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Arminianisme

L'arminianisme, du nom du théologien hollandais Jacobus Arminius (Jacob Harmenszoon, 1560-1609), est une théologie protestante du salut qui affirme que Dieu veut le salut de tous, que le Christ est mort pour tous, et que la grâce, nécessaire à chaque pas, peut être reçue ou refusée par l'homme.

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

L’arminianisme, du nom du théologien hollandais Jacobus Arminius (Jacob Harmenszoon, 1560-1609), est une théologie protestante du salut qui affirme que Dieu veut le salut de tous, que le Christ est mort pour tous, et que la grâce, nécessaire à chaque pas, peut être reçue ou refusée par l’homme. L’élection est fondée sur la prescience divine de la foi. Il partage avec le calvinisme la Justification par la foi seule et la nécessité absolue de la grâce, mais rejette l’élection inconditionnelle et la grâce irrésistible (voir Prédestination (calvinisme)). C’est aujourd’hui la position de la plupart des méthodistes, des pentecôtistes, des wesleyens et de nombreux baptistes.

Origine et généalogie

Précurseurs revendiqués. Ses partisans invoquent les Pères grecs (Justin, Irénée, Jean Chrysostome) et les Latins antérieurs à Augustin, qui défendent le libre arbitre ; Érasme, Du libre arbitre (1524) ; le luthérien Philippe Melanchthon dans ses dernières éditions des Loci (synergisme) ; des réformés comme Sébastien Castellion et, en Angleterre, Peter Baro à Cambridge (années 1590). Ces rapprochements sont partiels : aucun ne présente le système d’Arminius.

Première attestation documentée. Arminius, élève de Théodore de Bèze à Genève, pasteur à Amsterdam (1588), est chargé de réfuter Dirck Coornhert, mais en vient à douter de la prédestination supralapsaire. Professeur à Leyde (1603), il s’oppose à son collègue Franciscus Gomarus. Il expose sa position devant les États de Hollande dans sa Déclaration de ses sentiments (Declaratio sententiae, 30 octobre 1608). Il meurt en octobre 1609.

Remontrance. En janvier 1610, à Gouda, une quarantaine de pasteurs (le chiffre de 42 à 46 varie selon les sources), menés par Johannes Uytenbogaert, présentent aux États la Remontrance en cinq articles : élection conditionnelle (de ceux qui croient), expiation universelle, nécessité de la grâce régénératrice, grâce résistible, et persévérance laissée en question (« à examiner plus avant »).

Condamnation. Sur fond de crise politique (Maurice de Nassau contre Oldenbarnevelt, exécuté en 1619 ; Hugo Grotius emprisonné), le synode de Dordrecht (1618-1619) condamne les Remontrants ; environ 200 pasteurs sont destitués et bannis. Simon Episcopius rédige la Confession remontrante (1621) ; la Fraternité remontrante est tolérée à partir de 1630.

Diffusion. En Angleterre, l’« arminianisme » de l’archevêque William Laud est surtout liturgique et anti-puritain (années 1630). John Wesley (1703-1791) en fait la théologie du méthodisme : il publie The Arminian Magazine à partir de 1778 et insiste sur la grâce prévenante. Le Réveil américain (Charles Finney), le mouvement de sainteté et le Pentecôtisme et parler en langues en héritent. Défense contemporaine : Roger E. Olson, Arminian Theology: Myths and Realities (2006).

Chronologie

  • 1524 : Érasme, Du libre arbitre.
  • 1603 : Arminius professeur à Leyde.
  • 1608 : Declaratio sententiae.
  • 1610 : Remontrance.
  • 1618-1619 : synode de Dordrecht.
  • 1621 : Confession d’Episcopius.
  • 1778 : The Arminian Magazine de Wesley.
  • 2006 : Olson.

Ce que dit la doctrine

  • Dépravation : sans la grâce, l’homme ne peut rien faire de bon pour son salut (Arminius l’affirme expressément).
  • Grâce prévenante : Dieu donne à tous une grâce qui rend la foi possible.
  • Élection conditionnelle : Dieu élit ceux dont il prévoit la foi, ou élit le Christ et, en lui, ceux qui croient (élection « corporative »).
  • Expiation universelle : le Christ est mort pour tous, mais seuls ceux qui croient en reçoivent le bénéfice.
  • Grâce résistible : l’homme peut refuser l’appel.
  • Persévérance : les Remontrants l’ont laissée ouverte ; la plupart des arminiens ultérieurs (Wesley) admettent qu’un croyant peut déchoir (voir Sécurité éternelle).

Arguments de ses partisans

  • La volonté universelle de salut : 1 Tm 2:4 ; 2 P 3:9 ; Éz 33:11 ; le Christ est la victime expiatoire pour les péchés « du monde entier » (1 Jn 2:2, Segond 1910).
  • Les appels à la repentance et à la foi supposent une vraie capacité de répondre (Mt 23:37 ; Ac 7:51 : « vous vous opposez toujours au Saint-Esprit »).
  • Les avertissements contre l’apostasie (He 6:4-6 ; 10:26-29).
  • La justice de Dieu : il ne condamne pas sans que l’homme ait pu répondre.

Critiques de ses opposants

  • Calvinistes (Dordrecht ; John Owen, A Display of Arminianism, 1643) : faire dépendre l’élection de la foi prévue donne à l’homme ce qui distingue le sauvé du perdu, et ôte à Dieu la gloire du salut ; Rm 9:16 (« cela ne dépend ni de celui qui veut ni de celui qui court »).
  • Accusation de pélagianisme : les arminiens la rejettent, car ils affirment la nécessité de la grâce ; Olson (2006) distingue l’arminianisme classique d’un « semi-pélagianisme » populaire.
  • Glissements historiques : des Remontrants des XVIIe-XVIIIe siècles ont évolué vers le rationalisme et parfois l’antitrinitarisme, ce que les calvinistes présentent comme une pente ; les arminiens wesleyens y voient une histoire distincte.

Textes clés

Dt 30:19 ; Éz 18:23, 32 ; 33:11 ; Mt 23:37 ; Jn 1:9 ; 3:16 ; 12:32 ; Ac 7:51 ; Rm 2:4 ; 1 Tm 2:4-6 ; 4:10 ; Tt 2:11 ; He 2:9 ; 6:4-6 ; 2 P 3:9 ; 1 Jn 2:2.

Bibles qui la portent : les notes de la Wesley’s Explanatory Notes upon the New Testament (1755) ; la Bible annotée d’Adam Clarke (Commentary, 1810-1826) ; dans le monde francophone, les éditions méthodistes et pentecôtistes n’ont pas de notes arminiennes systématiques (à vérifier).

Voir aussi

Sources

  • Jacobus Arminius, Declaratio sententiae (1608) ; Opera theologica, Leyde, 1629 ; trad. anglaise The Works of James Arminius, 3 vol., 1825-1875.
  • Remonstrantie (1610), cinq articles.
  • Canons de Dordrecht (1619), « Rejet des erreurs ».
  • Simon Episcopius, Confessio (1621).
  • John Owen, A Display of Arminianism, 1643.
  • Carl Bangs, Arminius: A Study in the Dutch Reformation, Abingdon, 1971.
  • Keith D. Stanglin et Thomas H. McCall, Jacob Arminius: Theologian of Grace, Oxford, 2012.
  • Roger E. Olson, Arminian Theology: Myths and Realities, IVP, 2006.