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Unicité pentecôtiste

L'unicité pentecôtiste (en anglais Oneness Pentecostalism, aussi « mouvement du Nom de Jésus » ou « apostolique ») est un courant né dans le pentecôtisme américain entre 1913 et 1916.

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

L’unicité pentecôtiste (en anglais Oneness Pentecostalism, aussi « mouvement du Nom de Jésus » ou « apostolique ») est un courant né dans le pentecôtisme américain entre 1913 et 1916. Elle enseigne que Dieu est une seule personne, que Jésus est le nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et que le baptême doit être donné « au nom de Jésus-Christ » (Ac 2:38) et non selon la formule trinitaire. Elle refuse la Trinité tout en affirmant la pleine divinité de Jésus. Ses critiques la rattachent au Modalisme ancien ; ses partisans récusent ce rapprochement. Elle compte aujourd’hui plusieurs millions de fidèles (Église pentecôtiste unie internationale, Assemblées pentecôtistes du monde, et de nombreuses Églises d’Amérique latine et d’Asie ; chiffres à vérifier).

Origine et généalogie

Première attestation documentée. Au camp de réveil mondial d’Arroyo Seco (près de Los Angeles et Pasadena, avril 1913), lors d’un baptême, le prédicateur canadien R. E. McAlister fait remarquer que les apôtres baptisaient « au nom du Seigneur Jésus-Christ » et non selon la formule de Mt 28:19. Un participant, John G. Scheppe, dit avoir reçu dans la nuit une révélation sur le nom de Jésus. Les sources sont surtout les récits postérieurs des acteurs (Ewart, The Phenomenon of Pentecost, 1947) et les études d’historiens pentecôtistes.

Formulation. Frank J. Ewart, pasteur à Los Angeles, développe dans l’année qui suit l’idée que Jésus est le nom unique de Dieu. Le 15 avril 1914 (date donnée par la tradition du mouvement, à vérifier), Ewart prêche publiquement le baptême au nom de Jésus ; lui et Glenn A. Cook se rebaptisent l’un l’autre, sous une tente à Belvedere (est de Los Angeles). Ewart diffuse la doctrine dans son journal Meat in Due Season. Cook la porte dans le Midwest, où Garfield T. Haywood, pasteur afro-américain d’Indianapolis, est rebaptisé avec des centaines de fidèles (1915).

Précurseurs revendiqués. Le mouvement se réclame de la pratique apostolique (Ac 2:38 ; 8:16 ; 10:48 ; 19:5) et voit dans l’histoire une ligne de témoins du baptême au nom de Jésus ; certains auteurs unicitaires citent des formes anciennes de monarchianisme. Contesté : les historiens du pentecôtisme (Edith Blumhofer, David Reed) placent sa source immédiate dans la piété du « nom de Jésus » du milieu évangélique et pentecôtiste de la fin du XIXe siècle (William Durham, A. B. Simpson), non dans une transmission historique.

Diffusion.

  • 1915 : la doctrine gagne une partie des ministres des jeunes Assemblées de Dieu (fondées à Hot Springs, Arkansas, en avril 1914) ; E. N. Bell lui-même se fait rebaptiser, puis revient au trinitarisme.
  • Octobre 1916 : le quatrième concile général des Assemblées de Dieu, à Saint-Louis, adopte une Statement of Fundamental Truths nettement trinitaire (rédigée surtout par D. W. Kerr). Environ un quart des ministres se retire (le chiffre de 156 sur 585 est souvent cité, à vérifier).
  • 1917-1918 : General Assembly of the Apostolic Assemblies, puis fusion avec les Pentecostal Assemblies of the World (PAW), sous la conduite de Haywood, organisation interraciale.
  • 1945 : fusion de deux groupes blancs en l’United Pentecostal Church International (UPCI).
  • Hors des États-Unis : Iglesia Apostólica de la Fe en Cristo Jesús (Mexique) ; Église du vrai Jésus (Chine, 1917, d’origine indépendante) ; Églises apostoliques en Colombie, en Indonésie, en Éthiopie.
  • Théologie systématique : David K. Bernard, The Oneness of God (1983).

Chronologie.

  • avril 1913 : camp d’Arroyo Seco, remarque de McAlister.
  • 15 avril 1914 (à vérifier) : sermon et rebaptêmes de Ewart et Cook.
  • 1915 : rebaptême de Haywood ; débat aux Assemblées de Dieu.
  • octobre 1916 : concile de Saint-Louis, rupture.
  • 1918 : PAW réorganisées.
  • 1945 : UPCI.

