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Texte de Westcott et Hort

En 1881, deux professeurs de Cambridge, Brooke Foss Westcott et Fenton John Anthony Hort, publient The New Testament in the Original Greek, fruit de vingt-huit ans de travail.

Critère de la note : fiabilité comme base de traduction, c’est-à-dire largeur de la base manuscrite, solidité de la théorie qui fonde les choix, indépendance de l’édition à l’égard des préférences de ses auteurs.

En bref

En 1881, deux professeurs de Cambridge, Brooke Foss Westcott et Fenton John Anthony Hort, publient The New Testament in the Original Greek, fruit de vingt-huit ans de travail. Leur texte rompt avec le Textus Receptus en suivant presque partout deux manuscrits du IVe siècle, le Codex Vaticanus et le Codex Sinaiticus. Il sert de base à la Revised Version anglaise et, par Eberhard Nestle, au texte grec de presque toutes les Bibles modernes.

Histoire

Faits documentés.

  • Westcott et Hort commencent leur travail en 1853. Le texte paraît en mai 1881, quelques jours avant le Nouveau Testament de la Revised Version ; le second volume (introduction et appendice, rédigés par Hort) suit la même année.
  • Membres du comité de révision anglais (1870-1881), ils lui communiquent leur texte en épreuves, sous le sceau de la confidentialité. La Revised Version adopte un grand nombre de leurs leçons.
  • La théorie de Hort classe les manuscrits en quatre familles : « neutre » (B et Aleph), « alexandrine », « occidentale » et « syrienne » (byzantine). Selon lui, le texte syrien est une recension tardive, faite au IVe siècle à Antioche, peut-être par Lucien d’Antioche, et marquée par des « conflations » (fusions de deux leçons plus anciennes). Il conclut que le texte syrien, donc la majorité des manuscrits, n’a presque aucune valeur pour retrouver l’original.
  • Dans sa correspondance de jeunesse (1851), Hort qualifie le Textus Receptus de « villainous » et de « vile » (Life and Letters, 1896). Ces mots sont réels, mais ils sont écrits avant ses recherches.
  • John William Burgon répond dans The Revision Revised (1883), Frederick Henry Ambrose Scrivener dans ses Plain Introduction successives.

Fiabilité : arguments

Pour (défenseurs).

  • Les manuscrits les plus anciens méritent un grand poids, et Hort a mis en évidence des critères qui restent utiles (préférer la leçon qui explique les autres).
  • La découverte du papyrus P75 (vers 200), très proche du Vaticanus, a montré que le type de texte choisi par Hort était ancien.

Contre (critiques).

  • La recension syrienne n’a laissé aucune trace historique : aucun Père de l’Église n’en parle. Les critiques modernes eux-mêmes ont abandonné l’idée d’un texte « neutre » et la plupart des points de la reconstruction de Hort.
  • Hort ne donne que huit exemples de « conflation » pour condamner des milliers de manuscrits.
  • Harry Sturz et d’autres ont montré que des leçons byzantines existent dans des papyrus antérieurs à la date de la prétendue recension.
  • Le texte s’appuie sur deux manuscrits qui, selon Hoskier, divergent entre eux plus de 3 000 fois dans les seuls Évangiles (voir Codex Sinaiticus).
  • Les positions théologiques des deux éditeurs (Hort, sceptique sur l’inerrance et proche des idées de Darwin dans ses lettres ; leur intérêt pour la « Société des fantômes » de Cambridge) sont souvent invoquées par leurs adversaires. Elles sont documentées dans leurs biographies, mais n’établissent pas à elles seules que le texte a été choisi pour des raisons doctrinales.

Passages témoins

PassageTraitement
Mt 24:34« cette génération »
Ap 1:1 et 22:10« bientôt », « le temps est proche »
1 Jn 5:7-8Comma absente
Mc 16:9-20entre doubles crochets, avec la finale courte
Jn 7:53-8:11retiré du texte et placé entre doubles crochets à la fin de l’Évangile
1 Tm 3:16« celui qui a été manifesté » (hos)
Ap 22:19« arbre de vie »
Ac 8:37absent

Financement

  • Documenté : publication par Macmillan (Cambridge et Londres) ; travail fait par deux professeurs de Cambridge sur leurs charges universitaires et ecclésiastiques.
  • Allégué : des auteurs « King James seule » parlent d’une influence jésuite ou occultiste derrière l’édition. Aucune preuve directe n’est fournie.
  • Non démontré : un financement extérieur particulier.

Pourquoi cette note

Trois étoiles. Qualités : œuvre savante et soignée, méthode exposée en détail dans le volume d’introduction, choix signalés au lecteur (doubles crochets, appendice de notes) au lieu d’être cachés. Réserves : sa théorie centrale (la recension syrienne) n’a pas été démontrée et a été abandonnée, y compris par les critiques textuels modernes ; la base est étroite (le Vaticanus surtout) ; la majorité des manuscrits a été écartée sur la foi de cette théorie. Les deux lectures : pour les partisans du texte critique, Westcott et Hort ont eu raison sur l’ancienneté du type de texte qu’ils ont choisi (confirmée par P75) ; pour les défenseurs du texte traditionnel, leur édition a retiré ou mis en doute des passages que l’Église lisait. La note ne tranche pas ce débat. Changement : la note de départ (2/5) qualifiait ce texte de « fortement réduit » en prenant pour mesure le texte reçu ; ce critère n’est plus retenu.

Voir aussi

Sources

  • B. F. Westcott et F. J. A. Hort, The New Testament in the Original Greek, 2 vol., Cambridge et Londres, Macmillan, 1881.
  • Arthur Fenton Hort, Life and Letters of Fenton John Anthony Hort, 2 vol., Londres, Macmillan, 1896.
  • John William Burgon, The Revision Revised, Londres, John Murray, 1883.
  • Herman C. Hoskier, Codex B and Its Allies, 2 vol., Londres, Quaritch, 1914.
  • Bruce M. Metzger et Bart D. Ehrman, The Text of the New Testament, 4e éd., 2005.