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1 Corinthiens 15

Le chapitre central du débat entre prétérisme complet et partiel. Pour les partiels, futuristes et amillénaristes, il annonce la résurrection corporelle et future des croyants, sur le modèle du corps ressuscité du Christ. Pour les prétéristes complets, la résurrection a eu lieu à la parousie de 70 : soit comme résurrection du « corps » collectif passé de l'ancienne alliance à la nouvelle (King, Preston, Bell, Sullivan), soit comme sortie des morts individuels de l'Hadès (Simmons, Stevens). 2 Tm 2:17-18 (Hyménée et Philète) est l'objection classique.

Le texte

Les versets les plus discutés sont 12-28 (l’ordre de la résurrection et la mort « dernier ennemi ») et 35-57 (le corps ressuscité, la transformation des vivants, la victoire sur la mort). Les v. 1-11 rappellent l’Évangile reçu et les apparitions du Christ ressuscité, « à plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart sont encore vivants » (v. 6).

12 Or, si l’on prêche que Christ est ressuscité des morts, comment quelques-uns parmi vous disent-ils qu’il n’y a point de résurrection des morts? 13 S’il n’y a point de résurrection des morts, Christ non plus n’est pas ressuscité. 14 Et si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine. 15 Il se trouve même que nous sommes de faux témoins à l’égard de Dieu, puisque nous avons témoigné contre Dieu qu’il a ressuscité Christ, tandis qu’il ne l’aurait pas ressuscité, si les morts ne ressuscitent point. 16 Car si les morts ne ressuscitent point, Christ non plus n’est pas ressuscité. 17 Et si Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés, 18 et par conséquent aussi ceux qui sont morts en Christ sont perdus. 19 Si c’est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes. 20 Mais maintenant, Christ est ressuscité des morts, il est les prémices de ceux qui sont morts. 21 Car, puisque la mort est venue par un homme, c’est aussi par un homme qu’est venue la résurrection des morts. 22 Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ, 23 mais chacun en son rang. Christ comme prémices, puis ceux qui appartiennent à Christ, lors de son avènement. 24 Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance. 25 Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous les ennemis sous ses pieds. 26 Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort. 27 Dieu, en effet, a tout mis sous ses pieds. Mais lorsqu’il dit que tout lui a été soumis, il est évident que celui qui lui a soumis toutes choses est excepté. 28 Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous.

[…]

35 Mais quelqu’un dira: Comment les morts ressuscitent-ils, et avec quel corps reviennent-ils? 36 Insensé! ce que tu sèmes ne reprend point vie, s’il ne meurt. 37 Et ce que tu sèmes, ce n’est pas le corps qui naîtra; c’est un simple grain, de blé peut-être, ou de quelque autre semence; 38 puis Dieu lui donne un corps comme il lui plaît, et à chaque semence il donne un corps qui lui est propre. 39 Toute chair n’est pas la même chair; mais autre est la chair des hommes, autre celle des quadrupèdes, autre celle des oiseaux, autre celle des poissons. 40 Il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres; mais autre est l’éclat des corps célestes, autre celui des corps terrestres. 41 Autre est l’éclat du soleil, autre l’éclat de la lune, et autre l’éclat des étoiles; même une étoile diffère en éclat d’une autre étoile. 42 Ainsi en est-il de la résurrection des morts. Le corps est semé corruptible; il ressuscite incorruptible; 43 il est semé méprisable, il ressuscite glorieux; il est semé infirme, il ressuscite plein de force; 44 il est semé corps animal, il ressuscite corps spirituel. S’il y a un corps animal, il y a aussi un corps spirituel. 45 C’est pourquoi il est écrit: Le premier homme, Adam, devint une âme vivante. Le dernier Adam est devenu un esprit vivifiant. 46 Mais ce qui est spirituel n’est pas le premier, c’est ce qui est animal; ce qui est spirituel vient ensuite. 47 Le premier homme, tiré de la terre, est terrestre; le second homme est du ciel. 48 Tel est le terrestre, tels sont aussi les terrestres; et tel est le céleste, tels sont aussi les célestes. 49 Et de même que nous avons porté l’image du terrestre, nous porterons aussi l’image du céleste. 50 Ce que je dis, frères, c’est que la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu, et que la corruption n’hérite pas l’incorruptibilité. 51 Voici, je vous dis un mystère: nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés, 52 en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette. La trompette sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons changés. 53 Car il faut que ce corps corruptible revête l’incorruptibilité, et que ce corps mortel revête l’immortalité. 54 Lorsque ce corps corruptible aura revêtu l’incorruptibilité, et que ce corps mortel aura revêtu l’immortalité, alors s’accomplira la parole qui est écrite: La mort a été engloutie dans la victoire. 55 O mort, où est ta victoire? O mort, où est ton aiguillon? 56 L’aiguillon de la mort, c’est le péché; et la puissance du péché, c’est la loi. 57 Mais grâces soient rendues à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ!