Ce que dit la doctrine

  • Dieu est absolument un, une seule personne, sans distinction de personnes.
  • Père, Fils et Esprit sont des titres ou des manifestations du Dieu unique ; « Fils » désigne l’humanité de Jésus, « Père » la divinité qui habite en lui.
  • Le nom de ce Dieu révélé dans la nouvelle alliance est Jésus.
  • Le baptême d’eau doit être administré « au nom de Jésus-Christ » ; la plupart des Églises unicitaires tiennent aussi que la nouvelle naissance comprend la repentance, ce baptême et le don du Saint-Esprit avec le parler en langues (Ac 2:38).

Arguments de ses partisans

  • Ac 2:38 : « que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ » (Segond 1910) ; tous les baptêmes des Actes sont au nom de Jésus (8:16 ; 10:48 ; 19:5).
  • Mt 28:19 : « au nom (singulier) du Père, du Fils et du Saint-Esprit » ; ce nom unique serait Jésus, comme le montrerait la pratique des apôtres.
  • Col 2:9 ; Jn 14:9 ; Jn 10:30 ; Es 9:5 (« Père éternel ») ; Es 43:11 (« hors moi il n’y a point de sauveur »).
  • Ph 2:9-11 : « le nom qui est au-dessus de tout nom ».
  • Le monothéisme biblique : la Trinité serait une formulation postérieure (IVe siècle).

Critiques de ses opposants

  • La distinction des personnes : prière du Fils au Père, baptême de Jésus, relation éternelle (Jn 17:5, 24) ; ce sont les arguments déjà opposés au Modalisme.
  • Les formules des Actes ne seraient pas des formules liturgiques mais des descriptions (baptême chrétien, par l’autorité de Jésus) ; la Didachè 7 témoigne tôt de la formule trinitaire.
  • Le salut lié au baptême et aux langues : la plupart des évangéliques y voient un ajout aux conditions du salut.
  • Le témoignage de l’intérieur : Gregory A. Boyd, ancien membre de l’UPCI, Oneness Pentecostals and the Trinity (1992).
  • Réponse unicitaire : la Trinité n’est pas un mot biblique et la pratique apostolique prime sur la formule postérieure.

Textes clés

Dt 6:4 ; Es 9:5-6 ; 43:10-11 ; Mt 28:19 ; Jn 1:1, 14 ; 10:30 ; 14:9-18 ; Ac 2:38 ; 4:12 ; 8:16 ; 10:48 ; 19:5 ; Col 2:9 ; Ph 2:9-11 ; 1 Tm 3:16.

Dans les traductions

  • Mt 28:19 : le texte est stable dans tous les manuscrits grecs. Certains auteurs (F. C. Conybeare, 1901) ont soutenu, d’après des citations d’Eusèbe de Césarée, une forme ancienne « en mon nom » ; la thèse est minoritaire et rejetée par la plupart des critiques textuels ; la majorité des unicitaires accepte le texte reçu et l’interprète.
  • 1 Tm 3:16 : « Dieu a été manifesté en chair » (Textus Receptus, King James 1611), très cité par les unicitaires ; voir 1 Timothée 3-16 - Dieu manifesté.
  • 1 Jn 5:7 : la Comma (« ces trois sont un ») est lue par eux comme « un seul » ; voir 1 Jean 5-7-8 - la Comma johannique.
  • Es 9:5-6 : « Père éternel » ; voir Modalisme.
  • Les Églises unicitaires anglophones utilisent largement la King James 1611 ; il n’existe pas de traduction unicitaire répandue (à vérifier).

Financement et réseaux

Documenté : Églises autonomes financées par leurs membres ; aucun commanditaire extérieur connu. Allégué : rien de spécifique. Non démontré : aucun.

Voir aussi

Sources

  • Frank J. Ewart, The Phenomenon of Pentecost, 1947 (récit d’un fondateur).
  • David A. Reed, « In Jesus’ Name »: The History and Beliefs of Oneness Pentecostals, Deo Publishing, 2008.
  • Talmadge L. French, Early Interracial Oneness Pentecostalism: G. T. Haywood and the Pentecostal Assemblies of the World, Pickwick, 2014.
  • Edith L. Blumhofer, The Assemblies of God: A Chapter in the Story of American Pentecostalism, vol. 1, Gospel Publishing House, 1989.
  • Assemblées de Dieu, Minutes of the General Council, Saint-Louis, octobre 1916 (Flower Pentecostal Heritage Center).
  • David K. Bernard, The Oneness of God, Word Aflame Press, 1983.
  • Gregory A. Boyd, Oneness Pentecostals and the Trinity, Baker, 1992.
  • F. C. Conybeare, « The Eusebian Form of the Text Matth. 28:19 », Zeitschrift für die neutestamentliche Wissenschaft 2, 1901.