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Bible Darby

Traduction de John Nelson Darby, fondateur des Frères de Plymouth et père du Dispensationalisme. Le Nouveau Testament paraît à Vevey (Suisse) en 1859, la Bible complète en 1885, trois ans après sa mort, achevée par ses collaborateurs.

Fiche de recherche, sources indiquées. Évaluation proposée, pas encore confirmée. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

Traduction de John Nelson Darby, fondateur des Frères de Plymouth et père du Dispensationalisme. Le Nouveau Testament paraît à Vevey (Suisse) en 1859, la Bible complète en 1885, trois ans après sa mort, achevée par ses collaborateurs. C’est une des Bibles françaises les plus littérales qui soient ; elle est encore éditée par les assemblées de Frères (éditions Bibles et Publications chrétiennes, Valence).

Histoire

Faits documentés. Darby (1800-1882), ancien prêtre anglican irlandais, passe de longues années en Suisse romande et dans le Midi de la France à partir de 1838 ; il y fonde de nombreuses assemblées. Il traduit lui-même la Bible en allemand (Elberfelder, avec d’autres), en français et en anglais. Pour le français, il travaille avec des frères de langue française. L’Ancien Testament est terminé par ses collaborateurs.

Financement. Documenté : Darby disposait de ressources familiales et vivait très simplement ; les éditions sont publiées par les assemblées elles-mêmes. Allégué : des auteurs relient le dispensationalisme à des intérêts financiers ou politiques (voir Financements - documenté et allégué), mais ces allégations visent surtout la Scofield Reference Bible, pas la traduction française de Darby. Non démontré : aucun financement extérieur connu de cette traduction.

Texte source et méthode

Darby ne suit pas le Textus Receptus : il établit son propre texte en comparant les manuscrits et les éditions de son temps (Griesbach, Lachmann, Tischendorf, Tregelles), avec des notes qui signalent les variantes. Méthode formelle poussée à l’extrême : ordre des mots grec conservé, mots ajoutés entre crochets, distinctions de temps verbaux rigoureuses. Le français en devient parfois raide.

Passages témoins

PassageTraitement
Mt 24:34« En vérité, je vous dis : Cette génération ne passera point que toutes ces choses ne soient arrivées. » La traduction ne tranche pas ; l’interprétation que Darby donne du verset se trouve dans ses commentaires, non dans le texte (voir Futurisme et Prétérisme pour les lectures en présence).
Ap 1:1 et 22:10« bientôt » ; « le temps est proche ».
1 Jn 5:7-8Absent du texte : « car il y en a trois qui rendent témoignage » (la mention du Père, de la Parole et du Saint-Esprit est omise ; présence d’une note à vérifier).
Mc 16:9-20Présent, sans crochets.
1 Tm 3:16« Dieu a été manifesté en chair » (Darby garde ici la leçon majoritaire).
Ap 22:19« l’arbre de vie » (leçon critique).
Ac 8:37Présent, sans crochets.

(D’après levangile.com et bible.audio, édition 1885, consultés le 2026-10-27.)

Notes, livres et doctrine

Pas d’apocryphes. Les notes de la traduction sont surtout philologiques (variantes, sens littéral). La doctrine n’est pas dans le texte mais dans l’immense œuvre de commentaires de Darby (Études sur la Parole) : parenthèse de l’Église, enlèvement secret avant la tribulation, futur règne terrestre d’Israël. Voir Enlèvement prétribulationnel et Futurisme.

Ce qu’on lui reproche

  • Avoir retiré des versets du texte reçu. Reproche des lecteurs francophones attachés au Textus Receptus (partisans de Martin et d’Ostervald) : la Comma johannique disparaît, Ap 22:19 devient « arbre de vie », la doxologie du Notre Père manque. Pourquoi : Darby établit son propre texte en comparant les éditions critiques de son temps (Griesbach, Lachmann, Tischendorf, Tregelles) et s’en explique dans sa préface. Réponse : ses défenseurs soulignent qu’il garde ce que ces éditions rejetaient quand il jugeait les preuves insuffisantes (finale de Marc, Ac 8:37, « Dieu » en 1 Tm 3:16).
  • Une traduction au service de l’enlèvement ? Des adversaires du Dispensationalisme soupçonnent certains choix de servir la doctrine de Darby, l’exemple le plus cité étant 2 Th 2:2, où Darby écrit « comme si le jour du Seigneur était là » au lieu de « proche » (Martin, Ostervald) (les auteurs précis de ce reproche en français sont à identifier). Pourquoi : le parfait grec enestēken signifie « être présent ». Réponse : la Bible Segond 1910 (« était déjà là »), la Bible de Lausanne et la plupart des versions modernes font le même choix, ce qui montre une lecture grammaticale et non seulement doctrinale.
  • « Assemblée » au lieu d’« Église ». Reproche courant dans les Églises de dénomination : le mot traduit l’ecclésiologie des Frères, qui refusent les Églises organisées. Pourquoi : ekklēsia signifie littéralement « assemblée ». Réponse : d’autres traducteurs sans lien avec les Frères ont fait le même choix ponctuellement (à vérifier).
  • Un français raide, parfois peu compréhensible. Reproche de traducteurs partisans de l’équivalence dynamique, par exemple Sylvain Romerowski, traducteur de la Bible du Semeur (2024). Pourquoi : Darby veut garder l’ordre des mots, les temps verbaux et la distinction des termes grecs. Réponse : c’est précisément ce qui en fait un outil d’étude pour ceux qui ne lisent pas le grec.

Versets ajoutés ou retirés

D’après le texte de 1885 reproduit par levangile.com et bible.audio (vérifié le 2026-10-27) :

Pourquoi cette note

Qualités : littéralité exceptionnelle, honnêteté philologique (variantes signalées, mots ajoutés entre crochets), notes de traduction sans doctrine. Réserves : texte grec établi par Darby lui-même, éclectique, dont les choix ne sont pas toujours justifiés pour le lecteur français ; il s’écarte du Textus Receptus (1 Jn 5:7, Ap 22:19) sans suivre entièrement les éditions critiques (1 Tm 3:16) ; français raide ; Ancien Testament achevé après sa mort par des collaborateurs. Changement : la note de départ (3/5) abaissait la traduction à cause de la doctrine de son auteur et du réseau qui la diffuse. Ce critère n’est plus retenu : la doctrine de Darby est dans ses commentaires, pas dans sa traduction, et ce recueil décrit le dispensationalisme sans le noter. Sur les critères neutres (fidélité, méthode, transparence, notes) : 4/5.

Voir aussi

Sources

  • Texte de la Bible Darby (1885), levangile.com et bible.audio (consultés le 2026-10-27).
  • Max S. Weremchuk, John Nelson Darby. A Biography, Loizeaux, 1992.
  • Frédéric Delforge, La Bible en France et dans la francophonie, Publisud / Société biblique française, 1991.
  • Préface de Darby au Nouveau Testament français (éditions de Vevey et rééditions de Bibles et Publications chrétiennes), sur ses principes de texte et de traduction (à consulter).
  • Article « Traductions de la Bible en français », Wikipédia (consulté le 2026-10-27).
  • Sylvain Romerowski, « La Bible du Semeur : principes et caractéristiques de cette traduction de la Bible », sylvain-romerowski.ibnogent.org, 2024 (jugement sur la littéralité de Darby).
  • Comparateurs levangile.com et bible.audio, Mt 6:13, Mc 16:9, Jn 5:4, Jn 7:53, 2 Th 2:2, Es 7:14 (consultés le 2026-10-27).