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Bible Segond 1910

La Bible protestante francophone du XXe siècle. Traduite par Louis Segond, pasteur et professeur genevois, puis révisée après sa mort et publiée en 1910.

Fiche de recherche, sources indiquées. Évaluation proposée, pas encore confirmée. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

La Bible protestante francophone du XXe siècle. Traduite par Louis Segond, pasteur et professeur genevois, puis révisée après sa mort et publiée en 1910. Dans le domaine public, elle est partout : éditions bon marché, logiciels, sites, Bibles d’étude. Elle est aussi la mère d’une famille de révisions : Colombe (1978), Nouvelle Édition de Genève (1979), Nouvelle Bible Segond (2002), Segond 21 (2007), et le texte de la Bible Scofield en français.

Histoire

Faits documentés.

  • En février 1865, la Compagnie des pasteurs de Genève confie à Louis Segond (1810-1885) la traduction de l’Ancien Testament. Elle paraît en 1874 ; Segond en avait remis le manuscrit à la fin de 1871 (Wikipédia, « Bible Segond »), d’où la date de 1871 donnée par certaines sources.
  • La même Compagnie fait traduire le Nouveau Testament par Hugues Oltramare (publié en 1872). Segond traduit alors, à titre privé, son propre Nouveau Testament, publié en 1880. La Bible complète de Segond circule dès 1880.
  • Après sa mort, une révision est entreprise et publiée en 1910 sous l’égide de la Société biblique britannique et étrangère. Les réviseurs rapprochent certains termes du vocabulaire protestant traditionnel (par exemple « sacrificateurs » plutôt que « prêtres »). La composition exacte de la commission reste à vérifier.

Financement. Documenté : commande de la Compagnie des pasteurs de Genève (Ancien Testament) ; révision et diffusion massive par la Société biblique britannique et étrangère, financée par des souscriptions de chrétiens britanniques ; voir Sociétés bibliques. Allégué : on lit sur Internet que les sociétés bibliques auraient servi des intérêts financiers ou maçonniques ; aucun auteur sérieux n’apporte de pièce pour la Segond. Non démontré : aucun lien prouvé avec des banquiers ou des fondations.

Texte source et méthode

Ancien Testament sur le Texte massorétique. Pour le Nouveau Testament, Segond ne suit pas le Textus Receptus : il s’appuie sur le texte critique de son temps (on cite souvent l’influence de Constantin von Tischendorf ; l’édition précise n’est pas établie dans les sources consultées, à vérifier dans la préface de 1880). Le résultat est éclectique : il retient des leçons critiques (1 Jn 5:7, 1 Tm 3:16, Ap 22:19) mais garde dans le texte la finale de Marc et Ac 8:37. Méthode formelle, français sobre et clair, archaïsmes légers (« ne passera point »).

Passages témoins

PassageTraitement
Mt 24:34« Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n’arrive. » Sans ambiguïté, sans note.
Ap 1:1 et 22:10« les choses qui doivent arriver bientôt » ; « Car le temps est proche. »
1 Jn 5:7-8Absent : « Car il y en a trois qui rendent témoignage : » (la mention « dans le ciel, le Père, la Parole et le Saint-Esprit » est omise).
Mc 16:9-20Présent, sans crochets ni signe dans le texte courant.
Jn 7:53-8:11Présent.
1 Tm 3:16« celui qui a été manifesté en chair » (leçon critique hos), là où Martin, Ostervald et Darby ont « Dieu ».
Ap 22:19« l’arbre de la vie » (leçon des manuscrits grecs), là où Martin et Ostervald ont « livre de vie ».
Ac 8:37Présent, sans crochets : « Philippe dit : Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible. »

(Vérifié sur levangile.com et bible.audio, le 2026-10-27.)

Notes, livres et doctrine

Pas d’apocryphes. Pas de notes dans l’édition de base, donc aucune doctrine imposée au lecteur. Les éditions d’étude qui reprennent ce texte (Scofield, Thompson, etc.) ajoutent leurs propres notes : il faut juger la note séparément du texte.

