj. Wuppertal), en avril 1844, dans l’Église évangélique de l’Union prussienne (DHS ; fonds Schaff de l’université Columbia). Accusé d’hérésie en 1845 pour ses appréciations favorables de certains catholiques médiévaux et du mouvement d’Oxford, il est acquitté à l’unanimité par le synode de York. À partir de 1870, il enseigne à l’Union Theological Seminary de New York, de tradition presbytérienne. Appartenances documentées : l’Alliance évangélique, dont il cofonde la branche américaine, et l’American Society of Church History, qu’il fonde en 1888. Aucune loge ni cercle n’est rapporté.

Vie

  • Né en 1819 à Coire (Grisons). Études à Tübingen, Halle et Berlin (élève d’August Neander).
  • Appelé en 1844 au séminaire de l’Église réformée allemande de Mercersburg (Pennsylvanie). Avec John Williamson Nevin, il y développe la « théologie de Mercersburg », qui valorise l’Église, les sacrements et la continuité historique. Son discours The Principle of Protestantism (1845) lui vaut une accusation d’hérésie, dont il est blanchi.
  • Professeur à l’Union Theological Seminary de New York à partir de 1870.
  • Meurt à New York en 1893.

Influence sur la Bible et la doctrine

La révision (faits). Schaff organise en 1871 le comité américain, invité par la Convocation de Canterbury. Les Américains envoient leurs propositions à Londres ; celles que les Britanniques refusent sont publiées en appendice de la Revised Version (1881-1885), à condition que les Américains ne publient pas leur propre édition pendant quatorze ans. L’American Standard Version paraît en 1901. Schaff défend le texte de Brooke Foss Westcott et Fenton John Anthony Hort et publie A Companion to the Greek Testament and the English Version (1883), qui le présente au public américain.

L’œuvre d’historien (faits). History of the Christian Church (8 vol., 1858-1892) ; The Creeds of Christendom (3 vol., 1877) ; direction des Nicene and Post-Nicene Fathers (première série, 1886-1890) et de la Schaff-Herzog Encyclopedia of Religious Knowledge (1882-1884). Ces collections, aujourd’hui dans le domaine public, ont mis les sources anciennes à la portée de tous.

Sur l’Apocalypse (faits). Dans la History of the Christian Church (vol. 1, éd. révisée, § 101), Schaff reconnaît que la date traditionnelle (fin du règne de Domitien, 95-96) repose sur le témoignage d’Irénée, mais écrit que les indices internes favorisent fortement une date entre la mort de Néron (juin 68) et la destruction de Jérusalem (août 70). Sa position dans la History of the Apostolic Church (1853) reste à vérifier.

Interprétation. Schaff est un homme d’unité : il a œuvré à l’Alliance évangélique et aux rapprochements entre Églises, ce qui le rend ouvert aux révisions communes. Son rôle décisif dans l’adoption du texte de Westcott et Hort en Amérique est salué par les partisans du texte critique et regretté par ceux du texte majoritaire ; ce débat est décrit sans être tranché. Son travail d’historien et d’éditeur de sources est un service reconnu par tous.

Financement et réseaux

  • Documenté : le comité américain est financé par des souscriptions privées de protestants américains (les membres travaillent bénévolement) ; réseau de l’Alliance évangélique et de l’Union Theological Seminary.
  • Allégué : rien de précis et sourcé.
  • Non démontré : aucun financement occulte.

Signaux d’alerte

  • 8. Double allégeance (allégué par ses adversaires de 1845, dont le pasteur Joseph F. Berg, qui l’accusaient de « romaniser » l’Église réformée) : l’accusation a été examinée publiquement et rejetée à l’unanimité par le synode de York (1845). Ses positions œcuméniques sont publiques, non cachées.

Aucun signal documenté. Le financement du comité américain par des souscriptions privées est connu ; rien ne justifie une enquête plus poussée sur l’homme.

Pourquoi cette note

★★★☆☆ selon les critères neutres du barème. D’un côté, une œuvre historique et des éditions de sources (Pères, symboles de foi) qui servent encore, avec une transparence et une indépendance sans réserve documentée. De l’autre, la présidence d’un comité qui a adopté le texte de Westcott et Hort dans le cadre d’une révision au mandat limité, choix dont la portée reste discutée. Apport réel et mêlé. La note ne dépend ni de sa confession ni de l’école textuelle.

Voir aussi

Sources

  • Philip Schaff, A Companion to the Greek Testament and the English Version, New York, 1883.
  • Philip Schaff, History of the Christian Church, 8 vol., New York, 1858-1892.
  • David S. Schaff, The Life of Philip Schaff, New York, 1897.
  • George H. Shriver, Philip Schaff: Christian Scholar and Ecumenical Prophet, Mercer University Press, 1987.
  • Wikipédia (anglais), « Philip Schaff » (orphelinat, études, procès de 1845, Alliance évangélique, American Society of Church History).
  • Thomas K. Kuhn, « Schaff, Philip », Dictionnaire historique de la Suisse (naissance illégitime, consécration à Elberfeld en 1844).