(Louis Segond 1910, texte de BibleGateway, version LSG ; texte contrôlé sur Wikisource, transcription de l’édition de 1910.)

Les mots qui décident

  • « Résurrection des morts » (anastasis nekrōn, v. 12, 13, 21, 42) : sans article devant « morts ». Pour Michael J. Sullivan (2022), les négateurs de Corinthe admettaient la résurrection du Christ et celle des « en Christ », mais niaient celle des morts de l’ancienne alliance, et c’est d’eux que parle Paul ; la lecture courante y voit la résurrection des morts en général, que certains Corinthiens niaient tout court (v. 12, 19, 32 : « Si les morts ne ressuscitent pas, Mangeons et buvons, car demain nous mourrons »).
  • Sōma (« corps ») : le mot revient une dizaine de fois en 35-44 (relevé de Jason L. Bradfield, cité par John Samson, 2025). La question est de savoir si, ici, sōma désigne le corps de chaque personne ou, comme en 12:27 (« Vous êtes le corps de Christ »), un corps collectif. Pour Max King et William Bell, c’est le corps collectif ; pour leurs critiques, prétéristes complets compris, le « à chaque semence… un corps qui lui est propre » du v. 38 vise des individus.
  • Sōma psychikon / sōma pneumatikon (« corps animal » / « corps spirituel », v. 44) : psychikos vient de psychē (« âme, vie ») ; Paul l’emploie en 2:14 : « l’homme animal ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu », opposé à « L’homme spirituel » (2:15). Pneumatikos qualifie aussi des choses matérielles : « le même aliment spirituel… un rocher spirituel » (10:3-4). D’où la lecture de N. T. Wright (The Resurrection of the Son of God, 2003, discussion vers les p. 348-356 selon des comptes rendus) : ces adjectifs disent ce qui anime le corps, non la matière dont il est fait. Kenneth L. Gentry dit de même (« Quick Notes on the Resurrection Body », 5 mai 2023) : un corps « rempli de l’Esprit, dominé par l’Esprit », non fait d’esprit. Pour King et Bell, psychikon et pneumatikon désignent deux états du peuple de Dieu, sous l’ancienne et sous la nouvelle alliance ; Sullivan rapproche le « corps animal » du « vieil homme » et le « corps spirituel » de l’« homme nouveau » (Ép 4:24 ; Col 3:10).
  • « Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort » (v. 26) : le verbe katargeitai est un présent passif (« est rendu inopérant »). Sullivan, qui cite Gordon Fee (The First Epistle to the Corinthians, NICNT, 1987) sur l’étrangeté de ce présent, y lit un processus commencé par le Christ et achevé en 70. Le même verbe se lit en 2 Tm 1:10 : « notre Sauveur Jésus-Christ, qui a détruit la mort ». La « mort » visée est, pour les lectures d’alliance (King, Preston), la mort adamique spirituelle (cf. Rm 7:9-11 : « quand le commandement vint, le péché reprit vie, et moi je mourus » ; Ép 2:1 : « Vous étiez morts par vos offenses ») ; pour les lectures classiques, la mort physique, puisqu’elle s’oppose à des « corps mortels » qui revêtent l’immortalité (v. 53-54).
  • « Nous ne mourrons pas tous » (v. 51, littéralement « nous ne dormirons pas tous », koimēthēsometha) : même structure que le « nous les vivants » de 1 Th 4:15-17. Les prétéristes complets y lisent l’attente d’une génération ; les autres, une catégorie de croyants vivants à la venue. Le verset a trois formes anciennes : « nous ne dormirons pas tous, mais tous nous serons changés » (B, D corrigé, la plupart des manuscrits tardifs, la Peshitta ; c’est le texte retenu) ; « nous dormirons tous, mais nous ne serons pas tous changés » (C, F, G et, à peu près, A) ; « nous ressusciterons tous, mais nous ne serons pas tous changés » (D de première main, la Vulgate et beaucoup de Pères latins). Origène et Jérôme connaissaient déjà la première forme (S. P. Tregelles, An Account of the Printed Text of the Greek New Testament, 1854, p. 190-191).
