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New King James Version

Modernisation de la langue de la King James 1611 qui garde son texte source : le Textus Receptus pour le Nouveau Testament. C'est la seule grande version anglaise moderne à le faire.

En bref

Modernisation de la langue de la King James 1611 qui garde son texte source : le Textus Receptus pour le Nouveau Testament. C’est la seule grande version anglaise moderne à le faire. Elle signale en note les leçons du texte critique (NU) et du Texte majoritaire (M), ce qui en fait un instrument de comparaison honnête. Elle a été conçue et payée par un éditeur commercial, Thomas Nelson, aujourd’hui propriété de HarperCollins.

Histoire

Documenté. Sam Moore, président de Thomas Nelson Publishers (Nashville), réunit en 1975 des responsables à Chicago et à Nashville pour lancer une mise à jour de la KJV. Arthur L. Farstad, issu des Frères de Plymouth et diplômé du Dallas Theological Seminary, dirige le Nouveau Testament, publié en 1979 ; Psaumes en 1980 ; Bible complète en 1982. Farstad publie la même année, avec Zane Hodges, The Greek New Testament According to the Majority Text (Thomas Nelson, 1982), d’où les notes « M ».

Documenté. HarperCollins (News Corp) annonce en 2011 l’achat de Thomas Nelson et conclut l’opération en juillet 2012 ; Nelson et Zondervan (éditeur de la New International Version) forment depuis HarperCollins Christian Publishing. Après ce rachat, les Gédéons ont abandonné la NKJV pour une édition spéciale de l’English Standard Version (vers 2013-2014 ; Wikipédia, Eternity News) ; aucun motif officiel n’a été publié (un échec de renégociation de licence est rapporté, non confirmé).

Texte source et méthode

Nouveau Testament : le Textus Receptus tel que sous-jacent à la KJV. Ancien Testament : texte massorétique de l’édition de Bomberg. Méthode formelle « complète » : on garde la structure de la KJV, en remplaçant les mots archaïques (thee, thou) et en modernisant la syntaxe. Notes de bas de page : leçons NU (Nestle-Aland / UBS) et M (Texte majoritaire), sans trancher.

Passages témoins

PassageTraitement
Mt 24:34« cette génération », rendu mot à mot, sans note.
Ap 1:1« shortly » (bientôt), comme la KJV.
1 Jn 5:7-8Comma conservé dans le texte, avec une note : NU et M l’omettent, « Only 4 or 5 very late mss. contain these words in Greek » (BibleGateway).
Mc 16:9-20Conservé, avec note : entre crochets dans NU, absent du Sinaïticus et du Vaticanus, présent dans presque tous les autres manuscrits.
1 Tm 3:16« God was manifested in the flesh », avec la note « NU Who ».
Ap 22:19« Book of Life », avec note signalant « tree of life » dans NU et M.
Ac 8:37Conservé, avec note : NU et M l’omettent ; présent dans les textes occidentaux et la tradition latine.

Notes, livres et doctrine

Pas d’apocryphes. Notes uniquement textuelles. Les défenseurs de la KJV seule reprochent à la NKJV des écarts par rapport à la KJV dans des centaines de passages et une dépendance occasionnelle aux leçons critiques ; certains (Gail Riplinger, Texe Marrs) dénoncent aussi le logo à trois anneaux de la couverture comme un symbole occulte. Interprétation : le logo est une triquetra, symbole trinitaire traditionnel ; l’accusation n’est pas étayée.

Financements

  • Documenté : projet entièrement financé par Thomas Nelson, entreprise commerciale, qui en détient le droit d’auteur ; depuis 2012, Thomas Nelson appartient à HarperCollins, filiale de News Corp (Rupert Murdoch).
  • Allégué : les mêmes auteurs qui visent la NIV présentent la propriété Murdoch comme une mainmise du monde sur les deux grandes Bibles évangéliques.
  • Non démontré : aucune intervention de HarperCollins ou de News Corp dans le texte de la NKJV, fixé en 1982, n’est connue. Voir Financements - documenté et allégué.

Ce qu’on lui reproche

La NKJV est attaquée des deux côtés : par les défenseurs de la King James seule, parce qu’elle s’en écarte, et par les partisans du texte critique, parce qu’elle garde le Textus Receptus.

