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The Parousia

Étude, livre par livre du Nouveau Testament, des textes sur la venue du Christ : Russell conclut que la parousie, avec la résurrection, le jugement et la fin de l'âge, a eu lieu à la chute de Jérusalem en 70 ; seule la fin des mille ans et le déliement de Satan (Ap 20:7-10) restent à venir.

En bref

The Parousia est une enquête exégétique sur tous les passages du Nouveau Testament qui parlent de la « venue » (parousia) du Seigneur. Russell part d’un constat : la venue est annoncée partout comme proche, et liée à des bornes de temps (« cette génération », « quelques-uns de ceux qui sont ici »). Il en conclut qu’elle a eu lieu, avec son cortège d’événements, à la destruction de Jérusalem et du Temple en 70. Le livre est le plus cité du prétérisme moderne : les prétéristes complets y voient leur texte fondateur, les prétéristes partiels le recommandent tout en rejetant ses conclusions sur la résurrection et le jugement.

Éditions

  • 1878, anonyme : Londres, Daldy, Isbister & Co. La page de titre ne porte pas de nom d’auteur ; elle a pour épigraphe 2 P 1:16 en grec et la devise de Newton Hypotheses non fingo. La préface est datée de 1878. Texte numérisé par Google : archive.org, parousiaacritic00russgoog.
  • 1887, « New Edition » : Londres, T. Fisher Unwin, sous le nom de « J. Stuart Russell, M.A. ». En tête, une page de « Notices on the First Edition » (Farrar, British Quarterly Review, Spectator, Nonconformist, Sword and Trowel de Spurgeon, Leeds Mercury, et une lettre critique de P. S. Desprez), puis une « Preface to the New Edition », que l’auteur dit être « plutôt une postface ». Texte numérisé : archive.org, parousiacritical00russ.
  • Baker, 1983 : réimpression, faite selon Dennis Swanson à l’initiative de Walter Hibbard, lui-même prétériste complet (fiche Prétérisme complet). C’est l’édition que Mathison cite (p. 147-148 pour Ac 1:11).
  • Baker Books, 1999 : 598 p., ISBN 0-8010-7725-7, avec un avant-propos (foreword) de R. C. Sproul (notice de libraire).
  • International Preterist Association, 2003 : avec une préface d’Ed Stevens (citée p. xii dans Actes 1.11 et le retour visible).
  • Éditions récentes : une « 3rd Edition » éditée par David Clarke (2020) et une traduction portugaise, A Parousia, sont déposées sur archive.org.

Plan

D’après la table des matières de 1878 :

  • Introduction : « Les dernières paroles de la prophétie de l’Ancien Testament » : Malachie, puis l’intervalle jusqu’à Jean-Baptiste.
  • Première partie : la parousie dans les Évangiles : la prédication de Jean-Baptiste ; l’enseignement de Jésus dans les synoptiques (la colère qui vient sur « cette génération », la fin de l’âge dans les paraboles de l’ivraie et du filet, Mt 10:23, Mt 16:28) ; les paraboles de la consommation du royaume ; le discours sur le mont des Oliviers, examiné en onze points, du questionnement des disciples aux brebis et aux boucs ; la déclaration devant le grand prêtre ; puis l’Évangile de Jean (la résurrection, le jugement et le dernier jour ; Jean devant vivre jusqu’à la parousie). Appendice : contre la théorie du double sens.
  • Deuxième partie : la parousie dans les Actes et les Épîtres : chaque épître est passée en revue, des Thessaloniciens à Jude, avec un « tableau eschatologique » des passages sur les derniers temps. Appendice : le royaume de Dieu, la « Babylone » de 1 P 5:13, le symbolisme prophétique, Owen sur « les cieux et la terre » (2 P 3:7), F. D. Maurice sur « la dernière heure ».
  • Troisième partie : la parousie dans l’Apocalypse : limitation de temps et date du livre, puis sept visions (les sept Églises, les sceaux, les trompettes, les sept figures mystiques, les coupes, la ville prostituée, la ville sainte).
  • Résumé et conclusion (p. 538-554).
  • Appendice à la troisième partie : Reuss sur le nombre de la bête, J. M. Macdonald sur la date, Warburton sur le discours du mont des Oliviers.