  • « La chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu » (v. 50) : expression qui désigne ailleurs l’être humain mortel : « ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela » (Mt 16:17) ; « je ne consultai ni la chair ni le sang » (Ga 1:16). Brad M. Baker s’appuie sur ce verset pour un corps ressuscité spirituel ; Gentry et les lectures classiques y voient la condition mortelle et corruptible (« la corruption n’hérite pas l’incorruptibilité »), non la matière.
  • « Prémices » (aparchē, v. 20, 23) : la première gerbe de la moisson. Gentry (« The Nature of the Resurrection », 7 juin 2019 ; 2023) : les prémices sont de même nature que la moisson ; si le Christ est ressuscité dans son corps, les siens aussi.
  • « La puissance du péché, c’est la loi » (v. 56) : pour Sullivan et Preston, la loi de Moïse, « ministère de la mort » (2 Co 3), qui prenait fin avec le Temple en 70 : la victoire sur la mort suppose la fin de la loi, donc une date au premier siècle. Pour les lectures classiques, la loi donne au péché sa force de condamnation en tout temps (Rm 7).
  • Les citations des prophètes (v. 54-55) : « Il anéantit la mort pour toujours » (Es 25:8) ; « Je les rachèterai de la puissance du séjour des morts, Je les délivrerai de la mort. O mort, où est ta peste? Séjour des morts, où est ta destruction? » (Os 13:14). Preston et Sullivan relisent ces textes dans leur contexte de jugement et de restauration d’Israël, et Sullivan reprend de Preston un plan d’Osée appliqué à 1 Co 15. On rapproche aussi Ez 37:11-12 (« ces os, c’est toute la maison d’Israël… je vous ferai sortir de vos sépulcres, ô mon peuple »), texte où la « résurrection » est déjà une image collective de la restauration d’Israël.

Contexte

  • La lettre : écrite d’Éphèse (16:8), d’ordinaire datée vers 54-55. Certains Corinthiens disent « qu’il n’y a point de résurrection des morts » (v. 12). Paul répond par la résurrection du Christ, attestée par des témoins encore vivants (v. 5-8), puis par l’ordre de la résurrection (v. 20-28) et par la nature du corps ressuscité (v. 35-57).
  • Parallèles invoqués : 1 Th 4:13-18 (voir 1 Thessaloniciens 4.13-18) ; Mt 24:31 (la trompette) ; Ph 3:20-21 : « le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire » ; Rm 8:11 : « rendra aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit » ; Rm 8:23 : « en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps » ; 2 Co 5:1-4 (« afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie ») ; Lc 20:35-36 (« ils ne pourront plus mourir… étant fils de la résurrection ») ; Dn 12:2.
  • Jean 5 : « l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l’auront entendue vivront » (Jn 5:25) ; puis « l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement » (Jn 5:28-29). La lecture classique voit au v. 25 la vie spirituelle présente, aux v. 28-29 la résurrection corporelle de tous ; Gentry (2019) appuie sur « sépulcres » : la résurrection se fait là où le corps a été enseveli.
  • Actes 24:15 : Paul devant Félix : « qu’il y aura une résurrection des justes et des injustes ». Les Pharisiens tenaient la résurrection (Ac 23:8 : « les sadducéens disent qu’il n’y a point de résurrection… tandis que les pharisiens affirment les deux choses »).
  • 2 Timothée 2:17-18 : « De ce nombre sont Hyménée et Philète, qui se sont détournés de la vérité, disant que la résurrection est déjà arrivée, et qui renversent la foi de quelques uns. » (Louis Segond 1910, texte contrôlé sur Wikisource ; Hyménée est aussi nommé en 1 Tm 1:20.)

