Ressources · Les versets disputés

Matthieu 18:11 : sauver ce qui était perdu

« Le Fils de l'homme est venu sauver ce qui était perdu » avant la brebis égarée.

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

Le texte

Entre l’avertissement sur les « petits » (18:10) et la parabole de la brebis égarée (18:12-14), le Textus Receptus place :

Car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu. (Segond 1910)

Grec : êlthen gar ho huios tou anthrôpou sôsai to apolôlos, « car le Fils de l’homme est venu sauver le perdu ». Quelques témoins ont la forme plus longue « chercher et sauver », comme en Luc 19:10.

Le texte critique (Nestle-Aland) passe de 18:10 à 18:12.

Les témoins

  • Absent : Codex Sinaiticus, Codex Vaticanus, L (première main), Codex Koridethi (première main), familles 1 et 13, 33, 892 (première main) ; manuscrits vieux-latins e et ff1 ; palimpseste syriaque du Sinaï ; copte sahidique et une partie du bohaïrique ; Origène ; Eusèbe de Césarée.
  • Présent, forme courte : Codex Bezae, L (correcteur), Codex Washingtonianus, Θ (correcteur), 078, la grande majorité des manuscrits byzantins ; la plupart des manuscrits vieux-latins, la Vulgate ; Ancienne syriaque curetonienne, Peshitta ; une partie du bohaïrique.
  • Présent, forme « chercher et sauver » : G, L (correcteur), M, 157, 579, 892 (marge), de nombreux minuscules byzantins ; syriaque harkléenne (d’après Willker).
  • Version éthiopienne : à vérifier.

Le cas illustre la place de l’Ancienne syriaque : ses deux manuscrits se partagent (le palimpseste du Sinaï, découvert par Agnes Smith Lewis, sans le verset ; le manuscrit de Cureton avec).

D’où vient l’ajout, ou pourquoi le retrait

Explication du texte critique. Le verset reprendrait Luc 19:10 (« Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu »), à la fin du récit de Zachée. Il aurait été ajouté pour faire le lien entre 18:10 (les petits) et 18:12 (la brebis perdue). La forme « chercher et sauver », dans quelques témoins, montrerait une assimilation encore plus complète à Luc. Le comité UBS donne à l’omission le degré {A}. Selon Metzger, l’ajout visait apparemment à relier le v. 10 aux v. 12-14 ; Willker évoque aussi, sous forme de question, une origine liturgique (lectionnaire).

Explication du texte traditionnel. Le verset est dans la masse des manuscrits grecs, dans le latin et dans plusieurs formes du syriaque ; il est bien intégré au raisonnement de Jésus. Son absence pourrait venir d’un accident de copie ou d’une coupure liée aux lectures liturgiques ; cette explication est avancée sans preuve directe (à vérifier chez ses auteurs).

Dans les traductions

TraductionTraitement
King James 1611dans le texte
Bible de Martindans le texte
Bible d’Ostervalddans le texte
Bible Segond 1910dans le texte
Bible Darbydans le texte
Bible de Jérusalemabsent, en note (à vérifier)
Traduction œcuménique de la Bibleabsent, en note (à vérifier)
Segond 21dans le texte, entre crochets
Bible du Semeurabsent du texte (note à vérifier)
Nouvelle Bible Segondnuméro conservé, verset entre crochets
New International Versionabsent, en note
English Standard Versionabsent, en note
Bible éthiopienne (guèze)à vérifier

Ce qu’en disent les deux camps

Défenseurs du texte traditionnel. John William Burgon défendait ce verset parmi d’autres retranchés par la Revised Version ; Edward F. Hills et les éditeurs du Texte majoritaire le gardent. Ils soulignent l’unité de témoignage du grec byzantin, du latin et du syriaque, trois régions éloignées.

Partisans du texte critique. Bruce Metzger note que le verset est absent des plus anciens témoins de plusieurs régions (dont un témoin syriaque) et qu’il a une source évidente en Luc 19:10. Pour eux, la probabilité qu’un copiste supprime volontairement une parole aussi centrale est faible ; l’ajout par harmonisation est plus vraisemblable.

Enjeu

Aucun enjeu doctrinal : la même parole se lit en Luc 19:10, dans tous les manuscrits. La présence du verset change seulement la transition dans le discours de Matthieu 18.

Voir aussi

Textus Receptus · Texte majoritaire · Nestle-Aland · Codex Sinaiticus · Codex Vaticanus · Codex Bezae · Peshitta · Agnes Smith Lewis · Matthieu 17-21 - jeûne et prière · Luc 9-55-56 - vous ne savez de quel esprit · Versets disputés - vue d’ensemble

Sources

  • Bruce M. Metzger, A Textual Commentary on the Greek New Testament, 2e éd., 1994, sur Mt 18:11.
  • Nestle-Aland 28 et UBS5, apparats.
  • Wieland Willker, A Textual Commentary on the Greek Gospels, vol. 1, Matthew, 12e éd., Brême, 2015 (en ligne), sur ce verset.
  • John William Burgon, The Revision Revised, 1883.
  • F. C. Burkitt, Evangelion da-Mepharreshe, 1904 (Ancienne syriaque, Sinaï et Cureton).
  • Textes comparés : Segond 1910, Martin, Darby, King James, Ostervald, Segond 21, Semeur, NBS, ESV, consultés en 2026.