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Frederick Henry Ambrose Scrivener

Pasteur anglican de campagne et l'un des meilleurs connaisseurs des manuscrits grecs de son temps, Scrivener a siégé au comité de révision du Nouveau Testament (1870-1880), où il a défendu le texte traditionnel contre Brooke Foss Westcott et Fenton John Anthony Hort.

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

Pasteur anglican de campagne et l’un des meilleurs connaisseurs des manuscrits grecs de son temps, Scrivener a siégé au comité de révision du Nouveau Testament (1870-1880), où il a défendu le texte traditionnel contre Brooke Foss Westcott et Fenton John Anthony Hort. On lui doit l’édition du Textus Receptus de Scrivener (1881, révisée 1894), qui reconstitue le texte grec suivi par les traducteurs de la King James 1611 ; c’est encore l’édition la plus utilisée de ce texte.

Provenance et confession

Frederick Henry Ambrose Scrivener naît le 29 septembre 1813 à Bermondsey, quartier de la rive sud de Londres ; fils d’Ambrose Scrivener, papetier. Il fait ses études à Southwark (St Olave’s School, 1820-1831), puis à Trinity College, Cambridge, dont il sort diplômé en 1835. Anglican de naissance, il est ordonné dans l’Église d’Angleterre (date exacte à vérifier ; il est vicaire de Sandford Orcas, dans le Somerset, de 1838 à 1845) et mène une carrière modeste de maître d’école et de pasteur : directeur de l’école de Falmouth (1846-1856), recteur de St Gerrans en Cornouailles (1862), prébendier d’Exeter (1874), vicaire de Hendon (1876). Sa réputation vient de ses collations de manuscrits, non de ses charges. Il reste anglican toute sa vie, sans conversion ni rupture. Aucune appartenance à une société, un cercle ou une loge n’est rapportée ; sa seule fonction collective notable est le comité de révision du Nouveau Testament (1870-1880).

Vie

  • Né en 1813 à Bermondsey (Londres). Études à Trinity College, Cambridge.
  • Vicaire de Sandford Orcas (1838-1845), directeur de l’école de Falmouth (1846-1856), recteur de St Gerrans (Cornouailles) à partir de 1862 ; vicaire de Hendon (Middlesex) à partir de 1876.
  • Collationne lui-même de nombreux manuscrits (dont ceux de Lambeth et de Cambridge) ; publie une collation du Codex Sinaiticus et une édition du Codex de Bèze (1864).
  • Pension de la liste civile de 100 livres (3 janvier 1872). Meurt à Hendon le 30 octobre 1891.

Influence sur la Bible et la doctrine

L’Introduction (faits). A Plain Introduction to the Criticism of the New Testament (1861 ; 4e éd. posthume, revue par Edward Miller, 1894) est le grand manuel anglais de son époque : catalogue des manuscrits, des versions, des Pères, et exposé des méthodes. Scrivener y critique le système de Hort, notamment l’idée d’une recension « syrienne » sans trace historique.

Le comité de révision (faits). Scrivener est membre du comité du Nouveau Testament de la Revised Version. Selon les comptes rendus des débats (et selon Burgon), les votes opposent souvent Scrivener, défenseur des leçons traditionnelles, à Hort, partisan des grands onciaux ; la majorité suit généralement Hort. Scrivener reste pourtant dans le comité jusqu’au bout et ne se joint pas aux attaques violentes de John William Burgon.

Les éditions du texte de la King James (faits). Scrivener prépare la Cambridge Paragraph Bible (1873), édition corrigée de la King James, puis The New Testament in the Original Greek according to the Text followed in the Authorised Version (Cambridge, 1881 ; 1894). Il y reconstruit, verset par verset, le grec que les traducteurs de 1611 ont suivi, à partir de Bèze, d’Estienne et d’autres éditions, et note en bas de page les changements de la révision. C’est ce texte que la plupart des éditeurs du Textus Receptus reprennent aujourd’hui (Trinitarian Bible Society). Il publie aussi The Authorized Edition of the English Bible (1611) (1884).

Interprétation. Scrivener est un modéré : il admet que le texte reçu peut être corrigé en certains points, mais il refuse la méthode qui le remplace par deux manuscrits. C’est un témoin crédible, parce qu’il était un spécialiste des manuscrits reconnu même par ses adversaires.

Financement et réseaux

  • Documenté : Église d’Angleterre ; la révision est commandée par la Convocation de Canterbury ; ses éditions sont publiées par les presses de Cambridge.
  • Allégué : rien de notable.
  • Non démontré : aucun commanditaire extérieur.

Signaux d’alerte

Aucun signal documenté. Carrière ecclésiastique modeste, pension de la liste civile accordée publiquement (1872) pour ses travaux, éditions publiées par les presses universitaires : rien ne justifie une enquête plus poussée.

Pourquoi cette note

★★★★☆ selon les critères neutres du barème : apport solide et durable (collations, manuel, édition du texte de la King James), exactitude reconnue même par ses adversaires, indépendance et transparence sans réserve. Réserves : sa reconstruction du grec de 1611 est un texte composite, établi après coup à partir de plusieurs éditions imprimées, ce qu’il expose dans sa préface ; et son attitude conciliante au comité de révision, dont il désapprouvait une grande partie des choix textuels, a peut-être limité sa résistance (interprétation). La note ne dépend pas de l’école textuelle qu’il défend.

Voir aussi

Sources

  • F. H. A. Scrivener, A Plain Introduction to the Criticism of the New Testament, Cambridge, 1861 ; 4e éd., 1894.
  • F. H. A. Scrivener, The New Testament in the Original Greek according to the Text followed in the Authorised Version, Cambridge, 1881, 1894.
  • F. H. A. Scrivener, The Authorized Edition of the English Bible (1611), Cambridge, 1884.
  • J. W. Burgon, The Revision Revised, 1883.
  • Wikipédia (anglais), « F. H. A. Scrivener » (naissance, études, cures, pension de 1872).
  • Dictionary of National Biography, art. « Scrivener, Frederick Henry Ambrose » (1897) : père papetier, St Olave’s, Sandford Orcas, Falmouth, St Gerrans (1862), Exeter (1874), Hendon (1876), pension de 1872.