Critère de la note : fiabilité comme base de traduction, c’est-à-dire accord avec la masse des manuscrits, soin de l’édition, absence de leçon introduite sans appui.
En bref
Bonaventure Elzevir et son neveu Abraham Elzevir, imprimeurs à Leyde, publient en 1624 un Nouveau Testament grec de petit format, puis une deuxième édition en 1633. Leur texte suit de très près celui de Théodore de Bèze (édition de 1565 principalement), avec quelques leçons d’Robert Estienne. La préface de 1633 contient la phrase latine qui a donné son nom au Textus Receptus : le lecteur a désormais « le texte reçu par tous », dans lequel on ne donne « rien de changé ni de corrompu ». Sur le continent européen, ce texte est resté la référence jusqu’au XIXe siècle, comme le Stephanus 1550 en Grande-Bretagne.
Histoire
Faits documentés.
- La maison Elzevir, fondée par Louis Elzevir à Leyde à la fin du XVIe siècle, est célèbre pour ses petits formats soignés et bon marché.
- 1624 : première édition du Nouveau Testament grec. 1633 : deuxième édition, avec la préface où figure l’expression textum ergo habes, nunc ab omnibus receptum.
- L’auteur de la préface n’est pas nommé ; on l’attribue souvent au philologue Daniel Heinsius, professeur à Leyde, mais l’attribution est discutée.
- L’expression était à l’origine une formule d’éditeur, en partie publicitaire ; elle est devenue le nom de toute la famille d’éditions issues d’Érasme.
- Les éditions de Johann Jakob Griesbach, Karl Lachmann et Constantin von Tischendorf se définissent d’abord par rapport à ce texte, qu’ils comparent aux manuscrits.
Fiabilité : arguments
Pour.
- Texte byzantin reçu, attesté par la masse des manuscrits et lu par l’Église grecque.
- Impression correcte et stable, très diffusée, qui a fixé un texte commun aux protestants du continent.
Réserves.
- Les Elzevir n’ont pas consulté de manuscrits : leur édition est une reprise d’éditions antérieures, non un travail critique.
- La préface affirme qu’on n’a « rien changé », alors que le texte diffère de Bèze et d’Estienne en quelques endroits ; elle présente comme définitif un texte qui ne l’était pas.
- Mêmes leçons discutées que l’ensemble du texte reçu (Comma, Ac 8:37, fin de l’Apocalypse).
Passages témoins
| Passage | Traitement |
|---|---|
| Mt 24:34 | « cette génération » |
| Ap 1:1 et 22:10 | en tachei ; « le temps est proche » |
| 1 Jn 5:7-8 | Comma présente |
| Mc 16:9-20 | présent |
| Jn 7:53-8:11 | présent |
| 1 Tm 3:16 | « Dieu a été manifesté » |
| Ap 22:19 | « livre de vie » |
| Ac 8:37 | présent |
Financement
- Documenté : entreprise commerciale de la maison Elzevir.
- Allégué : aucune allégation sérieuse.
- Non démontré : une intervention doctrinale sur le texte.
Pourquoi cette note
Harmonisation (2026-10-27). Les éditions imprimées du Nouveau Testament grec sont maintenant notées avec une même règle : les éditions du Textus Receptus (Érasme, Stephanus, Bèze, Elzevir, Scrivener) ont 3/5, parce qu’elles reposent sur un petit nombre de manuscrits tardifs et gardent quelques leçons sans aucun manuscrit grec connu (Ap 22:16-21 retraduit du latin par Érasme, conjecture de Bèze en Ap 16:5) ; les éditions modernes à apparat complet, critiques ou byzantine (Nestle-Aland, UBS, SBLGNT, Tyndale House, Robinson-Pierpont), ont 4/5. Cette règle porte sur la base manuscrite et la transparence, pas sur le choix entre les deux familles de textes : Pierre reste libre de la changer.
Quatre étoiles, comme les autres formes du texte reçu : un texte sûr dans sa substance, bien imprimé. Ses limites sont celles de toute la famille (leçons à faible appui grec), et l’édition n’apporte aucun travail sur les manuscrits.
Voir aussi
- Textus Receptus · Édition de Stephanus 1550 · Édition de Bèze 1598 · Texte de Scrivener 1894 · Texte majoritaire
- Érasme · Théodore de Bèze · Robert Estienne · Statenvertaling · Mouvement de critique textuelle
Sources
- Hê Kainê Diathêkê. Novum Testamentum, Leyde, ex officina Elzeviriana, 1633 (préface ; fac-similés numériques, Google Books et bibliothèques universitaires).
- Alphonse Willems, Les Elzevier : histoire et annales typographiques, Bruxelles, 1880.
- F. H. A. Scrivener, A Plain Introduction to the Criticism of the New Testament, 4e éd., 1894, t. 2.
- Bruce M. Metzger et Bart D. Ehrman, The Text of the New Testament, 4e éd., Oxford University Press, 2005, ch. 3.
- Caspar René Gregory, Prolegomena à Tischendorf, Novum Testamentum Graece, éd. 8, t. 3, Leipzig, 1884-1894.
- T. H. Darlow et H. F. Moule, Historical Catalogue of the Printed Editions of Holy Scripture, t. 2, 1903-1911.