Fiche de recherche, sources indiquées. Évaluation proposée, pas encore confirmée. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.
En bref
Édition française de la New Scofield Reference Bible (Oxford University Press, 1967), elle-même révision de la Scofield Reference Bible de 1909 de Cyrus Ingerson Scofield. Publiée par la Société biblique de Genève, avec La Maison de la Bible (Genève et Paris). Le texte biblique est une Segond révisée ; ce qui fait de cette Bible un outil doctrinal, ce sont ses notes, ses titres et ses tableaux dispensationalistes. Elle a été le principal véhicule du Dispensationalisme dans les Églises évangéliques francophones.
Histoire
Faits documentés.
- Scofield publie la Scofield Reference Bible en 1909 chez Oxford University Press, avec la King James comme texte. Une révision (New Scofield) paraît en 1967.
- Des notices de bibliothèques décrivent l’édition française comme l’« édition française de la New Scofield Reference Bible », publiée à Genève et Paris par la Société biblique de Genève et La Maison de la Bible ; une notice donne 1975 (copyright 1967) et un second tirage en 1976.
- Le texte biblique est désigné comme la version de Louis Segond révisée ; s’agit-il de la Nouvelle Édition de Genève (1979) dans les tirages ultérieurs ? À vérifier sur l’édition en main.
Financement. Documenté : l’édition anglaise est un produit commercial d’Oxford University Press ; l’édition française est publiée par la Société biblique de Genève, association évangélique financée par ses ventes et ses dons. Allégué : des auteurs en ligne affirment que Scofield aurait été introduit et financé par l’avocat Samuel Untermyer (par le Lotos Club de New York) pour servir le Sionisme chrétien. Ces affirmations prolongent un soupçon de Joseph M. Canfield (The Incredible Scofield and His Book, 1988, p. 174), qui documente la vie trouble de Scofield et relève qu’Untermyer siégeait au comité du Lotos Club quand Scofield y fut admis (1901), sans dire qu’il l’a parrainé ni financé, et sans produire de pièce. Les bailleurs nommés par Arno C. Gaebelein (1943) sont des hommes d’affaires évangéliques (Alwyn Ball Jr., John T. Pirie, Francis E. Fitch). Voir Financements - documenté et allégué. Non démontré : aucun lien financier entre ces réseaux américains et l’édition française de 1975.
Texte source et méthode
Texte Segond révisé (méthode formelle). Les passages témoins suivent donc, en gros, la Bible Segond 1910 ou sa révision genevoise (Nouvelle Édition de Genève : « Dieu » en 1 Tm 3:16, crochets pour Mc 16:9-20 et Ac 8:37). À vérifier selon l’édition.
Passages témoins
| Passage | Traitement |
|---|---|
| Mt 24:34 | Le texte dit « cette génération » ; la note de Scofield (1909, reprise en 1967) propose de comprendre genea comme « race » (la nation d’Israël) ou comme la génération qui verra les signes futurs. C’est l’interprétation futuriste du verset, présentée en note. |
| Ap 1:1 | « bientôt » dans le texte ; les notes placent l’essentiel de l’Apocalypse (ch. 4 à 22) dans un futur encore à venir. |
| 1 Jn 5:7-8 | Absent (texte Segond). |
| Mc 16:9-20 | Selon la révision utilisée (à vérifier). |
| 1 Tm 3:16 | Selon la révision utilisée (à vérifier). |
| Ap 22:19 | « arbre de vie » (texte Segond). |
Notes, livres et doctrine
Pas d’apocryphes. Notes sur les sept « dispensations », sur la parenthèse de l’Église, sur l’Enlèvement prétribulationnel, sur la 70e semaine de Daniel repoussée à la fin des temps, sur le rétablissement futur d’Israël. Les notes sont imprimées sur la même page que le texte ; ses critiques (de toutes écoles, y compris d’autres futuristes) estiment que cette mise en page fait confondre la note et le texte, ce que ses défenseurs contestent en rappelant que les notes sont typographiquement distinctes.
Ce qu’on lui reproche
Les reproches visent les notes, non le texte Segond révisé qu’elles accompagnent.