Ce qu’on lui reproche

  • « La jeune fille » en Ésaïe 7:14. C’est le reproche le plus répandu dans les milieux évangéliques et chez les défenseurs du texte reçu : Segond 1910 écrit « la jeune fille deviendra enceinte », là où Martin, Ostervald, Darby et Crampon ont « vierge ». Pourquoi ce choix : l’hébreu ʿalmah désigne une jeune femme en âge de se marier ; Segond traduit l’hébreu de l’Ancien Testament pour lui-même, sans l’aligner sur la citation de Matthieu, qui suit la Septante (parthenos). Réponse : ses défenseurs notent qu’en Mt 1:23 la Segond écrit bien « la vierge », si bien que la foi en la naissance virginale n’est pas atteinte. La Société biblique de Genève a cependant mis « vierge » dans ses révisions (Nouvelle Édition de Genève 1979, Segond 21).
  • Des leçons critiques glissées sans le dire. Reproche des partisans du Textus Receptus (sites et prédicateurs « Martin » ou « Ostervald ») : la Comma johannique est retirée, 1 Tm 3:16 dit « celui qui » et Ap 22:19 « arbre de la vie », sans crochets ni note. Pourquoi : Segond fait son Nouveau Testament (1880) sur le texte critique de son temps ; dans une lettre du 25 décembre 1880, il autorise la Société biblique britannique et étrangère à corriger sa version, d’où la révision de 1910. Réponse : ces leçons sont celles des manuscrits grecs les plus anciens (voir Mouvement de critique textuelle).
  • Le reproche inverse : garder sans signe ce que les manuscrits anciens n’ont pas. Reproche des partisans du texte critique et des réviseurs ultérieurs (Colombe, NEG, Nouvelle Bible Segond, qui ajoutent crochets ou notes) : la doxologie du Notre Père, la finale de Marc, la femme adultère, Jn 5:4 et Ac 8:37 sont imprimés comme le reste. Pourquoi : on ne connaît pas la raison exacte (choix de Segond ou des réviseurs de 1910 : à vérifier). Réponse : le lecteur garde le texte traditionnel des Églises protestantes.
  • Des réviseurs mal connus. Reproche des historiens : la commission de 1910 n’est pas clairement documentée, et ses choix (« sacrificateurs » plutôt que « prêtres », etc.) ne sont pas expliqués. Réponse : aucune connue.

Versets ajoutés ou retirés

D’après levangile.com et bible.audio (vérifié le 2026-10-27) :

Pourquoi cette note

Qualités : traduction formelle, fidèle et claire, qui rend les passages témoins au plus près du grec qu’elle suit, sans notes qui orientent la lecture ; domaine public ; texte commun à presque tous les francophones. Réserves : texte grec éclectique dont la base n’est pas indiquée au lecteur ; ses choix (leçons critiques en 1 Jn 5:7, 1 Tm 3:16 et Ap 22:19, mais finale de Marc et Ac 8:37 gardés sans signe) ne sont signalés ni par des crochets ni par des notes, si bien que le lecteur ignore où le texte diverge des Bibles plus anciennes ; révision de 1910 dont on connaît mal les réviseurs. Un partisan du Textus Receptus regrettera ces leçons critiques, un partisan du texte critique regrettera qu’elle garde des passages qu’il juge ajoutés : la note ne tranche pas ce débat. 4/5.

Voir aussi

Sources

  • Article « Bible Segond », Wikipédia (consulté le 2026-10-27) : commande de 1865, Ancien Testament 1874, Nouveau Testament d’Oltramare, révision de 1910 par la SBBE.
  • Texte de la Segond 1910, levangile.com et bible.audio (passages témoins, consultés le 2026-10-27).
  • Frédéric Delforge, La Bible en France et dans la francophonie, Publisud / Société biblique française, 1991.
  • P.-M. Bogaert (dir.), Les Bibles en français, Brepols, 1991.
  • Daniel Lortsch, Histoire de la Bible en France, Paris, Société biblique britannique et étrangère, 1910 (publié l’année de la révision, par la société qui l’a éditée).
  • Louis Segond, préface du Nouveau Testament (1880), pour sa base textuelle (à consulter).
  • Lettre de Louis Segond du 25 décembre 1880 autorisant la Société biblique britannique et étrangère à corriger sa version : archives de la Bible Society, Cambridge University Library (archivesearch.lib.cam.ac.uk), consultée le 2026-10-27.
  • Comparateurs levangile.com et bible.audio, Es 7:14, Mt 6:13, Mc 16:9, Jn 5:4, Jn 7:53, 2 Th 2:2 (consultés le 2026-10-27).