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Thomas Cranmer

Archevêque de Canterbury sous Henri VIII et Édouard VI, Cranmer a fait entrer la Bible anglaise dans toutes les églises (Grande Bible, préface de 1540, d'où le nom de « Bible de Cranmer ») et a rédigé le Book of Common Prayer.

En bref

Archevêque de Canterbury sous Henri VIII et Édouard VI, Cranmer a fait entrer la Bible anglaise dans toutes les églises (Grande Bible, préface de 1540, d’où le nom de « Bible de Cranmer ») et a rédigé le Book of Common Prayer. Homme de compromis, il a servi les volontés matrimoniales d’Henri VIII et participé à la répression d’hérétiques, puis il est mort sur le bûcher sous Marie Tudor après s’être rétracté et avoir renié sa rétractation.

Provenance et confession

Cranmer naît le 2 juillet 1489 à Aslockton, dans une famille de petite noblesse terrienne du Nottinghamshire. Il étudie à Jesus College, Cambridge, dont il devient fellow ; un premier mariage (vers 1515), alors qu’il est encore laïc, lui fait perdre son poste, qu’il retrouve à la mort de sa femme. Il est ordonné prêtre vers 1520 et devient docteur en théologie en 1526. Né catholique, il évolue vers la Réforme : en 1532, en mission à Nuremberg, il épouse en secret Margarete, nièce (par alliance) du réformateur Andreas Osiander, alors que le célibat des prêtres reste la loi en Angleterre. Il passe ensuite d’une théologie proche de Luther à une doctrine réformée de la Cène. Il ne relève d’aucun ordre religieux. Aucune appartenance à une société ou un cercle n’est documentée.

Vie

  • Né le 2 juillet 1489 à Aslockton (Nottinghamshire). Fellow de Jesus College, Cambridge ; docteur en théologie (1526).
  • 1529 : il suggère de consulter les universités sur l’annulation du mariage d’Henri VIII et de Catherine d’Aragon ; entre au service du roi. Ambassade auprès de Charles Quint (1532), où il épouse secrètement Margarete, nièce du réformateur Andreas Osiander.
  • 1533 : archevêque de Canterbury ; il déclare nul le mariage avec Catherine et valide celui avec Anne Boleyn. Il annule ensuite aussi ce mariage (1536), puis celui avec Anne de Clèves (1540).
  • 1540 : préface de la deuxième édition de la Grande Bible.
  • Sous Édouard VI (1547-1553) : Homélies (1547), Book of Common Prayer (1549, révisé 1552), Quarante-deux articles (1553).
  • Il signe le testament qui écarte Marie au profit de Jane Grey. Arrêté sous Marie (1553), jugé à Oxford, il signe plusieurs rétractations, puis, le jour de son exécution, 21 mars 1556, les renie publiquement et tend d’abord dans les flammes la main droite qui les avait signées (récit de Foxe et de témoins catholiques).

Influence sur la Bible et la doctrine

Faits documentés.

  • Avec Cromwell, il obtient d’Henri VIII la licence de la Bible de Matthew (1537) de John Rogers, fondée sur Tyndale, alors que Tyndale venait d’être exécuté.
  • Il écrit le prologue de la Grande Bible de 1540, qui exhorte chacun, laïcs et clercs, à lire l’Écriture, tout en mettant en garde contre les disputes. Les injonctions royales imposent une Bible anglaise dans chaque paroisse.
  • Le Book of Common Prayer fait lire en anglais presque tout le Psautier chaque mois et une grande partie de la Bible chaque année par un lectionnaire continu.
  • Il a examiné et condamné des hétérodoxes : John Frith, brûlé en 1533 pour sa doctrine de l’eucharistie (que Cranmer adopta lui-même plus tard), et Joan Bocher, anabaptiste, brûlée en 1550 sous Édouard VI.
  • L’Acte des six articles (1539), qui réaffirmait la transsubstantiation sous peine de mort, l’obligea à renvoyer sa femme ; il ne s’y opposa qu’en privé.

Interprétation. Cranmer a réellement servi la diffusion de la Bible : il a mis le texte de Tyndale, sous un autre nom, dans toutes les églises d’Angleterre. Mais sa carrière est faite de soumission à un roi qui changeait d’épouse et de doctrine, et il a envoyé au bûcher des croyants pour des doctrines qu’il partagea ensuite. Sa fin, avec le reniement de la rétractation, le rachète en partie aux yeux de beaucoup.

Financement et réseaux

  • Documenté : ses revenus étaient ceux de l’archevêché ; aucun financement de traduction par lui n’est attesté. La Grande Bible a été payée par les imprimeurs Grafton et Whitchurch, avec l’appui de Cromwell.
  • Allégué : rien de sérieux.
  • Non démontré : rien.

Signaux d’alerte

  • 1. Passé caché ou mensonger (documenté) : son mariage de 1532 est resté secret pendant des années ; après l’Acte des six articles (1539), qui punissait les prêtres mariés, il renvoie sa femme en Allemagne et ne reconnaît ce mariage publiquement que sous Édouard VI (MacCulloch).
  • 7. Pouvoir politique servi (documenté) : il prononce les annulations voulues par Henri VIII (Catherine d’Aragon, Anne Boleyn, Anne de Clèves) et sert la suprématie royale sur l’Église.

Conclusion : deux signaux documentés, mais ni l’un ni l’autre ne touche le texte biblique : Cranmer a protégé et diffusé la traduction de Tyndale. Le point qui mérite d’être pesé est moral et politique (soumission au roi, condamnations d’hétérodoxes), non une infiltration.

Pourquoi cette note

Trois étoiles : apport réel (Bible dans chaque église, liturgie nourrie d’Écriture, protection du texte de Tyndale), mais compromis graves avec le pouvoir royal, participation à des condamnations à mort pour hérésie et rétractations répétées avant sa fin courageuse.

Voir aussi

Sources

  • Diarmaid MacCulloch, Thomas Cranmer: A Life, New Haven, Yale, 1996.
  • John Foxe, Actes and Monuments (1563).
  • Cranmer, prologue de la Grande Bible (1540), dans Miscellaneous Writings and Letters, Parker Society, 1846.