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Eberhard Nestle

Eberhard Nestle est l'homme dont le nom est encore imprimé sur la couverture du Nouveau Testament grec que lisent presque tous les étudiants en théologie du monde : le Nestle-Aland.

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

Eberhard Nestle est l’homme dont le nom est encore imprimé sur la couverture du Nouveau Testament grec que lisent presque tous les étudiants en théologie du monde : le Nestle-Aland. En 1898, il publie à Stuttgart une petite édition de poche du texte grec qui, au lieu d’établir un texte nouveau, retient la leçon majoritaire de trois grandes éditions critiques du XIXe siècle. C’est par lui que le texte de Brooke Foss Westcott et Fenton John Anthony Hort est devenu, en pratique, le texte « standard » des universités et des Églises protestantes d’Europe.

Provenance et confession

Eberhard Nestle naît à Stuttgart le 1er mai 1851, fils de Christian Gottlieb Nestle, procureur auprès du tribunal supérieur (Obertribunalprokurator) du Wurtemberg, et de Sophie Beate Kleinmann. Le philologue Wilhelm Nestle, spécialiste de la pensée grecque, est son demi-frère. Le milieu est celui de la bourgeoisie juridique et lettrée du Wurtemberg, de langue allemande et de confession luthérienne. Nestle suit la voie classique des futurs pasteurs et professeurs de ce pays : le Tübinger Stift, séminaire de l’Église évangélique de Wurtemberg, de 1869 à 1874 (doctorat en 1874), après le petit séminaire de Blaubeuren ; puis l’étude des langues orientales à Leipzig (1874-1875) et un séjour en Angleterre (1875-1877). Il reste luthérien toute sa vie et exerce comme pasteur et professeur dans le cadre de son Église. Aucune conversion, aucune rupture, aucune appartenance à une société ou à un cercle n’est rapportée dans les notices biographiques.

Vie

Né à Stuttgart en 1851, Nestle étudie la théologie et les langues orientales à Tübingen, puis à Leipzig et en Angleterre. Répétiteur au Stift de Tübingen (1877-1880), puis diacre (pasteur adjoint) à Münsingen (1880-1883), il enseigne l’hébreu et les langues sémitiques ; il est l’auteur d’une grammaire syriaque (Syrische Grammatik) et travaille sur la Septante, dont il prépare des collations. Il enseigne la religion et l’hébreu au gymnase d’Ulm (1883-1890 et 1893-1898), avec entre-temps une suppléance de la chaire de langues orientales à Tübingen (1890-1893), puis au séminaire de Maulbronn (1898), dont il devient l’éphore (directeur) en 1912. Il meurt à Stuttgart le 9 mars 1913. Son fils Erwin Nestle (1883-1972) reprend l’édition et lui ajoute, à partir de la 13e édition (1927), un véritable apparat critique.

Influence sur la Bible et la doctrine

Les faits. Le Novum Testamentum Graece de 1898, publié par la Württembergische Bibelanstalt, suit une méthode mécanique : là où les éditions de Constantin von Tischendorf (8e édition), de Westcott et Hort et de Richard F. Weymouth s’accordent, Nestle imprime leur texte ; là où elles divergent, il suit la majorité de deux contre une. Dès 1901, l’édition de Bernhard Weiss remplace celle de Weymouth. Le résultat est un texte très proche de celui de Westcott et Hort, donc fondé avant tout sur le Codex Vaticanus et le Codex Sinaiticus.

L’édition est bon marché, maniable et largement diffusée par les Sociétés bibliques. En 1904, la British and Foreign Bible Society adopte le texte de Nestle pour son propre Nouveau Testament grec, à la place du Textus Receptus qu’elle diffusait jusque-là. C’est un tournant : le texte critique sort des bibliothèques savantes et devient le texte ordinaire de l’enseignement.

Interprétation. Nestle n’a pas inventé de théorie ; il a additionné celles des autres. Son mérite est l’honnêteté de la méthode : elle est simple, vérifiable et ne prétend pas deviner. Sa faiblesse est la même : en faisant voter trois éditeurs qui partageaient tous la préférence pour les manuscrits alexandrins, il a donné l’apparence d’un consensus à ce qui était un seul courant de pensée. Les leçons défendues par John William Burgon (finale de Marc, femme adultère, « Dieu » en 1 Tm 3:16) sont reléguées ou mises entre crochets dans la tradition qu’il a lancée.

Financement et réseaux

  • Documenté : l’édition est publiée et financée par la Société biblique du Wurtemberg (Stuttgart), ancêtre de la Deutsche Bibelgesellschaft ; la British and Foreign Bible Society adopte son texte en 1904.
  • Allégué : aucune allégation précise connue à son sujet.
  • Non démontré : aucun lien avec des financiers ou avec Rome n’apparaît dans les sources sur sa vie.

Signaux d’alerte

Aucun signal documenté. Son passé est connu, son édition est financée ouvertement par une Société biblique, sa méthode (la majorité de trois éditions) est annoncée dans la préface, et le texte qu’il imprime repose sur des manuscrits réels : rien ne justifie une enquête plus poussée sur l’homme.

Pourquoi cette note

Trois étoiles : un savant probe, travailleur, compétent en langues sémitiques, qui a rendu le texte grec accessible à tous, avec une méthode simple et annoncée. Mais l’effet à long terme de son édition est d’avoir fait du texte de Westcott et Hort la norme, et d’avoir remplacé le texte reçu des Réformateurs dans l’enseignement sans que le choix du texte de base soit débattu devant les Églises. Ni corrupteur ni témoin héroïque : un relais.

Voir aussi

Sources

  • Eberhard Nestle, Novum Testamentum Graece, Stuttgart, Württembergische Bibelanstalt, 1898 (préface).
  • Bruce M. Metzger et Bart D. Ehrman, The Text of the New Testament, 4e éd., Oxford University Press, 2005.
  • Kurt et Barbara Aland, Der Text des Neuen Testaments, Stuttgart, 1982 (historique des éditions).
  • Neue Deutsche Biographie, notice « Nestle, Eberhard » (deutsche-biographie.de) : parents, Tübinger Stift, carrière (Münsingen 1880-1883, Ulm, Maulbronn 1898, éphore 1912).
  • Date d’ordination : à vérifier.