Lecture prétériste partielle

La venue en jugement de 70 est réelle, mais la résurrection de 1 Co 15 est celle des corps, à la fin de l’histoire, au retour corporel du Christ.

  • Kenneth L. Gentry : la résurrection finale est future, physique et générale. Elle suit le modèle du corps ressuscité du Christ (Lc 24:39 : « un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’ai » ; tombeau vide), qui est les « prémices » ; le corps « spirituel » est un corps dominé par l’Esprit (2023). Dans « The Historical Problem with Hyper-Preterism » (ch. 1 de When Shall These Things Be?, 2004), il oppose au prétérisme complet l’accord des credo sur la résurrection des corps. Il rapproche ceux qui disent la résurrection passée d’Hyménée (2 Tm 2:16-18) et cite Jon D. Levenson, Resurrection and the Restoration of Israel (Yale, 2006), pour le fond juif d’une résurrection corporelle.
  • Robert B. Strimple, « Hyper-Preterism on the Resurrection of the Body », ch. 7 de When Shall These Things Be? A Reformed Response to Hyper-Preterism (dir. Keith A. Mathison, P&R, 2004 ; avant-propos de R. C. Sproul selon la table des matières, de R. C. Sproul Jr. selon une notice de libraire) : la réfutation réformée la plus citée sur ce chapitre. Le livre examine les positions de Max King, Tim King, Ed Stevens, John Noe et d’autres (d’après une description du livre) ; le détail de l’argument de Strimple reste à résumer d’après le livre.
  • Keith A. Mathison : la seconde venue, la résurrection générale et le jugement final ne sont pas accomplis (Postmillennialism, 1999, annexe 3 ; When Shall These Things Be?, ch. 4 sur les textes de temps).
  • R. C. Sproul (The Last Days According to Jesus, 1998) : il accepte une venue en jugement en 70, mais tient la résurrection pour future ; c’est le point où il se sépare de J. Stuart Russell.
  • Steve Gregg, Why Not Full-Preterism? (Xulon, vers 2022) : quatre chapitres défendent la résurrection corporelle future ; il note que les prétéristes complets ne s’accordent pas entre eux sur la nature de la résurrection (d’après le compte rendu de Gentry, 2022).

Lecture prétériste complète

Tous les prétéristes complets placent la résurrection de 1 Co 15 à la parousie de 70, car elle a lieu « lors de son avènement » (v. 23), et l’avènement est, selon eux, celui que Jésus annonçait pour « cette génération » (voir Matthieu 24.34). Ils se divisent sur la nature de cette résurrection.

