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Sociétés bibliques

Les sociétés bibliques sont des associations protestantes, devenues plus tard interconfessionnelles, dont le but est d'imprimer et de diffuser la Bible « sans notes ni commentaires », au plus bas prix possible, dans toutes les langues.

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

Les sociétés bibliques sont des associations protestantes, devenues plus tard interconfessionnelles, dont le but est d’imprimer et de diffuser la Bible « sans notes ni commentaires », au plus bas prix possible, dans toutes les langues. Nées en Grande-Bretagne en 1804, elles ont fait de la Bible le livre le plus traduit du monde. Au XXe siècle, leur alliance mondiale est devenue l’éditeur du texte grec critique et le principal promoteur de la traduction en « équivalence dynamique ».

Histoire

  • 1804 : fondation à Londres de la British and Foreign Bible Society (BFBS), à l’initiative notamment du pasteur gallois Thomas Charles (l’histoire de Mary Jones, jeune Galloise qui aurait marché des kilomètres pour acheter une Bible, en est le récit fondateur) et d’évangéliques de la « secte de Clapham » ; premier président : Lord Teignmouth. William Wilberforce en est membre fondateur.
  • Essaimage : sociétés en Allemagne, Suisse, Russie (1812-1826), Pays-Bas ; American Bible Society (1816, premier président Elias Boudinot) ; en France, la Société biblique protestante de Paris (1818), puis d’autres (Société biblique de France, Société biblique française).
  • Controverse des apocryphes (1825-1826) : la BFBS décide de ne plus financer d’éditions contenant les livres deutérocanoniques. Cette décision explique pourquoi la plupart des Bibles protestantes du XIXe siècle n’ont plus les apocryphes.
  • Schisme de 1831 : la Trinitarian Bible Society se sépare de la BFBS, qui admettait des unitariens parmi ses membres. Elle diffuse encore aujourd’hui des Bibles fondées sur le Textus Receptus.
  • 1946 : fondation de l’Alliance biblique universelle (United Bible Societies, UBS).
  • 1966 : premier Greek New Testament des UBS, comité incluant Kurt Aland, Bruce Metzger, Matthew Black, Allen Wikgren ; le cardinal Carlo Maria Martini s’y joint ensuite. Texte unifié avec le Nestle-Aland (édité par la Deutsche Bibelgesellschaft) à partir de 1975-1979.
  • 1968 : Guiding Principles for Interconfessional Cooperation in Translating the Bible, accord avec le Secrétariat romain pour l’unité des chrétiens (révisé en 1987) : traductions communes catholiques-protestantes, deutérocanoniques admis en section séparée.
  • Équivalence dynamique : Eugene Nida, secrétaire aux traductions de l’American Bible Society, en est le théoricien (Toward a Science of Translating, 1964). Fruits : Good News Bible (1966-1976), Bible en français courant (1971-1982), Parole de Vie (2000). Participation à la Traduction œcuménique de la Bible.

Financement et réseaux

  • Documenté : souscriptions et dons de particuliers et d’Églises, legs, ventes ; rapports annuels publiés depuis 1805 (BFBS) et 1817 (ABS). Des donateurs fortunés ont soutenu l’ABS au XIXe et au XXe siècle (montants et noms à vérifier dans les rapports annuels).
  • Allégué : des auteurs « King James seulement » et des sites conspirationnistes affirment que les sociétés bibliques seraient dirigées par le Vatican (depuis l’accord de 1968), par des intérêts maçonniques ou par la Famille Rothschild. Documenté : l’accord officiel de coopération avec Rome (1968) et la présence d’un cardinal au comité du texte grec. Non démontré : un contrôle financier Rothschild ou maçonnique ; aucune pièce connue ne l’établit.

Influence sur la Bible

  • Positif : des centaines de millions d’exemplaires diffusés ; des traductions dans des langues sans écriture ; rôle majeur dans la diffusion de la Bible d’Ostervald, de la Bible de Martin puis de la Bible Segond 1910 en français.
  • Discuté : depuis le milieu du XXe siècle, adoption du texte critique (Mouvement de critique textuelle), que ses partisans tiennent pour plus proche des originaux et ses opposants pour un recul (voir les deux camps dans cette fiche) ; promotion de la traduction dynamique, qui remplace souvent les mots de l’original par une interprétation ; coopération interconfessionnelle qui réintroduit les deutérocanoniques en section séparée, choix de canon que protestants, catholiques et orthodoxes jugent différemment.

Pourquoi cette note

Critères neutres (voir Méthode et barème, « Neutralité ») : transparence : rapports annuels publiés depuis 1805 (BFBS) et 1817 (ABS), accords avec Rome rendus publics, comités du texte grec nommés, apparat critique qui montre les variantes au lecteur. Indépendance : financement par les dons, les legs et les ventes ; règle « sans notes ni commentaires » qui laisse le texte sans orientation doctrinale. Fidélité de ce qu’elles ont publié : des traductions formelles largement diffusées (Ostervald, Martin, Segond) et des éditions savantes du grec ; mais aussi des paraphrases (français courant, Parole de Vie) qui remplacent les mots de l’original par une interprétation. Réserves : cette promotion de l’équivalence dynamique ; décisions de canon prises au gré des financements (refus des apocryphes en 1826, réintroduction après 1968). Le choix du texte critique n’entre pas dans la note : la Trinitarian Bible Society, issue du même mouvement, a choisi le texte reçu, et les deux options sont décrites dans les fiches des textes sources. Changement : la note de départ (3/5) comptait le texte critique et l’œcuménisme comme défauts ; ces critères ne sont plus retenus. 4/5.

Voir aussi

Sources

  • Leslie Howsam, Cheap Bibles: Nineteenth-Century Publishing and the British and Foreign Bible Society, 1991.
  • Peter J. Wosh, Spreading the Word: The Bible Business in Nineteenth-Century America, 1994.
  • John Fea, The Bible Cause: A History of the American Bible Society, 2016.
  • Eugene A. Nida, Toward a Science of Translating, 1964.
  • William Canton, A History of the British and Foreign Bible Society, 5 vol., Londres, John Murray, 1904-1910.
  • Andrew J. Brown, The Word of God Among All Nations: A Brief History of the Trinitarian Bible Society, 1831-1981, Londres, Trinitarian Bible Society, 1981 (ouvrage confirmé ; nom de l’auteur à vérifier).
  • Daniel Lortsch, Histoire de la Bible en France, Paris, Société biblique britannique et étrangère, 1910 (sociétés bibliques en France).
  • United Bible Societies et Secrétariat pour l’unité des chrétiens, Guiding Principles for Interconfessional Cooperation in Translating the Bible, 1968 ; révision 1987.