Ressources · Les personnes

David Martin

Pasteur huguenot exilé aux Pays-Bas après la révocation de l'édit de Nantes, David Martin a révisé la Bible de Genève française pour en faire la Bible de Martin (Nouveau Testament 1696, Bible complète 1707).

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

Pasteur huguenot exilé aux Pays-Bas après la révocation de l’édit de Nantes, David Martin a révisé la Bible de Genève française pour en faire la Bible de Martin (Nouveau Testament 1696, Bible complète 1707). Fondée sur le Textus Receptus et le Texte massorétique, elle a été, avec la Bible d’Ostervald, la Bible des protestants francophones jusqu’au XIXe siècle. Martin a aussi défendu par écrit l’authenticité de 1 Jn 5:7.

Provenance et confession

David Martin naît en 1639 à Revel, en Lauragais, dans le Languedoc protestant ; sa langue est le français, et il lit le latin, le grec et l’hébreu. On sait peu de chose de sa famille. Réformé de naissance, il étudie la théologie dans les académies protestantes de Nîmes et de Puylaurens, centres de formation des pasteurs du Midi, puis exerce comme pasteur à Espérausses et à Millau. La révocation de l’édit de Nantes (1685) le contraint à l’exil : il gagne les Provinces-Unies et devient pasteur de l’Église wallonne (francophone et réformée) d’Utrecht, où il reste jusqu’à sa mort. Sa confession ne change pas : il reste calviniste toute sa vie, dans le cadre des synodes wallons. Aucune appartenance à une société, un cercle ou une loge n’est rapportée.

Vie

  • Né en 1639 à Revel (Languedoc). Études de théologie à l’académie protestante de Nîmes, puis de Puylaurens.
  • Pasteur à Espérausses, puis à Milhau (Millau), en Rouergue.
  • À la révocation de l’édit de Nantes (1685), il quitte la France pour les Provinces-Unies. Pasteur de l’Église wallonne d’Utrecht jusqu’à sa mort.
  • Meurt à Utrecht en 1721.

Influence sur la Bible et la doctrine

La révision. Les synodes wallons des Pays-Bas lui confient la révision de la Bible de Genève, devenue difficile à lire. Il publie le Nouveau Testament en 1696, puis la Bible entière, avec notes et préfaces, à Amsterdam en 1707. La langue est modernisée, mais la méthode reste formelle (mot à mot autant que le français le permet) et le texte de base est celui de la Réforme : Textus Receptus pour le Nouveau Testament, texte hébreu massorétique pour l’Ancien.

Les passages témoins (faits). Dans la Bible de Martin, Mt 24:34 se lit « cette génération ne passera point » ; 1 Jn 5:7 est présent ; Mc 16:9-20, Jn 7:53-8:11 et Ac 8:37 sont présents ; 1 Tm 3:16 porte « Dieu a été manifesté en chair » ; Ap 22:19 porte « le livre de vie » (lecture d’Érasme). Voir Bible de Martin pour le détail.

La défense de 1 Jn 5:7. Contre Richard Simon et l’Anglais Thomas Emlyn, qui contestaient le verset des trois témoins célestes, Martin publie une Dissertation critique sur le verset 7 du chapitre V de la première épître de S. Jean (Utrecht, Guillaume van de Water, 1717 ; traduction anglaise, Londres, 1719), puis une réponse à Emlyn (1719 à 1722 selon les éditions, à vérifier). Ses arguments (le témoignage de la Vetus Latina, de Cyprien, du prologue des épîtres canoniques) sont encore cités par les défenseurs de la Comma Johanneum, même si la plupart des critiques jugent que le verset est absent des manuscrits grecs anciens.

Interprétation. Martin représente la fidélité du Refuge huguenot : un homme chassé de son pays qui consacre son exil à rendre la Bible lisible sans toucher au texte reçu. Ses notes sont réformées (calvinistes) et parfois historicistes dans l’Apocalypse, selon la lecture protestante courante de son époque.

Financement et réseaux

  • Documenté : travail commandé et soutenu par les synodes des Églises wallonnes des Provinces-Unies ; impression à Amsterdam.
  • Allégué : rien de notable.
  • Non démontré : aucun financement extérieur connu.

Signaux d’alerte

Aucun signal documenté. Exilé pour sa foi, pasteur d’une Église de réfugiés, il travaille à la demande publique des synodes wallons et ne sert aucun pouvoir qui l’aurait favorisé : rien ne justifie une enquête plus poussée.

Pourquoi cette note

★★★★☆ : apport solide et durable, texte source sûr, méthode littérale, défense publique et argumentée du texte qu’il traduisait. Réserves : la Comma qu’il défend reste disputée sur le plan des manuscrits grecs, et ses notes portent la lecture confessionnelle réformée (la note ne dépend pas de cette confession, mais des notes doctrinales jointes au texte sont une réserve pour toute traduction).

Voir aussi

Sources

  • David Martin, La Sainte Bible… revue et conférée sur les textes hébreu et grec, Amsterdam, 1707.
  • David Martin, Dissertation critique sur le verset 7 du chapitre V de la première épître de S. Jean, Utrecht, 1717 (trad. anglaise par Samuel Jebb, Londres, 1719).
  • Eugène et Émile Haag, La France protestante, art. « Martin (David) ».
  • Pierre-Maurice Bogaert (dir.), Les Bibles en français, Brepols, 1991.