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Benjamin G. Wilkinson

Benjamin George Wilkinson (1872-1968), missionnaire et professeur adventiste du septième jour, publie en 1930 Our Authorized Bible Vindicated, le premier exposé systématique de la thèse selon laquelle la King James 1611 porte le texte pur de la Bible et les versions modernes un texte corrompu.

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

Benjamin George Wilkinson (1872-1968), missionnaire et professeur adventiste du septième jour, publie en 1930 Our Authorized Bible Vindicated, le premier exposé systématique de la thèse selon laquelle la King James 1611 porte le texte pur de la Bible et les versions modernes un texte corrompu. Le livre passe presque inaperçu de son vivant ; il devient influent quarante ans plus tard, quand David Otis Fuller en reprend de larges extraits dans Which Bible? (1970). Les historiens du mouvement King James seulement le tiennent pour son point de départ documenté.

Provenance et confession

Né en 1872, Wilkinson est de langue anglaise ; son lieu de naissance exact est incertain (la notice Wikipédia anglaise indique l’Angleterre, d’autres notices circulent : à vérifier dans une encyclopédie adventiste ou une nécrologie de la Review and Herald). Sa famille et ses études ne sont pas documentées dans les sources consultées. Il appartient toute sa vie adulte à l’Église adventiste du septième jour (voir Adventisme et 1844), où il sert comme missionnaire, puis comme doyen de théologie au Washington Missionary College de Takoma Park, Maryland (aujourd’hui Washington Adventist University, dont le bâtiment administratif porte son nom, Wilkinson Hall). Aucune appartenance à une loge, un club ou un cercle n’est documentée.

Vie

Wilkinson fait carrière dans les institutions adventistes : missions, enseignement, direction d’établissement (fonctions et dates exactes à vérifier). À la conférence biblique adventiste de 1919, il représente l’aile conservatrice, qui tient les écrits d’Ellen G. White pour inerrants, contre le président de la Conférence générale, A. G. Daniells, qui réserve l’inerrance à la Bible. En 1930, il publie Our Authorized Bible Vindicated ; il écrit aussi Truth Triumphant (sur l’Église « dans le désert », date à vérifier). Il meurt en 1968.

Influence sur la Bible et la doctrine

Les faits.

  • Le livre réagit à la Revised Version (1881-1885) et à l’American Standard Version (1901), et aux discussions adventistes sur leur usage (voir Revised Version et American Standard Version).
  • Il trace deux lignées : d’un côté, les Bibles « pures » (Vieille Latine des Vaudois, Textus Receptus, King James) ; de l’autre, un texte « corrompu » venu d’Alexandrie et d’Origène, porté par le Codex Vaticanus, le Codex Sinaiticus et le Texte de Westcott et Hort.
  • Il s’appuie beaucoup sur John William Burgon et sur des historiens protestants anciens des Vaudois.
  • Une critique détaillée du livre (A Review of « Our Authorized Bible Vindicated »), publiée dans le fonds du Ellen G. White Estate, conteste son usage des sources et le juge partial ; elle est cataloguée sous le nom de W. E. Howell et datée de 1931 par le White Estate ; les procès-verbaux du comité de la Conférence générale de mai 1931 montrent que la direction adventiste avait fait préparer une déclaration sur le livre (le lien exact entre les deux documents est à vérifier). L’Église adventiste n’a jamais adopté sa thèse.
  • Des critiques baptistes (Doug Kutilek) ont recensé des erreurs historiques dans le livre ; ses défenseurs répondent que l’appartenance de l’auteur ne change rien aux preuves qu’il rassemble.

Interprétation. Wilkinson a posé, avant tout autre, le cadre de pensée du mouvement : deux textes, deux lignées, l’une providentielle, l’autre suspecte. Ses partisans y voient une intuition juste, que Edward F. Hills reprendra avec plus de rigueur ; ses critiques y voient une construction historique fragile, dont certaines affirmations (sur les Vaudois, sur l’histoire des manuscrits) ne résistent pas à la vérification. Sur la doctrine elle-même, voir King James seulement et Préservation providentielle du texte.

Financement et réseaux

  • Documenté : livre publié à compte d’auteur ou par une petite maison à Washington (éditeur exact à vérifier) ; aucun soutien institutionnel connu, son Église ne l’a pas endossé.
  • Allégué : aucune allégation connue.
  • Non démontré : rien n’indique un financement extérieur.

Signaux d’alerte

Aucun signal documenté. Le signal 4 a été examiné : Wilkinson présente sa thèse comme une thèse, dans un livre d’histoire, sans toucher au texte biblique ni à des notes de Bible. Le reproche souvent fait au mouvement, d’avoir tu son origine adventiste, vise ceux qui ont repris son livre (voir David Otis Fuller), non Wilkinson lui-même, qui signait sous son nom. Conclusion : rien de suspect ; la question est celle de la qualité historique du livre, pas d’une infiltration.

Pourquoi cette note

Deux étoiles. Indépendance et transparence : réelles, il écrit sous son nom, sans commanditaire, et défend une conviction. Honnêteté documentée et rigueur : c’est là que le bât blesse ; des lecteurs de sa propre Église comme des critiques extérieurs ont relevé un usage partial des sources et des erreurs historiques, et ce livre est devenu la base d’un mouvement durable. La note ne porte pas sur la préférence pour le Textus Receptus, position que d’autres défendent avec plus de rigueur (voir Edward F. Hills).

Voir aussi

Sources

  • Benjamin G. Wilkinson, Our Authorized Bible Vindicated, Washington D.C., 1930.
  • W. E. Howell (attribué), A Review of « Our Authorized Bible Vindicated » by B. G. Wilkinson, 1931, 125 p., Ellen G. White Estate (egwwritings.org) ; procès-verbaux du comité de la Conférence générale, mai 1931 (documents.adventistarchives.org, GCC1931-06).
  • David Otis Fuller (éd.), Which Bible?, Grand Rapids International Publications, 1970.
  • Roy E. Beacham et Kevin T. Bauder (dir.), One Bible Only? Examining Exclusive Claims for the King James Bible, Kregel, 2001.
  • Doug Kutilek, « The Truth About the Waldensian Bible and the Old Latin Version », Baptist Bible Heritage, été 1991 ; « The Unlearned Men: The Genealogy of the King James Version Only Movement » (article en ligne).
  • Notice « Benjamin G. Wilkinson », Wikipédia anglaise (consultée le 2026-10-27), pour la conférence de 1919 et Wilkinson Hall.