Thèse et arguments

Le point de départ. Dans sa préface de 1878, Russell observe que l’attente de la venue du Seigneur, centrale dans l’Église apostolique, a presque disparu de la vie des croyants. Il en tire un argument : un même événement ne peut pas être imminent à deux époques séparées par près de deux mille ans. Il faut donc que l’Église moderne ait mal compris la relation de l’Église primitive à cette venue.

Les bornes de temps. Le cœur du livre est l’exégèse des indications de temps. La conclusion en retient trois, toutes introduites par « en vérité » : « vous n’aurez pas achevé de parcourir les villes d’Israël que le Fils de l’homme sera venu » (Mt 10:23) ; « quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le Fils de l’homme venir dans son règne » (Mt 16:28) ; « cette génération ne passera point, que tout cela n’arrive » (Mt 24:34). Pour Russell, aucune violence ne peut leur faire dire autre chose qu’une venue dans la génération des auditeurs. Le détail de ses arguments est dans Matthieu 16.27-28 et Matthieu 24.34.

L’unité du discours. Russell refuse de couper le discours du mont des Oliviers en une partie accomplie en 70 et une partie future : il le compare à la tunique sans couture de Jésus, « tissée d’une seule pièce », et juge que toute tentative de tracer des lignes de partage a échoué. Il rejette aussi la théorie d’un double accomplissement (70 comme type d’un jugement final), faute, dit-il, d’un seul indice dans l’Écriture.

Le langage des signes. Les signes cosmiques (soleil obscurci, étoiles qui tombent) appartiennent selon lui à la « grammaire » de la prophétie, qui décrit ainsi la chute d’une nation : voir Langage apocalyptique et décréation. Le récit de la guerre juive par Josèphe lui sert à identifier les faux messies, la famine, l’abomination (les enseignes romaines) et la grande tribulation : voir Destruction de Jérusalem (70).

Un faisceau d’événements. La conclusion énumère ce que le Nouveau Testament place avec la parousie : la fin de l’âge (la clôture de l’économie juive), la ruine de la ville et du Temple, le jugement de la nation coupable, la résurrection des morts, la récompense des fidèles, la consommation du royaume de Dieu. Tout cela, conclut-il, a eu lieu au moment où Jérusalem fut détruite, avant que passe « cette génération ».

L’Apocalypse. Russell date le livre avant 70 : la tradition, admet-il, penche plutôt vers la date tardive, mais l’évidence interne lui paraît écrasante en faveur de la date haute (voir Date de l’Apocalypse). La prostituée est Jérusalem, la « ville prostituée » ; la première bête est l’empereur de Rome, Néron, dont le nom en lettres hébraïques donne 666 ; la nouvelle Jérusalem figure l’état céleste, ouvert aux saints à la « fin de l’âge ». La proximité est affirmée « au début, au milieu et à la fin » du livre (fiche Apocalypse 1.1-3).

L’exception d’Apocalypse 20. Le lien de Satan, dit Russell, tombe dans les limites du « bientôt » : il est presque simultané au jugement de la prostituée et de la bête, et correspond au recul de la puissance de Satan (fin des possessions démoniaques, déclin de l’idolâtrie) à la fin de l’âge juif. Le règne des saints et des martyrs (Ap 20:4-6) relève lui aussi de la vision, donc de la période apocalyptique. Mais les mille ans désignent une période longue et indéfinie, et ce qui suit leur fin est une prophétie, non une vision : le déliement de Satan et la guerre de Gog et Magog (Ap 20:7-10) sont pour lui « encore futurs et non accomplis » (p. 522-523). Le verset dit, dans la traduction de Pierre Savignac : « Et quand les mille ans seront achevés, Satan sera délié de sa prison » (Ap 20:7). Russell présente ce passage comme la seule incursion du livre dans un avenir lointain.

La conclusion. La fin de l’âge n’est pas la fin du monde, et le sort d’Israël n’apprend rien sur la destinée de l’humanité. Russell termine sur une note optimiste : le christianisme n’est pas un échec, le monde appartient à Dieu et non au diable, et la prière « que ta volonté soit faite sur la terre » contient une promesse. Il ne se prononce pas sur un avenir que l’Écriture, selon lui, ne révèle pas.

