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William Tyndale

Tyndale a traduit le premier Nouveau Testament anglais à partir du grec (1526), puis le Pentateuque et d'autres livres à partir de l'hébreu. Il a travaillé en exil, traqué, et ses livres étaient brûlés à Londres.

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

Tyndale a traduit le premier Nouveau Testament anglais à partir du grec (1526), puis le Pentateuque et d’autres livres à partir de l’hébreu. Il a travaillé en exil, traqué, et ses livres étaient brûlés à Londres. Trahi à Anvers, il est étranglé et brûlé à Vilvorde en 1536. Son anglais forme la plus grande partie du Nouveau Testament de la King James 1611. Il est l’exemple même du barème : un homme qui a servi fidèlement la Parole au prix de sa vie.

Provenance et confession

Tyndale naît vers 1494 dans le Gloucestershire, sans doute près de Dursley, dans une famille aisée de la région, liée au commerce de la laine ; un de ses frères, Edward, était receveur de terres de la Couronne. Il utilise parfois le nom de « Hychyns » (Hutchins), porté par la famille. Sa langue est l’anglais, dont il est devenu l’un des grands formateurs ; il lisait aussi le latin, le grec, l’hébreu et l’allemand. Il étudie à Oxford (Magdalen Hall, maîtrise en 1515) et peut-être ensuite à Cambridge. Il est ordonné prêtre vers 1515. Né catholique, il adopte les idées de la Réforme ; un « Guillelmus Daltici » inscrit à Wittenberg en 1524 est souvent identifié à lui, sans certitude. Il ne rejoint aucun ordre et ne fonde aucun groupe.

Vie

  • Né vers 1494 dans le Gloucestershire. Études à Oxford (Magdalen Hall, maîtrise en 1515), puis peut-être à Cambridge.
  • Précepteur chez sir John Walsh à Little Sodbury (vers 1521-1522). Selon le martyrologe de John Foxe, il dit à un clerc qu’il ferait en sorte qu’un garçon de charrue connaisse l’Écriture mieux que lui (écho de la Paraclesis d’Érasme).
  • 1523 : il demande à l’évêque de Londres, Cuthbert Tunstall, de patronner une traduction ; refus. Il est hébergé six mois par le marchand Humphrey Monmouth.
  • 1524 : départ pour l’Allemagne (Hambourg, peut-être Wittenberg). 1525 : l’impression commence à Cologne chez Peter Quentell ; dénoncée par Johannes Cochlaeus, elle est interrompue (il en reste un fragment, l’« in-quarto de Cologne »).
  • 1526 : à Worms, Peter Schöffer imprime le Nouveau Testament complet en in-octavo (environ 3 000 exemplaires selon les estimations ; trois exemplaires subsistent, dont un complet, à la British Library). Les exemplaires passent en contrebande ; Tunstall les fait brûler à Saint-Paul (octobre 1526) et achète des stocks pour les détruire.
  • Anvers : The Obedience of a Christian Man (1528), Pentateuque (1530, adresse fictive « Marburg, Hans Luft »), Jonas (1531), polémique avec Thomas More, Nouveau Testament révisé (1534).
  • Mai 1535 : trahi par Henry Phillips, arrêté à Anvers, emprisonné au château de Vilvorde. Condamné pour hérésie, il est étranglé puis brûlé, traditionnellement le 6 octobre 1536. Selon Foxe, ses derniers mots furent : « Seigneur, ouvre les yeux du roi d’Angleterre. »

Influence sur la Bible et la doctrine

Faits documentés.

  • Texte source du Nouveau Testament : le grec d’Érasme (3e édition, 1522, probablement aussi celle de 1527 pour la révision), avec l’aide de la traduction latine d’Érasme, de la Vulgate et de l’allemand de Martin Luther. L’Ancien Testament est traduit de l’hébreu, langue que Tyndale avait apprise en Allemagne, l’un des premiers Anglais à le faire.
  • Choix de vocabulaire qui attaquaient l’institution : ekklesia = « congregation » (non « church »), presbyteros = « senior » puis « elder » (non « priest »), agape = « love » (non « charity »), metanoeo = « repent » (non « do penance »). Thomas More l’accusa d’hérésie pour ces choix (Dialogue Concerning Heresies, 1529) ; Tyndale répondit en 1531.
  • Les premières éditions portent des notes et des préfaces inspirées de Luther (prologue à Romains).
  • Il a laissé en manuscrit les livres historiques (Josué à 2 Chroniques), que John Rogers a publiés en 1537 dans la Bible de Matthew.
  • Mt 24:34 : « this generation shall not pass ». Il a forgé des mots et des tournures restées dans l’anglais : « Passover », « scapegoat », « mercy seat », « let there be light », « the powers that be ».
  • Une étude statistique (Jon Nielson et Royal Skousen, Reformation, 1998) estime qu’environ 83 % du Nouveau Testament de la King James et 76 % des livres de l’Ancien Testament qu’il a traduits reprennent son texte.

Interprétation. Tyndale traduisait des originaux, en langue simple, pour que chacun puisse lire seul. Son vocabulaire suivait le sens premier du grec tel qu’il le comprenait (assemblée, ancien) ; ses adversaires, Thomas More en tête, y voyaient une attaque contre l’Église et le sacerdoce. Le débat porte sur la traduction, et chacun peut le vérifier sur le grec. Le revers est qu’il dépendait du grec d’Érasme, avec ses limites (voir la fiche Érasme sur la Comma et Ap 22). Sa position sur la Comma dans ses éditions (texte normal, caractères distincts ou crochets) est à vérifier sur les exemplaires.

Financement et réseaux

  • Documenté : Humphrey Monmouth, drapier et échevin de Londres, l’hébergea et lui versa de l’argent ; il le reconnut lui-même dans sa défense écrite de 1528, après son arrestation pour hérésie. Les marchands anglais d’Anvers (l’English House, Thomas Poyntz) l’hébergèrent. Les livres circulaient par les réseaux marchands vers Londres.
  • Allégué : on a dit que des marchands luthériens de la Hanse (Steelyard de Londres) finançaient l’opération ; c’est plausible pour la distribution, mal documenté pour le financement direct.
  • Non démontré : aucun commanditaire princier, ni anglais ni allemand ; Henri VIII et Wolsey cherchaient au contraire à le faire arrêter.

Signaux d’alerte

Aucun signal documenté. Ses soutiens sont des marchands connus, qui l’ont reconnu eux-mêmes (Monmouth, 1528), et le pouvoir royal le poursuivait au lieu de le servir. Les fausses adresses d’imprimeur (« Marburg, Hans Luft ») protégeaient l’impression et ne cachaient pas son identité de traducteur. Rien de suspect.

Pourquoi cette note

Cinq étoiles : traduction des langues originales, langue claire et fidèle, indépendance totale, vie donnée pour la Parole, fruit immense dans tout le monde anglophone. Réserves mineures : texte grec d’Érasme, notes inspirées de Luther.

Voir aussi

Sources

  • David Daniell, William Tyndale: A Biography, New Haven, Yale, 1994.
  • John Foxe, Actes and Monuments (1563 et éditions suivantes).
  • Brian Moynahan, If God Spare My Life: William Tyndale, the English Bible and Sir Thomas More, Londres, 2002.
  • Jon Nielson et Royal Skousen, « How Much of the King James Bible Is William Tyndale’s? », Reformation 3 (1998).
  • David Daniell, The Bible in English, Yale, 2003.
  • John Foxe, sur les noms « Tyndale alias Hychyns », et Daniell, William Tyndale, chap. 1 (origines familiales).