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Karl Lachmann

Philologue classique de Berlin, éditeur de Lucrèce et de poèmes médiévaux allemands, Karl Lachmann est le premier à publier un Nouveau Testament grec établi entièrement sans le Textus Receptus (1831).

En bref

Philologue classique de Berlin, éditeur de Lucrèce et de poèmes médiévaux allemands, Karl Lachmann est le premier à publier un Nouveau Testament grec établi entièrement sans le Textus Receptus (1831). Il veut retrouver, non le texte original, mais le texte le plus ancien attesté, celui qui circulait vers la fin du IVe siècle, à partir d’un petit nombre de manuscrits anciens. Sa méthode « généalogique » marque toute la critique moderne.

Provenance et confession

Karl Konrad Friedrich Wilhelm Lachmann naît le 4 mars 1793 à Brunswick, fils d’un prédicateur luthérien ; le milieu est pastoral, de langue allemande. Il fréquente le Katharineum de sa ville, puis s’inscrit en 1809 à Leipzig pour étudier la théologie, qu’il abandonne vite pour la philologie classique auprès de Gottfried Hermann ; il passe la même année à Göttingen, où il suit Heyne et s’initie aux lettres allemandes médiévales auprès de Benecke. Docteur de Halle (1814), habilité à Göttingen (1815), il s’engage brièvement comme volontaire dans la campagne de 1815 contre Napoléon. Il n’est pas ordonné et fait toute sa carrière comme philologue laïc, à Königsberg puis à Berlin. Il reste dans le cadre luthérien sans engagement ecclésial notable. Seule appartenance connue : l’Académie royale des sciences de Prusse, institution savante publique. Aucune loge ni cercle n’est rapporté.

Vie

  • Né en 1793 à Brunswick. Études à Leipzig et Göttingen.
  • Professeur à Königsberg, puis à Berlin (à partir de 1825).
  • Éditeur de textes latins (Lucrèce, Properce) et allemands (Nibelungenlied, Wolfram von Eschenbach, Walther von der Vogelweide).
  • Meurt à Berlin en 1851.

Influence sur la Bible et la doctrine

Les éditions (faits). Novum Testamentum Graece, Berlin, 1831, petite édition sans apparat, avec un exposé de méthode publié à part dans une revue théologique (1830). Puis une grande édition en deux volumes (1842-1850), avec Philipp Buttmann, qui y ajoute l’apparat grec, et avec le texte latin de la Vulgate.

La méthode (faits). Lachmann laisse de côté les manuscrits byzantins (la grande majorité) et ne retient que quelques témoins anciens : onciaux comme le Codex Alexandrinus et le Codex Vaticanus (connu alors imparfaitement), certains Pères, la vieille latine. Son but déclaré est modeste : reconstituer le texte du IVe siècle, étape vers l’original. En philologie classique, sa méthode de classement des manuscrits par familles (le « stemma ») porte souvent son nom.

Interprétation. Lachmann a introduit l’idée que le texte reçu par l’Église ne compte pas dans la reconstruction, et que quelques manuscrits anciens suffisent. C’est ce principe qui, avec Constantin von Tischendorf puis Brooke Foss Westcott et Fenton John Anthony Hort, conduit au texte critique moderne (Nestle-Aland). Ses défenseurs soulignent que Lachmann ne prétendait pas atteindre l’original et que l’âge d’un manuscrit est un critère réel ; les partisans du Texte majoritaire lui reprochent d’en faire presque le seul critère. Ce débat de méthode est décrit ici sans être tranché.

Financement et réseaux

  • Documenté : professeur d’université d’État à Berlin ; milieu de la philologie allemande.
  • Allégué : rien de notable.
  • Non démontré : aucun commanditaire extérieur.

Signaux d’alerte

Aucun signal documenté. Universitaire d’État sans commanditaire, il publie sa méthode à part et annonce lui-même la limite de son but (le texte du IVe siècle, non l’original) : rien ne justifie une enquête plus poussée.

Pourquoi cette note

★★★☆☆ selon les critères neutres du barème. Il n’a pas cherché à servir une doctrine, c’était un philologue rigoureux, et sa transparence est exemplaire : but et méthode sont annoncés. Mais il a rompu le premier, et complètement, avec le texte transmis, en tenant pour négligeable la masse des manuscrits byzantins, choix qui reste discuté ; effet durable : un texte plus court. Apport réel, mêlé d’un principe contesté. La note initiale de 2/5 tranchait le débat entre écoles textuelles et a été revue. Note identique à celle de Johann Jakob Griesbach.

Voir aussi

Sources

  • Karl Lachmann, Novum Testamentum Graece, Berlin, 1831 ; éd. major avec Ph. Buttmann, 1842-1850.
  • Sebastiano Timpanaro, La genèse de la méthode de Lachmann (trad. fr. Les Belles Lettres, 2016 ; orig. italien 1963).
  • Bruce M. Metzger et Bart D. Ehrman, The Text of the New Testament, 4e éd., 2005.
  • F. H. A. Scrivener, A Plain Introduction to the Criticism of the New Testament, 4e éd., 1894.
  • Niedersächsische Bibliographie, notice « Lachmann, Karl » ; Meyers Konversations-Lexikon, 1888, art. « Lachmann » (naissance, études, père prédicateur).