Ajouts de 1887. La nouvelle préface défend trois points : l’accord de Döllinger, qui identifie l’« homme du péché » de 2 Th 2 à Néron ; la Babylone de l’Apocalypse comme Jérusalem (avec Herder, Michaelis, et les « sept collines » de Jérusalem selon James Neil) ; et, surtout, l’enlèvement des saints vivants (Mt 24:31 ; 1 Th 4:17), qu’il dit avoir eu lieu, et dont il voit la trace dans le silence des sources sur l’Église après la fin des Actes (il cite Neander et Farrar). Voir 1 Thessaloniciens 4.13-18.

Réception

  • Au XIXe siècle : la page de « Notices » de 1887 montre un accueil respectueux mais partagé. Farrar juge le livre « plein de suggestions » ; le Spectator trouve beaucoup de ses conclusions sans réplique tout en s’opposant à d’autres ; le Sword and Trowel de Spurgeon estime que la théorie est poussée trop loin, mais qu’elle éclaire des passages obscurs. P. S. Desprez, auteur de The Apocalypse Fulfilled, refuse sa lecture de Babylone. Russell regrette dans la préface de 1887 que personne n’ait sérieusement tenté de le réfuter.
  • Influence sur les classiques : Milton S. Terry le cite à plusieurs reprises dans Biblical Apocalyptics (par exemple sur Mt 24:36, d’après The Parousia, p. 90). Ernest Hampden-Cook (The Christ Has Come, 1895) s’en inspire, selon la fiche J. Stuart Russell.
  • Prétéristes partiels : R. C. Sproul a préfacé l’édition Baker de 1999 et s’en sert dans The Last Days According to Jesus, tout en rejetant le prétérisme complet. Kenneth L. Gentry dit ne pas partager toutes ses conclusions, mais y voit un livre qui « sets a standard of excellence » (cité par la Berean Bible Church). Gary DeMar en parle aussi avec éloge (même page). Keith A. Mathison a reconnu en 2004 l’avoir mal présenté dans When Shall These Things Be sur Ac 1:11 : Russell y tient une venue « visible et personnelle » (voir Actes 1.11 et le retour visible).
  • Prétéristes complets : l’IPA d’Ed Stevens l’a réédité, et la fiche Prétérisme complet en fait la référence la plus revendiquée par le mouvement, alors que Russell garde Ap 20:7-10 pour l’avenir.
  • Critiques : Richard Mayhue (The Master’s Seminary Journal, 2003) le range parmi les prétéristes « radicaux » ; Dennis Swanson (même revue, 2004) note qu’il garde le déliement de Satan pour l’avenir. Les critiques futuristes rappellent que les partiels comme les futuristes jugent hérétique une résurrection déjà passée (2 Tm 2:18 ; voir Hyménée et Philète).

Ce qu’on en sait et comment

Lu en partie, sur le texte numérisé de 1878 (archive.org) : la préface, la table des matières complète, la section sur la date de l’Apocalypse (p. 370-371), la première bête (p. 457-462), tout le commentaire d’Ap 20 (p. 513-524), la nouvelle Jérusalem (p. 525-529), le « Résumé et conclusion » en entier (p. 538-554) et l’appendice A et B. Pour l’édition de 1887 (archive.org), lu la page de « Notices » et la nouvelle préface. Le reste du livre (le détail des épîtres) n’a été vu qu’à travers la table des matières et les fiches de ce recueil qui en citent des pages (Matthieu 24.34, Matthieu 16.27-28, Langage apocalyptique et décréation, Apocalypse 1.1-3). Les éditions Baker et IPA n’ont pas été consultées.

À vérifier

  • Si l’édition Baker de 1983 portait déjà la préface de Sproul ou si celle-ci n’apparaît qu’en 1999 (la notice de 1999 la mentionne).
  • La pagination exacte des éditions de 1887 et de 1983 par rapport à celle de 1878 (les fiches de ce recueil citent parfois l’une, parfois l’autre).
  • Le contenu de la postface de l’édition de 1887, si elle est distincte de la nouvelle préface (la fiche d’auteur parle d’une « nouvelle préface et postface » ; Russell dit que sa préface est « plutôt une postface »).
  • La date et l’éditeur exacts de la « 3rd Edition » de David Clarke et de la traduction portugaise.
  • La reprise de Russell par Ernest Hampden-Cook (The Christ Has Come, 1895), non lue.

Voir aussi

Sources