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Johann Jakob Griesbach

Professeur à Iéna, Griesbach est le premier éditeur à imprimer un Nouveau Testament grec qui s'écarte délibérément du Textus Receptus en de nombreux endroits (1774-1775).

En bref

Professeur à Iéna, Griesbach est le premier éditeur à imprimer un Nouveau Testament grec qui s’écarte délibérément du Textus Receptus en de nombreux endroits (1774-1775). Il classe les manuscrits en trois familles et formule des « canons » de critique, dont la préférence pour la leçon la plus courte. Il est le grand-père méthodologique de Karl Lachmann, de Constantin von Tischendorf et du Texte de Westcott et Hort.

Provenance et confession

Johann Jakob Griesbach naît le 4 janvier 1745 à Butzbach, en Hesse, fils de Conrad Caspar Griesbach, pasteur, plus tard conseiller consistorial à Francfort, et de Johanna Dorothea Rambach, fille du théologien piétiste de Giessen Johann Jakob Rambach ; à Francfort, sa mère est une amie de la mère de Goethe. Le milieu est luthérien, piétiste et pastoral, de langue allemande. Griesbach fait ses études à Francfort, puis à Tübingen (1762), Halle et Leipzig ; à Halle, il devient l’élève de Johann Salomo Semler, l’un des fondateurs de la théologie historico-critique, sous qui il obtient son habilitation (1771). Il passe ainsi du piétisme familial à la science critique des Lumières, sans quitter l’Église luthérienne. Aucune ordination n’est signalée par les notices. Il exerce des fonctions publiques : conseiller ecclésiastique du duché de Saxe-Weimar (1781), député de l’université d’Iéna à la diète du pays (1782-1811). Aucune appartenance à une loge ou à un cercle n’est documentée.

Vie

  • Né en 1745 à Butzbach (Hesse). Études à Tübingen, Leipzig et Halle, où il est l’élève de Johann Salomo Semler, figure de la théologie critique.
  • Voyages d’étude en Angleterre et en France (1769-1770) pour collationner des manuscrits.
  • Professeur extraordinaire à Halle (1773), puis professeur à Iéna de 1775 jusqu’à sa mort, le 24 mars 1812.

Influence sur la Bible et la doctrine

Les éditions (faits). Novum Testamentum Graece, Halle, 1774-1775 ; deuxième édition, très augmentée, 1796-1806. Griesbach imprime le texte reçu corrigé là où il juge les preuves suffisantes et signale dans les marges les leçons qu’il estime probables. Il retire notamment 1 Jn 5:7-8 (la Comma) du texte.

La théorie des recensions (faits). S’appuyant sur Bengel et Semler, il groupe les témoins en trois « recensions » : alexandrine, occidentale et constantinopolitaine (byzantine). La byzantine, majoritaire, est pour lui tardive et de moindre valeur. C’est l’idée qui, développée par Hort, relèguera le texte majoritaire au second plan (voir Texte majoritaire).

Les canons (faits). Parmi ses quinze règles, la plus célèbre : brevior lectio praeferenda, la leçon la plus courte est à préférer, parce que les copistes ajoutent plus qu’ils ne retranchent. Cette règle explique en partie pourquoi les éditions critiques sont plus courtes que le texte reçu.

La question synoptique (faits). Il publie en 1776 la première « synopse » des trois premiers évangiles (Synopsis Evangeliorum, Halle) ; plus tard (1783, puis la Commentatio d’Iéna, 1789-1790), il propose que Marc ait résumé Matthieu et Luc (« hypothèse de Griesbach »).

Interprétation. Griesbach n’est pas un ennemi déclaré de la foi ; il se tient dans une orthodoxie luthérienne modérée, marquée par les Lumières. Ses défenseurs voient en lui le fondateur d’une critique méthodique, qui expose ses règles et ses preuves. Les partisans du Texte majoritaire lui reprochent de rendre le texte reçu par les Églises suspect par principe, et de faire de la leçon courte une règle qui, appliquée mécaniquement, retire des passages que les copistes anciens avaient de bonnes raisons de garder. Ce débat de méthode est décrit ici sans être tranché.

Financement et réseaux

  • Documenté : universitaire d’État (Halle, Iéna), dans le milieu de la théologie critique allemande (Semler).
  • Allégué : rien de précis.
  • Non démontré : aucun commanditaire extérieur connu.

Signaux d’alerte

Aucun signal documenté. Ses fonctions de conseiller ecclésiastique et de député sont publiques et ordinaires pour un professeur de son rang ; aucun financement extérieur ni appartenance cachée n’est connu, et ses changements au texte reposent sur des manuscrits réels, signalés dans son apparat. Rien ne justifie une enquête plus poussée sur l’homme.

Pourquoi cette note

★★★☆☆ selon les critères neutres du barème. Fidélité au texte : il corrige le texte reçu là où il juge les preuves manuscrites suffisantes, en signalant ses choix ; mais certaines règles (la leçon courte, le classement par recensions) sont des hypothèses dont l’application systématique reste discutée. Honnêteté, indépendance et transparence : aucune réserve documentée ; ses canons sont publiés. Apport réel (collations, synopse, méthode explicite), mêlé de principes contestés dont l’effet à long terme est un texte plus court. La note initiale de 2/5 tranchait le débat entre texte critique et texte majoritaire ; elle a été revue pour ne pas dépendre d’une école.

Voir aussi

Sources

  • J. J. Griesbach, Novum Testamentum Graece, Halle, 1774-1775 ; 2e éd., 1796-1806.
  • Bruce M. Metzger et Bart D. Ehrman, The Text of the New Testament, 4e éd., Oxford, 2005.
  • Bernard Orchard et Thomas R. W. Longstaff (dir.), J. J. Griesbach: Synoptic and Text-Critical Studies 1776-1976, Cambridge, 1978.
  • Edward F. Hills, The King James Version Defended, 1956 (point de vue critique envers Griesbach).
  • Neue Deutsche Biographie, art. « Griesbach, Johann Jakob » (deutsche-biographie.de) : parents, études, fonctions publiques.