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Miles Coverdale

Coverdale a publié en 1535 la première Bible complète imprimée en anglais (Bible de Coverdale), puis dirigé la Grande Bible (1539), première Bible anglaise « autorisée » lue dans les églises.

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

Coverdale a publié en 1535 la première Bible complète imprimée en anglais (Bible de Coverdale), puis dirigé la Grande Bible (1539), première Bible anglaise « autorisée » lue dans les églises. Il ne connaissait pas bien l’hébreu ni le grec : il a traduit à partir du latin et de l’allemand, en s’appuyant sur William Tyndale. Son Psautier, d’une grande beauté, est resté dans le Book of Common Prayer jusqu’à aujourd’hui.

Provenance et confession

Coverdale naît vers 1488 dans le Yorkshire (le nom évoque la vallée de Coverdale, dans le Nord Yorkshire) ; on ne sait rien de sa famille. Il est ordonné prêtre à Norwich en 1514, puis entre chez les ermites de saint Augustin à Cambridge, sous le prieur Robert Barnes. Il obtient un baccalauréat en droit canon à Cambridge (1531) et, pendant son deuxième exil, un doctorat en théologie à Tübingen (vers 1541-1542). Il connaît le latin et l’allemand, mais peu le grec et l’hébreu. Né catholique, il quitte l’ordre vers 1528 et passe aux idées de la Réforme ; il sert comme pasteur luthérien à Bergzabern (1543-1547), devient évêque anglican d’Exeter sous Édouard VI, s’exile à Genève sous Marie et finit dans la mouvance puritaine sous Élisabeth. Aucune appartenance à une société ou un cercle n’est documentée.

Vie

  • Né vers 1488 dans le Yorkshire. Prêtre (1514), ermite augustin à Cambridge, sous le prieur Robert Barnes, futur martyr luthérien.
  • Il quitte l’ordre vers 1528, prêche contre les images et la confession, s’exile sur le continent. Il aurait aidé Tyndale à Hambourg pour le Pentateuque (1529) : le fait n’est rapporté que par Foxe, sans autre source.
  • 4 octobre 1535 : achèvement de sa Bible, imprimée sur le continent, probablement à Anvers chez Merten de Keyser (l’imprimeur est discuté ; on a longtemps pensé à Cologne ou Marburg).
  • 1538-1539 : à Paris puis Londres, il dirige l’impression de la Grande Bible pour Thomas Cromwell. L’Inquisition française saisit une partie des feuilles à Paris (décembre 1538) ; l’impression s’achève à Londres en avril 1539.
  • Après la chute de Cromwell (1540), nouvel exil (Strasbourg, Bergzabern). Sous Édouard VI : évêque d’Exeter (1551). Emprisonné sous Marie Tudor (1553), libéré à la demande du roi de Danemark, il s’exile à Genève, où il est associé au travail de la Bible de Genève anglaise (1560).
  • Revenu en Angleterre sous Élisabeth, il prêche dans un esprit puritain, sans reprendre d’évêché. Il meurt en janvier 1569.

Influence sur la Bible et la doctrine

Faits documentés. Sa page de titre de 1535 dit la Bible « fidèlement traduite de l’allemand et du latin » (« out of Douche and Latyn »). Dans son prologue, il dit avoir utilisé cinq « interprètes » : on y reconnaît en général la Vulgate, la version latine de Sanctes Pagnino (1528), la Bible de Luther, la Bible de Zurich (Zwingli et Léo Jud) et Tyndale. Pour le Nouveau Testament et le Pentateuque, il suit Tyndale de près. Il dédie la Bible à Henri VIII, et il place les apocryphes dans une section à part, avant le Nouveau Testament.

Le Psautier de la Grande Bible, de sa plume, est devenu celui du Book of Common Prayer (1549, 1662). Il a aussi publié des cantiques (Goostly Psalmes, vers 1535), inspirés des chorals luthériens.

Interprétation. Coverdale était un styliste et un compilateur, pas un philologue. Il a donné à l’Angleterre une Bible complète au moment où Tyndale était en prison, et a su la faire accepter du pouvoir. Le prix de cette acceptation a été un travail à partir de traductions et non des originaux, et une dépendance envers Cromwell et le roi. Sa vie montre pourtant la constance : trois exils et une prison pour sa foi.

Financement et réseaux

  • Documenté : la Grande Bible a été commandée et soutenue par Thomas Cromwell, vicaire général du roi, et financée par les imprimeurs-marchands Richard Grafton et Edward Whitchurch (Cromwell aurait avancé une partie des fonds, ce que suggère sa correspondance avec Grafton, à vérifier). Les injonctions royales de 1538 obligent chaque paroisse à acheter une Bible anglaise, ce qui garantit le marché.
  • Allégué : la Bible de 1535 aurait été financée par le marchand anversois Jacob van Meteren, selon un témoignage tardif (1609) de son fils, l’historien Emanuel van Meteren. Les historiens le jugent plausible mais non prouvé.
  • Non démontré : aucune preuve que Cromwell ait financé la Bible de 1535 elle-même.

Signaux d’alerte

  • 7. Pouvoir politique servi (documenté) : la Bible de 1535 est dédiée à Henri VIII en termes flatteurs, et la Grande Bible est l’outil de la politique religieuse de Cromwell ; sa page de titre montre le roi distribuant la Parole, image de la suprématie royale.

Conclusion : ce signal tient à l’époque : une Bible anglaise ne pouvait circuler qu’avec l’aval du roi. Coverdale a perdu sa place et s’est exilé trois fois quand le pouvoir a changé, ce qui montre qu’il n’était pas un homme de cour. Rien de suspect.

Pourquoi cette note

Quatre étoiles : première Bible anglaise complète imprimée, Grande Bible dans toutes les églises, Psautier durable, fidélité au prix de l’exil. Pas cinq : il ne traduisait pas des originaux et a travaillé sous patronage politique.

Voir aussi

Sources

  • J. F. Mozley, Coverdale and His Bibles, Londres, Lutterworth, 1953.
  • David Daniell, The Bible in English, Yale, 2003.
  • Guido Latré, « The 1535 Coverdale Bible and its Antwerp Origins », dans O. O’Sullivan (éd.), The Bible as Book: The Reformation, Londres, 2000.
  • A. S. Herbert, Historical Catalogue of Printed Editions of the English Bible 1525-1961, Londres, 1968.
  • David Daniell, notice « Coverdale, Miles », Oxford Dictionary of National Biography, 2004.