  • Le reproche (« King James seulement ») : des milliers d’écarts par rapport à la KJV. D. A. Waite (Defending the King James Bible, 1992 ; brochures du Dean Burgon Society) affirme relever plus de deux mille cas où la NKJV ajoute, retranche ou change le sens de la KJV (chiffre de Waite, non vérifié). Passages souvent cités : Ac 2:47 (« those who were being saved » au lieu de « such as should be saved ») ; 1 Co 1:18 (« us who are being saved ») ; 2 Co 2:17 (« peddling » au lieu de « corrupt ») ; « Hades » au lieu de « hell » dans plusieurs passages. Pourquoi ce choix : la préface dit traduire le même texte grec que la KJV, mais selon l’état actuel de la langue et des lexiques ; le participe présent passif grec signifie « ceux qui sont en train d’être sauvés ». Réponse : Arthur Farstad (The NKJV in the Great Tradition, 1989) soutient que ces rendus sont plus exacts sur le grec du Textus Receptus lui-même.
  • Le reproche (« King James seulement ») : des notes qui sèment le doute. Les mêmes auteurs reprochent les notes NU et M, qui mettraient sur le même plan le texte reçu et des textes « corrompus ». Pourquoi : la préface présente ces notes comme une information honnête, pour que le lecteur voie les trois traditions. Réponse : les défenseurs de la NKJV y voient sa principale qualité.
  • Le reproche (« King James seulement ») : le logo. Gail Riplinger et Texe Marrs voient dans la triquetra de la couverture un symbole occulte. Réponse : c’est un symbole trinitaire chrétien ancien (voir plus haut).
  • Le reproche (critiques textuels) : garder un texte dépassé. Des spécialistes du texte critique (par exemple Daniel B. Wallace, Bruce Metzger) reprochent de traduire un texte grec imprimé au XVIe siècle sur quelques manuscrits tardifs, y compris la Comma johannique. Pourquoi : le comité dit vouloir rester dans la tradition de la KJV et respecter les lecteurs qui l’utilisent ; ses directeurs (Farstad, Hodges) défendaient le Texte majoritaire. Réponse : les notes permettent au lecteur de voir les autres leçons.
  • Le reproche : un produit commercial. Des critiques soulignent que le projet a été conçu par un éditeur (Sam Moore, Thomas Nelson) qui détient le droit d’auteur et qui appartient aujourd’hui à HarperCollins (News Corp). Réponse : le texte, fixé en 1982, n’a pas été modifié depuis le rachat (aucune intervention connue).
  • Des choix de la KJV corrigés. Comme la RSV, la NKJV rend Ac 12:4 par « Passover » (la KJV avait « Easter », que des critiques de la KJV jugent anachronique), mais elle garde « Lucifer » en Es 14:12 (note « Lit. Day Star ») ; elle remplace « Holy Ghost » par « Holy Spirit » et « Jehovah » (quatre emplois seuls dans la KJV) par « LORD » : Ex 6:3 (note « Heb. YHWH, traditionally Jehovah »), Ps 83:18, et « YAH, the LORD » en Es 12:2 et 26:4 (BibleGateway).

Versets ajoutés ou retirés

Tous les passages du Textus Receptus sont dans le texte, avec une note NU ou M quand ils manquent ailleurs : 1 Jean 5-7-8 - la Comma johannique, Actes 8-37 - la confession de l’eunuque, Marc 16-9-20 - la finale de Marc, Jean 7-53 à 8-11 - la femme adultère, 1 Timothée 3-16 - Dieu manifesté (« God »), Apocalypse 22-19 - livre de vie ou arbre de vie (« Book of Life »), Matthieu 6-13 - la doxologie du Notre Père, Colossiens 1-14 - par son sang, Luc 2-33 - Joseph ou son père (« Joseph and His mother »), Marc 1-2 - Ésaïe ou les prophètes (« the Prophets »). Ancien Testament massorétique : Ésaïe 7-14 - vierge ou jeune femme « virgin ».

Pourquoi cette note

Texte source traditionnel, méthode formelle, appareil de notes neutre qui montre au lecteur les variantes au lieu de les cacher : c’est un modèle de transparence textuelle : le lecteur voit les trois traditions (TR, NU, M) sans qu’on choisisse pour lui dans les notes. Réserves : projet commercial lancé par un éditeur, quelques choix discutés par rapport à la KJV, propriété actuelle d’un groupe de médias. 4/5.

Voir aussi

King James 1611 · Textus Receptus · Texte majoritaire · Edward F. Hills · John William Burgon · New International Version · Les Frères de Plymouth · Dallas Theological Seminary

Sources

  • The Holy Bible, New King James Version, Nashville, Thomas Nelson, 1982 (préface).
  • Arthur L. Farstad, The New King James Version in the Great Tradition, Nashville, Thomas Nelson, 1989 (2e éd. 1993).
  • Zane C. Hodges et Arthur L. Farstad, The Greek New Testament According to the Majority Text, Nashville, Thomas Nelson, 1982.
  • D. A. Waite, Defending the King James Bible, Collingswood, Bible for Today, 1992 (critique « King James seulement »).
  • Gail Riplinger, New Age Bible Versions, Munroe Falls, AV Publications, 1993 (critique, non fiable sur les faits).
  • James R. White, The King James Only Controversy, Minneapolis, Bethany House, 1995 (2e éd. 2009).
  • « HarperCollins to Acquire Thomas Nelson », Publishers Weekly, fin octobre 2011 ; Christian Retailing, juillet 2012.