Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.
En bref
David Otis Fuller (1903-1988), pasteur baptiste de Grand Rapids (Michigan) pendant quarante ans, est celui qui a fait connaître au grand public évangélique la défense exclusive de la King James 1611. Son recueil Which Bible? (1970) rassemble des textes de John William Burgon, de Frederick Henry Ambrose Scrivener et d’autres, et reprend de larges extraits de Benjamin G. Wilkinson. Il fonde la Which Bible? Society et publie deux autres recueils.
Provenance et confession
Né le 20 novembre 1903 à Brooklyn (New York), Fuller est de langue anglaise ; le milieu de ses parents n’est pas documenté dans les sources consultées. Il se convertit en avril 1916, à treize ans, lors d’une réunion de réveil de J. Wilbur Chapman et Charles Alexander en Caroline du Nord, et il est baptisé par I. M. Haldeman, pasteur de la First Baptist Church de New York, figure du fondamentalisme baptiste. Il étudie au Wheaton College puis au Princeton Theological Seminary (avant la scission de 1929, à vérifier). Pasteur baptiste (date d’ordination à vérifier), il sert comme aumônier de la Marine américaine pendant la Seconde Guerre mondiale. Il appartient au milieu des baptistes réguliers et siège longtemps au conseil de l’Association of Baptists for World Evangelism (ABWE). Aucune appartenance à une loge ou à un cercle n’est documentée.
Vie
Après un pastorat à la Chelsea Baptist Church d’Atlantic City (New Jersey), Fuller est installé le 4 novembre 1934 à la Wealthy Street Baptist Church de Grand Rapids, qu’il dirige jusqu’en 1974. Il participe à la fondation du Baptist Bible Institute de Grand Rapids (aujourd’hui Cornerstone University), qu’il préside de 1941 à 1944, et à celle du Children’s Bible Hour (1942), émission pour enfants qu’il préside longtemps. Il publie Valiant for the Truth (1961), puis ses trois recueils sur le texte biblique. Il meurt le 21 février 1988 à Grand Rapids.
Influence sur la Bible et la doctrine
Les faits.
- Which Bible? (1970 ; 3e éd. 1972), True or False? The Westcott-Hort Textual Theory Examined (1973), Counterfeit or Genuine? (1978) : des recueils de textes d’autres auteurs, présentés par Fuller, qui défendent le Textus Receptus et le texte byzantin (voir Texte majoritaire et Texte byzantin Robinson-Pierpont) contre le Texte de Westcott et Hort.
- Le recueil met à la portée des pasteurs des textes savants (Burgon, Scrivener) jusque-là difficiles d’accès ; c’est son apport réel.
- Le chercheur baptiste Doug Kutilek a montré qu’une partie importante de Which Bible? reprend Our Authorized Bible Vindicated de Wilkinson, et ses critiques (Kutilek, James R. White) relèvent que l’appartenance adventiste de Wilkinson n’est pas signalée au lecteur, dans un milieu baptiste qui tenait l’adventisme pour une secte.
- Ses partisans répondent que l’appartenance d’un auteur ne change rien à la valeur de ses arguments, et que Fuller nomme bien Wilkinson comme auteur des extraits.
Interprétation. Fuller est un vulgarisateur, non un savant : il n’a ni traduit ni édité de texte, mais il a choisi et diffusé. Le reproche principal porte sur la transparence : présenter Wilkinson sans dire d’où il venait (fait rapporté par ses critiques ; le contenu exact de la présentation de Wilkinson dans chaque édition est à vérifier). Ses défenseurs voient en lui un pasteur qui a rendu accessible un débat que les séminaires avaient tranché sans le public.
Financement et réseaux
- Documenté : la Which Bible? Society et Grand Rapids International Publications publient ses recueils ; réseau des baptistes réguliers (ABWE, Cornerstone, Children’s Bible Hour).
- Allégué : aucune allégation connue.
- Non démontré : rien n’indique un financement extérieur à ce milieu.
Signaux d’alerte
Aucun signal documenté. Le signal 1 a été examiné : le silence sur l’appartenance adventiste de Wilkinson concerne une source, non le passé de Fuller lui-même, dont le parcours est public. Le signal 4 ne s’applique pas : Fuller défend une position, sans toucher au texte biblique. Conclusion : rien de suspect ; un point de transparence éditoriale mérite d’être vérifié édition par édition.
Pourquoi cette note
Deux étoiles. Indépendance : réelle, aucun commanditaire. Fidélité au texte : sans objet direct (il n’a pas édité de texte). Transparence : le point faible, si les critiques sont exactes sur la présentation de Wilkinson. Son influence, mesurée par le barème, est surtout d’avoir donné une large diffusion à une thèse historiquement fragile (voir Benjamin G. Wilkinson) ; on lui reconnaît d’avoir aussi remis Burgon et Scrivener entre les mains des lecteurs. La note ne juge pas la préférence pour le Textus Receptus.
Voir aussi
- King James seulement · Préservation providentielle du texte · Textus Receptus · Texte majoritaire · King James 1611
- Benjamin G. Wilkinson · Peter Ruckman · Gail Riplinger · Edward F. Hills · John William Burgon
Sources
- David Otis Fuller (éd.), Which Bible?, Grand Rapids International Publications, 1970 ; 3e éd., 1972.
- David Otis Fuller (éd.), True or False?, 1973 ; Counterfeit or Genuine?, 1978.
- Notice biographique, Cedarville University (Digital Commons, orateurs de remise des diplômes), pour la naissance et le pastorat de Wealthy Street.
- Notice « David Otis Fuller », Wikipédia anglaise (consultée le 2026-10-27).
- Doug Kutilek, « The Unlearned Men: The Genealogy of the King James Version Only Movement » (article en ligne ; date à vérifier).
- James R. White, The King James Only Controversy, Bethany House, 1995.