- Mt 24:34 : faire de « cette génération » une « race » ou une génération future. Reproche des prétéristes et des amillénaristes réformés : la note détourne le sens naturel du mot. Pourquoi : Scofield (1909, repris en 1967) lit le discours du mont des Oliviers comme une prophétie de la fin des temps, ce qui l’oblige à expliquer genea autrement. Réponse : les lexiques admettent pour genea le sens de lignée, et d’autres traductions anciennes l’ont compris ainsi (voir Bible de Port-Royal).
- Daniel 9 : la 70e semaine reportée à la fin des temps. Reproche des théologiens réformés, par exemple Oswald T. Allis, Prophecy and the Church (1945) : rien dans le texte n’indique un intervalle de près de deux mille ans entre la 69e et la 70e semaine. Pourquoi : le système dispensationaliste distingue Israël et l’Église et place une « parenthèse » de l’Église entre les deux. Réponse : les dispensationalistes (Chafer, Walvoord) invoquent les prophéties à accomplissement différé. Voir Daniel 9-25-27 - les soixante-dix semaines.
- Gn 1:2 : la théorie de la « ruine et restauration ». Reproche de créationnistes de la terre jeune comme d’exégètes : la note de 1909 lit un intervalle entre Gn 1:1 et 1:2 que le texte ne dit pas. Pourquoi : concilier la Genèse et la géologie du XIXe siècle. Réponse : la note est présentée comme une explication possible ; son maintien dans l’édition française de 1975 est à vérifier.
- Des notes qu’on lit comme le texte. Reproche d’historiens et de critiques de toutes écoles (Canfield, 1988 ; Sandeen, 1970, en historien) : la mise en page fait passer un système pour l’Écriture. Réponse : les défenseurs (Mangum et Sweetnam, 2009) rappellent que les notes sont typographiquement distinctes et que Scofield les présentait comme une aide.
Versets ajoutés ou retirés
Le texte est une Segond révisée ; selon l’édition, il suit la Bible Segond 1910 ou la Nouvelle Édition de Genève, qui met des crochets à Marc 16-9-20 - la finale de Marc, Jean 7-53 à 8-11 - la femme adultère et Actes 8-37 - la confession de l’eunuque et rétablit « vierge » en Ésaïe 7-14 - vierge ou jeune femme. Non vérifié sur un exemplaire de 1975 : à vérifier.
Pourquoi cette note
Qualités : le texte biblique est une Segond correcte ; les notes sont abondantes, structurées, et leurs défenseurs y voient une aide à la lecture suivie de toute l’Écriture. Réserves : ce n’est pas la doctrine des notes qui est jugée ici (ce recueil décrit le Dispensationalisme sans le noter), c’est leur fonction : un système d’interprétation complet (dispensations, titres, tableaux) imprimé sur la même page que le texte, sans signaler au lecteur qu’il existe d’autres lectures. Le barème vise ce cas (« notes doctrinales tendancieuses ») ; il s’appliquerait de la même façon à une Bible d’étude prétériste, historiciste ou confessionnelle construite ainsi. 2/5 et non 1/5, parce que le texte lui-même n’est pas modifié.
Voir aussi
- Cyrus Ingerson Scofield · Scofield Reference Bible · Samuel Untermyer
- Dispensationalisme · Enlèvement prétribulationnel · Sionisme chrétien
- John Nelson Darby · Bible Darby · Dallas Theological Seminary
- Bible Segond 1910 · Segond 21
Sources
- Notices de catalogue (CiNii, Japon ; bibliothèque de l’Africa International University) pour l’édition SBG / Maison de la Bible, 1967 / 1975 (consultées le 2026-10-27).
- Joseph M. Canfield, The Incredible Scofield and His Book, Ross House Books, 1988.
- C. I. Scofield (éd.), The Scofield Reference Bible, Oxford University Press, 1909 ; The New Scofield Reference Bible, 1967.
- R. Todd Mangum et Mark S. Sweetnam, The Scofield Bible: Its History and Impact on the Evangelical Church, Paternoster, 2009 (étude historique, plus favorable que Canfield).
- Ernest R. Sandeen, The Roots of Fundamentalism: British and American Millenarianism, 1800-1930, University of Chicago Press, 1970.
- Oswald T. Allis, Prophecy and the Church, Philadelphie, Presbyterian and Reformed, 1945.