  • Vue du corps collectif ou d’alliance (CBV). Max R. King, The Cross and the Parousia of Christ: The Two Dimensions of One Age-Changing Eschaton (souvent daté de 1987) : la résurrection de 1 Co 15 est celle du « corps » collectif, le peuple de Dieu qui passe de l’ancienne alliance « morte » à la nouvelle ; le corps semé « animal » et ressuscité « spirituel » (v. 44) est ce peuple, non des cadavres sortant des tombeaux. William Bell (prédications d’avril 2014 à Virginia Beach, selon le blogue Reformed Preterist) : le « corps » est le corps du Christ, le temple du royaume ; les « morts » sont ceux qui sont dans la mort d’alliance ; la semence figure les saints qui meurent à l’ancienne alliance pour être relevés dans la nouvelle. Don K. Preston relie la résurrection de 1 Co 15 et de 1 Th 4 à la fin de l’ancienne alliance, donc à 70, et lit la mort d’Adam comme spirituelle (débat avec Ed Stevens, 2018). Michael J. Sullivan (« The Resurrection of the Dead and 1 Corinthians 15 Fulfilled at Christ’s Imminent Parousia in AD 70 », 7 mars 2022) : résurrection spirituelle, collective et d’alliance, en cours au temps de Paul et achevée en 70 ; « les morts » sont d’abord les morts de l’ancienne alliance (He 11:35-40) ; la mort vaincue est la mort adamique ; la « loi » du v. 56 est celle de Moïse ; il invoque les vues juives d’une résurrection spirituelle et cite Tom Holland, David Green, T. F. Torrance, F. F. Bruce et T. W. Manson pour un « corps » collectif.
  • Vue du corps individuel (IBV). Kurt Simmons : la résurrection concerne des personnes, les morts retenus dans l’Hadès, libérés à la parousie, non le passage collectif d’une alliance à l’autre (« With What Body Do They Come? An Individual Body View of the Resurrection », Fulfilled!, 2013) ; la victoire sur le péché est acquise à la croix, non en 70 (débat avec Preston, « Where was Sin Defeated? The Cross or AD 70? », The Sword & The Plow, septembre 2010). Ed Stevens : la mort d’Adam inclut la mort physique, contre la vue collective de King et de Preston ; les morts sont sortis de l’Hadès en 70 et les vivants ont été changés et enlevés (vue IBV-R, partagée par Brad M. Baker, qui lit le v. 50 comme l’annonce d’un corps spirituel). Le blogue Reformed Preterist, prétériste lui aussi, critique Bell : psychikos est un terme individuel (l’« homme animal » de 2:14), sōma vise en 1 Co 6 et 15 des corps individuels, et la résurrection s’applique au « mort physiquement, individuellement » (Dn 12 ; Jn 11 ; Lc 20).
  • Sam Frost, pendant sa période prétériste complète, avait défendu la résurrection accomplie en 70 dans Exegetical Essays on the Resurrection of the Dead (voir plus bas sa critique après 2010).

Autres lectures

  • Futuriste prémillénariste (dont dispensationaliste) : la résurrection est corporelle et future ; « chacun en son rang… puis… ensuite viendra la fin » (v. 23-24) est lu comme une suite d’étapes séparées par un intervalle (le millénium) ; les v. 51-52 décrivent, pour les dispensationalistes, la transformation des croyants vivants à l’enlèvement de l’Église, comme 1 Th 4. Anthony A. Hoekema discute ces schémas à deux ou quatre étapes et les rejette (The Bible and the Future, Eerdmans, 1979, chapitre sur la résurrection du corps). Thomas Ice tient la résurrection pour future. John F. Walvoord lit les v. 51-52 comme l’enlèvement : un « mystère » où les morts ressuscitent et les vivants sont changés en un instant, sans tribulation annoncée auparavant (« Posttribulationism Today, Part XI: The Rapture in Relation to Endtime Events », Bibliotheca Sacra 134, 1977, repris sur walvoord.com). La lecture de Pentecost sur ce chapitre n’a pas été consultée.
  • Amillénariste : une seule résurrection générale des justes et des injustes (Jn 5:28-29 ; Ac 24:15), au seul retour du Christ ; « la fin » (v. 24) suit immédiatement l’avènement (Hoekema, ouvrage cité). Dans les Églises du Christ, amillénaristes pour la plupart, Wayne Jackson (The A.D. 70 Theory: A Review of the Max King Doctrine, Christian Courier) juge que la doctrine de King supprime la résurrection corporelle et le jugement à venir ; Terry Wane Benton (« Its Own Body », La Vista Church of Christ, 20 octobre 2021) objecte que l’Église n’a jamais été collectivement morte et que le « chaque » du v. 38 désigne des individus.
  • Historiciste : pas de lecture propre de ce chapitre trouvée ; les historicistes protestants classiques tiennent la résurrection corporelle future, comme la lecture traditionnelle (à documenter par un auteur précis).
  • Exégèse savante : N. T. Wright (2003) et James Ware (The Final Triumph of God: Jesus, the Eyewitnesses, and the Resurrection of the Body in 1 Corinthians 15, Eerdmans, 2025) lisent une résurrection corporelle : pour Ware, une revivification des corps présents, transformés en incorruptibilité. L’historien Richard Carrier, non croyant, estime en débattant avec Preston (MythVision, octobre 2024) que 1 Th 4 et 1 Co 15 réfutent la lecture prétériste complète, tout en jugeant que ni elle ni la lecture traditionnelle ne relèvent de l’histoire.
  • Idéaliste : aucune lecture idéaliste propre de ce chapitre n’a été trouvée dans les sources consultées.

