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Louis Segond

Pasteur et hébraïsant genevois, Louis Segond a traduit seul toute la Bible à partir de l'hébreu, de l'araméen et du grec.

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

Pasteur et hébraïsant genevois, Louis Segond a traduit seul toute la Bible à partir de l’hébreu, de l’araméen et du grec. Sa traduction, révisée après sa mort et publiée en 1910, est devenue la Bible de référence des protestants francophones au XXe siècle (voir Bible Segond 1910).

Provenance et confession

Louis Segond naît le 3 mai 1810 à Plainpalais, alors commune voisine de Genève (la date du 3 octobre, parfois donnée, est contredite par le Dictionnaire historique de la Suisse). Son père, Joseph Segond, est un cordonnier catholique venu de Pariset, en Dauphiné ; sa mère, Jeanne Christine Dufour, est une Genevoise protestante. L’enfant est baptisé dans l’Église protestante de sa mère : c’est la seule « double appartenance » de sa vie, celle d’un foyer mixte. Sa langue est le français. Il se passionne d’abord pour les sciences naturelles et la médecine, puis s’inscrit en théologie à Genève (1830) ; consacré pasteur en 1834, il étudie à Bonn auprès de l’arabisant G. W. F. Freytag (1834-1835) et obtient à Strasbourg sa licence (1835) puis son doctorat en théologie (1836, thèse sur l’inspiration) ; Wikipédia mentionne aussi un séjour à Eisenach. Bourgeois de Genève en 1839, pasteur de l’Église nationale à Chêne-Bougeries de 1841 à 1864, aumônier militaire pendant la guerre du Sonderbund (1847), il reste réformé toute sa vie. Aucune appartenance à une société, un cercle ou une loge n’est rapportée.

Vie

  • Né le 3 mai 1810 à Plainpalais, près de Genève, dans une famille modeste d’origine française par son père.
  • Études de théologie à Genève, Strasbourg (doctorat en théologie) et Bonn.
  • Pasteur de l’Église nationale de Genève à Chêne-Bougeries (1841-1864) ; modérateur de la Compagnie des pasteurs en 1858.
  • Professeur d’hébreu et d’exégèse de l’Ancien Testament à Genève de 1872 à sa mort (après un cours libre de 1859 à 1864).
  • Meurt à Genève le 18 juin 1885.

Influence sur la Bible et la doctrine

La traduction (faits). En 1864, la Compagnie des pasteurs de Genève lui confie la traduction de l’Ancien Testament à partir de l’hébreu, et non de la Vulgate ni d’une révision des Bibles anciennes. Segond remet sa version achevée en 1871 ; elle paraît en deux volumes en 1874 (Dictionnaire historique de la Suisse). Segond traduit ensuite le Nouveau Testament de sa propre initiative, sur l’édition critique de Constantin von Tischendorf (même source) ; la Bible complète paraît à Oxford en 1880.

La révision de 1910 (faits). Après sa mort, une révision est entreprise sous l’égide des sociétés bibliques (Société biblique britannique et étrangère, avec des pasteurs de Genève et de France). Elle paraît en 1910 et devient la Bible Segond 1910, aujourd’hui dans le domaine public. Il faut donc distinguer le travail de Segond (1874-1880) et la révision de 1910, qui n’est pas de sa main.

Les choix (faits et interprétation). Segond cherche un français clair et élégant, moins mot à mot que David Martin ou Jean-Frédéric Ostervald. Pour le Nouveau Testament, il traduit le texte critique de Tischendorf et s’écarte donc du Textus Receptus en de nombreux endroits ; le détail des passages témoins diffère entre 1880 et 1910 (à vérifier verset par verset). La Segond 1910 garde « cette génération ne passera point » en Mt 24:34 et « le temps est proche » en Ap 1:3 et 22:10, sans note interprétative. Elle rend le nom divin par « l’Éternel », héritage de la tradition réformée française.

Le milieu (faits). La Genève de Segond est partagée entre le « Réveil » évangélique et une théologie libérale dominante dans l’Église nationale. Segond appartenait à l’Église nationale ; certains évangéliques de son temps lui ont reproché une traduction trop libre et des concessions à la critique. Les révisions ultérieures (Nouvelle Bible Segond, Segond 21) se sont encore éloignées du texte reçu.

Financement et réseaux

  • Documenté : commande de la Compagnie des pasteurs de Genève pour l’Ancien Testament ; révision de 1910 par les Sociétés bibliques.
  • Allégué : rien de notable.
  • Non démontré : aucun financement extérieur particulier.

Signaux d’alerte

Aucun signal documenté. La traduction de l’Ancien Testament est une commande publique de la Compagnie des pasteurs, la révision de 1910 est l’œuvre connue des sociétés bibliques, et sa carrière est celle d’un pasteur et professeur genevois ordinaire. Rien ne justifie une enquête plus poussée.

Pourquoi cette note

★★★★☆ : apport solide et durable, traduit des originaux par un hébraïsant compétent, sans notes doctrinales, et devenu la Bible commune des francophones. Réserves : une langue parfois plus élégante que littérale, des choix textuels dans le Nouveau Testament qui suivent la critique de son temps sans toujours le signaler au lecteur (à vérifier verset par verset), et une révision de 1910 qui n’est pas entièrement la sienne. La note ne dépend ni de sa confession ni de l’école textuelle.

Voir aussi

Sources

  • Louis Segond, La Sainte Bible, traduite sur les textes originaux hébreu et grec, Genève et Oxford, 1880.
  • Pierre-Maurice Bogaert (dir.), Les Bibles en français, Brepols, 1991.
  • Frédéric Amsler, « Segond, Louis », Dictionnaire historique de la Suisse, 2010, rév. 2013 (naissance, parents, études, pastorat 1841-1864, professorat 1872-1885, traduction de 1864-1874, Nouveau Testament sur le texte de Tischendorf).
  • Wikipédia (anglais), « Louis Segond » (baptême protestant, études à Genève, Strasbourg, Bonn et Eisenach, aumônerie de 1847).