Objections et réponses

  • Hyménée et Philète (2 Tm 2:17-18) : enseigner que « la résurrection est déjà arrivée » est condamné par Paul ; le prétérisme complet ferait la même chose (Gentry, 2023 ; Richard L. Mayhue, The Master’s Seminary Journal 14/1, 2003, à propos de Russell ; Jim West, « The Allurement of Hymenaen Preterism », Monergism) :
    • Réponse prétériste complète : Daniel C. Rogers (« Hymenaeus and Philetus », 27 août 2018) : leur erreur était de dire la résurrection passée avant 70, alors que la parousie, la chute du Temple et la fin de l’ancienne alliance n’avaient pas encore eu lieu (Dn 12 place la résurrection au temps de l’abomination de la désolation) ; le dire après 70 n’est pas la même chose.
  • Le modèle du Christ : sa résurrection est corporelle (Lc 24:39 ; tombeau vide) et il est les « prémices » ; la moisson doit être de même nature (Gentry, 2019 et 2023 ; Sproul ; Strimple) :
    • Réponse CBV (King, Bell, Sullivan) : le Christ est les prémices du nouveau peuple ; sa résurrection inaugure la résurrection collective de ce peuple, achevée en 70.
    • Réponse IBV (Simmons, Stevens) : les morts reçoivent bien un corps, mais céleste, lors de leur sortie de l’Hadès en 70.
    • Critique d’un ancien prétériste complet : Sam Frost (Why I Left Full Preterism, American Vision ; rééd. Victorious Hope, 2019 ; série vidéo en quinze parties contre Preston) met la christologie avant l’eschatologie : si l’on nie que le Christ ait gardé son corps glorifié, on contredit Nicée, Chalcédoine et Westminster ; selon Frost, Preston ne répond pas à la question de savoir si « l’homme Jésus-Christ est mort deux fois » (texte de 2017 repris par Gentry, 30 septembre 2025). Preston conteste, selon Frost, la présentation de ses positions.
  • Jn 5:28-29 et Ac 24:15 annoncent la résurrection de tous, justes et injustes, sortant des « sépulcres » (Gentry, 2019 ; lectures amillénaristes) :
    • Réponse prétériste complète : non résumée ici faute de source vérifiée (voir « À vérifier »).
  • L’Église n’était pas collectivement morte avant 70 ; seuls certains membres avaient besoin d’être relevés (Benton, 2021) ; le « chaque » du v. 38 est individuel (Benton ; Reformed Preterist contre Bell) :
    • Réponse CBV : la mort visée est la condition du peuple sous la loi de Moïse (v. 56), non l’état spirituel de chaque croyant ; Rm 11:15 parle déjà du retour d’Israël comme d’« une vie d’entre les morts » (Sullivan, 2022, lie bien la mort de 1 Co 15:55-56 à la loi de Moïse, « the strength of sin » ; le rapprochement avec Rm 11:15, lui, n’a été trouvé ni chez Sullivan ni chez un autre auteur consulté, et reste ici une indication de lecture, non une citation).
  • « Nous ne mourrons pas tous » (v. 51) suppose que des contemporains de Paul verraient la fin (prétéristes complets, Russell) :
    • Réponse partielle : même réponse qu’en 1 Th 4:15 : le « nous » est une catégorie (Bradfield, 2026, qui renvoie à 1 Co 15 comme parallèle).
  • Les prétéristes complets ne s’accordent pas entre eux (CBV, IBV, IBV-R) (Gregg, d’après Gentry, 2022) :
    • Réponse prétériste complète : ces divergences portent sur la nature de la résurrection, non sur sa date, qui est fixée par les textes de temps (Sullivan ; débats Preston-Stevens et Preston-Simmons).

Ce que montrent les sources

  • Josèphe, Guerre des Juifs II, 8, 14 (§ 163) : les Pharisiens disent que les âmes des justes passent dans un autre corps. Cela montre qu’au premier siècle, le parti dont Paul se réclame (Ac 23:6-8) pensait la vie future en termes de corps ; cela ne tranche pas la question de savoir si Paul parle ici d’un corps individuel ou collectif. Sullivan invoque de son côté des vues juives d’une résurrection spirituelle.
  • Pères apostoliques : 1 Clément 24-26 défend une résurrection future (image du phénix, ch. 25) ; Polycarpe, Aux Philippiens 7:1, condamne celui qui dit qu’il n’y a ni résurrection ni jugement. Ces auteurs d’après 70 attendent encore la résurrection ; c’est l’argument historique de Gentry et de Charles E. Hill (When Shall These Things Be?, ch. 1 et 2). Les prétéristes complets répondent que l’Église ancienne a pu se tromper sur l’accomplissement (thèse de Misplaced Hope, de Sam Frost, pendant sa période prétériste complète).
  • Les credo : le Symbole des apôtres (« la résurrection de la chair ») et le Symbole de Nicée-Constantinople (« la résurrection des morts ») montrent la doctrine reçue ; ils ne sont pas une preuve exégétique, ce que reconnaissent les deux camps, mais ils fondent l’accusation d’hétérodoxie portée par Gentry, Mathison et Frost.

À vérifier

  • Le détail de l’argument de Strimple (ch. 7 de When Shall These Things Be?), avec les pages ; la page de titre donne « Richard L. Platt Jr. » pour le ch. 3, sans doute Richard L. Pratt Jr.
  • Réglé le 2026-10-28 : en 2 Tm 2:18, BibleGateway et info-bible.org portent « le foi » ; Wikisource (édition de 1910) et eBible donnent « la foi », retenu ici. Le texte cité de 2 Tm 2:17-18 est identique à la Segond 1910 de Wikisource.
  • Les pages exactes de Wright, The Resurrection of the Son of God (2003), sur psychikos et pneumatikos (p. 348-356 selon des comptes rendus, non lues ici).
  • La date et l’éditeur de The Cross and the Parousia of Christ de King (1987 souvent cité) et les pages de son exposé sur le v. 44.
  • Réglé le 2026-10-28 : les variantes manuscrites du v. 51 (d’après Tregelles ; l’apparat de Nestle-Aland n’a pas été consulté).
  • La lecture prétériste complète de Jn 5:28-29 et d’Ac 24:15 (chez Preston, King ou Simmons), avec une source.
  • L’article de Simmons « With What Body Do They Come? » (Fulfilled!, 2013) : non consulté directement ; résumé d’après la liste d’articles et sa fiche.
  • La critique exacte de Frost sur 1 Co 15 dans Why I Left Full Preterism (chapitres sur la mort et la résurrection corporelle de Jésus).
  • Le contenu précis du livre de Wayne Jackson sur 1 Co 15 (résumé ici d’après la fiche de King et la notice du livre).
  • La lecture de Pentecost et d’un auteur historiciste précis sur ce chapitre.
  • Le rapprochement de Rm 11:15 dans la lecture CBV : à rattacher à un auteur.

Voir aussi

Sources